‹ PolyeucteChapitre 53 sur 78 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

0 Mais à parler sans fard de tant d'apothéoses, L'effet est bien douteux de ces métamorphoses.

Les chrétiens n'ont qu'un Dieu, maître absolu de tout, De qui le seul vouloir fait tout ce -qu'il résout ; Mais si j'ose entre nous dire ce qui me semble, 5

Les nôtres bien souvent s'accordent mal ensemble ; Et me dût leur colère écraser à tes yeux, Nous en avons beaucoup pour être de vrais Dieux. Enfin chez les chrétiens les mœurs sont innocentes, Les vices détestés, les vertus florissantes ; 10

Ils font des vœux pour nous qui les persécutons ; Et depuis tant de temps que nous les tourmentons, Les a-t-on vus mutins ? les a-t-on vus rebelles ? Nos princes ont-ils eu des soldats plus fidèles ? Furieux dans la guerre, ils souffrent nos bourreaux, 15

Et lions au combat, ils meurent en agneaux. J'ai trop de pitié d'eux pour ne les pas défendre. Allons trouver Félix ; commençons par son gendre ; Et contentons ainsi, d'une seule action. Et Pauline, et ma gloire, et ma compassion. 20

Page 1