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ACTE IV, SCENE II

Toute votre félicité,

Sujette à Tinstabilité,

En moins de rien tombe par terre ;

Et comme elle a l'éclat du verre,

Elle en a la fragilité.

Ainsi n'espérez pas qu'après vous je soupire : Vous étalez en vain vos charmes impuissants ; Vous me montrez en vain par tout ce vaste empire Les ennemis de Dieu pompeux et florissants. 11 étale à son tour des revers équitables

Far qui les grands sont confondus;

Et les glaives qu'il tient pendus

Sur les plus fortunés coupables *

Sont d'autant plus inévitables,

Que leurs coups sont moins attendus.

Tigre altéré de sang, Décie impitoyable. Ce Dieu t'a trop longtemps abandonné les siens ; De ton heureux destin vois la suite effroyable : Le Scythe va venger la Perse et les chrétiens ; Encore un peu plus outre, et ton heure est venue ;

Rien ne t'en saurait garantir ;

Et la foudre qui va partir.

Toute prête à crever la nue,

Ne peut plus être retenue

Par l'attente du repentir.

Que cependant Félix m'immole à ta colère ; Qu'un rival plus puissant éblouisse ses yeux ; * Qu'aux dépens de ma vie il s'en fasse beau-père,

' Var. Dessus ces illustres coupables. (1643-1656.)

* Var. Qu'un rival plus puissant lui donne dans les yeux. (1643-1656.)

Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux ;

Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine.

Monde, pour moi tu n'as plus rien : V Je porte en un cœur tout chrétien 5 Une flamme toute divine ;

Et je ne regarde Pauline Que comme un obstacle à mon bien.

Saintes douceurs du ciel, adorables idées. Vous remplissez un cœur qui vous peut recevoir: lo De vos sacrés attraits les âmes possédées

Ne conçoivent plus rien qui les puisse émouvoir. Vous promettez beaucoup, et donnez davantage : Vos biens ne sont point inconstants ; Et l'heureux trépas que j'attends 15 Ne vous sert que d'un doux passage

Pour nous introduire au partage Qui nous rend à jamais contents.

C'est vous, ô feu divin que rien ne peut éteindre, Qui m'allez faire voir Pauline sans la craindre. 20 Je la vois ; mais mon cœur, d'un saint zèle enflammé. N'en goûte plus l'appas dont il était charmé ; Et mes yeux, éclairés des célestes lumières. Ne trouvent plus aux siens leurs grâces coutumières.

* Var. Vains appas, vous ne m'êtes rien. (1643-1656.)

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