ACTE IV, SCENE I
n yivroit plus heureux, et je mourrois content.
CLÉON
Si VOUS me Fordonnez, j'y cours en diligence.
Sévère à mon défaut fera ta récompense.
Va, ne perds point de temps, et reviens promp'tement.
CLÉON
Je serai de retour, seigneur, dans un moment.
(Les gardes se retirent aux coins du théâtre.)
Source délicieuse, en misères féconde, Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptéfi^ Honteux attachemens de la chair et du monde, Que ne me quittez-vousrquand je vous ai quittés? Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre :
Toute votre félicité,
Sujette à Tinstabilité,
En moins de rien tombe par terre;
Et, conimô elle ftPéclatdu verre,
Elle en a la fragilité.
Ainsi n'espérez pas qu'après vous'jç ^upire.
Vous étalez en vain vos charmas unjpuissans; Vous me montrez en vain par tout ce vaste empira Les ennemis de Dieu pompeux et florissans.
H étale à son tour des revers équîfâbles
Par qui les grands sont confondus;
Et les glaives qu'il tient pendus
Sur les plus fortunés coupables
Sont d'autant plus inévitables
Que leurs coups sont moins attendus.
Tigre altéré de sang, Décie impitoyable, Ce Dieu t'a trop longtemps abandonné les siens: De ton heureux destin vois la suite effroyable; Le Scythe va venger la Perse et les chrétiens. Encore un peu plus outre, et ton heure est venue ;
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Rien ne t'en sauroit garantir; Et la foudre qui va partir, Tonte prête à crever la nue, Ne peut plus être retenue Par l'attente du repentir.
Que cependant Félix m'immole à ta colère; Qu*un rival plus puissant éblouisse ses yeux; Qu'aux 4épens de ma vie il s'en fasse beau-père. Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux: Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine.
Monde, pour moi tu n'as plus rien :
Je porte en un cœur tout chrétien
Une flamme toute divine ;
Et je ne regarde Pauline
Que comme un obstacle à mon bien.
Saintes douceurs du ciel, adorables idées.
Vous remplissez un cœur qui vous peut recevoir : De vos sacrés attraits les âmes possédées Ne conçoivent plus rien qui les puisse émouvoir. Vous promettez beaucoup et donnez davantage :
Vos biens ne sont point inconstans ;
Et l'heureux trépas que j'attends
Ne vous sert que d'un doux passage
Pour nous introduire au partage
Qui nous rend à jamais contons.
C'est vous, ô feu divin que rien ne peut éteindre,
Qui m'allez faire voir Pauline sans la craindre.
Je la vois : mais mon cœur, d'un saint zèle enflammé.
N'en goûte plus l'appas dont il étoit charmé;
Et mes yeux, éclairés des célestes lumières,
Ne trouvent plus aux siens leurs grâces coutumières.
^ SCÈNE m. — POLYEDCTE, PAULINE; gardes.
Madame, quel dessein vous fait me demander?
Est-ce pour me combattre, ou pour me seconder?