ACTE IV, SCÈNE m
Sa faveur me couronne entrant dans la carrière; Du premier coup ^e vent il me conduit au port. Et, sortaiit du baptême, il m'envoie à la mort. Si vous pouviez comprendre et le peu qu'est la vie» Et de qcfelles douceurs cette mort est suivie!.... Mais que sert de parler de ces trésors cachés  des esprits que Dieu n'a pas encor touchés?
Cruel ! (car il est temps que ma douleur éclate. Et qu'un juste reproche accable une âme ingrate) Est-ce là ce beau feu? sont-ce là tes sermens? Témoignes-tu pour moi les moindres sentimens? Je ne te parlois point de Tétat déplorable Où ta mort va laisser ta femme inconsolable ; . Je croyois que l'amour t'en parlerpit assez, Et je ne voulois.pas de sentimens forcés :
Mais cette amour si ferme et si bien méritée Que tu m'avois promise, et que je t'ai portée, Quand tu me veux quitter, quand tu me fais mourir, Te peut-elle arracher une larç^e, an soupir?
Tu me quittes, ingrat, et le fais avec joie; Tu ne la caches pas, tu veux que je la voie; Et ton cœur, insensible à ces tristes appas.
Se figure Un bonheur où je ne serai pas 1 C'est donc là le dégoût qu'apporte Thyménée?
Je te suis odieuse après m'étre donnée I
Hélas!
PAtJLINE.
Que cet hélas a de peine à sortir I Encor s'il commençoit un heureux repentir.
Que, tout forcé qu'il est, j'y trouverois de charmes! Mais courage, il s'émeut, je vois cotder des Idrmes.
J'en verse, et plût à Dieu qu'à force d'en verser
Ce cœur trop endurci se pût enfin percer !
Le déplorable état où je vous abandonne
Est bien digne des pleurs que mon amoar vous donne; .
Et si l'on peut au ciel sentir quelques douleurs, »
yj pleurerai pour vous Texcès de vos maliiturs : Mais si, dans ce séjour de gloire et de lumière,
' Ce Dieu tout juste et bon peut souffrir ma prière,
' S'il y daigne écouter un conjugal amour, Sur votre aveuglement il répandra le jour.
Seigneur, de vos bontés il faut que je robtlenno; Elle a trop de vertus pour n'être pas chrétienne : Avec trop de mérite il vous plut la former, Pour ne vous pas connoltre et ne vous pas aimer, Pour vivre des enfers esclave infortunée, Et sous leur triste joug mourir comme elle est nfa*
PAULINE
Que dis-tu, malheureux? qu'oses-tu souhaiter?
Ge que de tout mon sang je voudrois acheter.
PAXJLINE.
Que plat6t....
Cest en vain qu'on se met en défense ; Ce Dieu touche les cœurs lorsque moins on y pense. CSe bienheureux moment n'est pas encor venu; II viendra, mais le temps ne m'en est pas connu.
PAULINE
Quittez cette chimère, et m'aimez.
Je vous aime, Beaucoup moins que mon Dieu, mais bien plus que moi-mémo
AU nom de cet amour, ne m'abandonnez pas.
Au nom de cet amour, daignez suivre mes pas.
PAULINE
C'est peu de me quitter, tu veux donc me séduire?
C'est peu d'aller au ciel, je vous y veux conduira, ^
PAUUNB. y
Imaginations!
ACTB IV, SCÈNE IIU 49
POLYEUCTB.
Célestes vérités 1
PAULINE
Étrange aveuglement!
POLYBUCTE.
Éternelles clartés i
PAUUNE.
!l\t préfères la mort h Tamoar de Pauline 1
YoQS préférez le monde à la bonté divine! \
PAULINE
Ya, cmeli va mourir; tu ne m'aimas jamais. i
Vivez heureuse au monde, et me laissez en paix^.
PAUUNE.
Oui, je t*y vais laisser; ne t'en mots plus en peine;. Je vais*. .•