‹ Polyglot reader, and guide for translationChapitre 140 sur 164 · XCIX.— UNE DAME DU TEMPS JADIS · texte numérisé non relu

XCIX.— UNE DAME DU TEMPS JADIS

C'est une série de phrases apprises par routine ; une pas sion pour un uniforme écarlate ; au théâtre, elle rira ou pleurera sans pouvoir dire pourquoi ; elle ne saura pas retenir sa langue une minute, bien que son bavardage soit tout à fait vide de sens ; elle restera des heures entières assise auprès d'un fat et prendra pour de l'esprit toutes ses niaiseries ; son savoir va jusqu'à lire une chanson, mais elle en estropie tous les mots ; elle a en réserve des réparties dont elle s'est déjà servie mille fois ; elle peut en toute occasion vous fournir un assortiment de compliments tout faits ; elle a une telle horreur pour la robe d'un curé que cette vue seule suffirait pour la faire tomber en syncope ; merveilleusement douée pour la conversation, elle appelle la rudesse de l'esprit, et, prenant les grossièretés pour de la raillerie, elle vous dira tout haut vos plus gros défauts, et ne se fera nullement scrupule de signaler votre jambe tordue ou votre nez de travers ; elle peut à son déjeuner vous redire toutes les médisances de la veille, et gagne chaque jour en habilité à tricher et à chicaner au jeu.

Fine connaisseuse pour choisir la dentelle, elle vous dira à un Hard près le prix le plus bas ; elle peut dans une réunion de femmes discuter quelle est la doublure qui convient le mieux à la soie, quelle couleur s'assortit le mieux aux différents teints, et où il faut avec art placer une mouche.

Si par hasard une souris se montre à ses yeux, elle sait parfaitement jouer la frayeur ; et si l'animal s'approche d'elle, elle pousse des cris si doux que tous les cœurs sont ravis de l'entendre. Elle peut adroitement faire enrager son époux, en ayant des attaques de nerfs toutes les fois que cela lui plaît; une fréquente pratique lui a appris le moyen d'être mal'ide à propos ; elle croit que rien ne saurait donner un air plus séduisant, puisque cela fait naître tout à la fois l'amour et la pitié. S'il arrive à Molly de commettre quelque négligence, d'oublier seulement de chauffer sa coiffure de dentelles, elle attrape un rhume aussi sûr que la mort ; elle prétend qu'elle peut à peine respirer, et s'étonne comment une femme modeste peut être aussi robuste qu'un homme.

En politique, elle se lance avec fureur dans un parti : whig mordante ou tory amère, ses arguments vont directement contre le côté qu'elle voudrait défendre ; elle démontre qu'elle est pleinement tor}- par les principes que soutiennent les

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