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CVIL— REQUETE D'ANDRÉ À WASHINGTON

Ce n'est point la crainte de la mort qui courbe mon front ; je ne te demande point ici de prolonger ma vie d'une seule minute ; je puis mourir sans que ma lèvre frémisse, ni que mon cœur s'émeuve ; que cette prière seulement soit entendue avant que je quitte ce monde.

Je puis renoncer au regard de ma mère, au baiser de ma sœur ; je puis songer à l'amour, et subir cependant une mort comme celle-ci ! Je puis renoncer à la renommée que je brûlais de conquérir ; je puis tout abandonner, hors le nom sans tache dont je me fais gloire.

Tu as le pouvoir de me donner ou de me refuser la joie pour l'heure que j'ai à vivre, le calme pour mourir. Par tout ce que les braves ont de sacré, par mon dernier soupir, je demande à mourir de la mort d'un soldat.

N. P. Willis.

296 MARCO BOZZARIS.

CVIIL— MARCO BOZZARIS.

(Marco Bozzaris, l'Epaminondas de la Grèce moderne, tomba dans ihm attaque de nuit cootre le camp des Turcs à Laspi, emplacement de l'ancienne Platée, le 20 Août, 1823, et expira au moment de la victoire. Ses dernières paroles furent : " Mourir pour la liberté est un plaisir et non une peine")

A minuit, dans sa tente bien gardée, le Turo rêvait à l'heure où la Grèce, agenouillée comme une suppliante, tremblerait en son pouvoir. En songe il portait à travers le camp et la cour les trophées du vainqueur ; en songe il entendait le chant du triomphe ; puis il portait la bague où se trouvait le cachet de son prince ; il occupait le trône du monarque ; il était roi ! Ses pensées étaient aussi audacieuses et aussi radieuses que l'oiseau de Paradis.

Une heure se passa ; le Turc s'éveilla ; ce rêve brillant était pour lui le dernier ; il s'éveilla pour entendre ses sentinelles crier : " Aux armes ! Ils viennent ! Les Grecs ! les Grecs ! " Il s'éveilla pour mourir au milieu de la flamme et de la fumée, des cris, des gémissements, des coups de sabre et des boulets tombant drus et pressés comme des éclairs des nuages de la montagne ; et il entendit, d'une voix aussi forte que la trompette, Bozzaris encourager ses soldats : " Frappez jusqu'à ce que le dernier ennemi armé expire ; frappez pour vos autels et vos foyers ; frappez pour les verts tombeaux de vos ancêtres ! Dieu et votre patrie ! "

Ils combattirent, comme des braves, longtemps et bien ; ils entassèrent sur le sol les cadavres des Musulmans ; ils vain« quireñt ; mais Bozzaris tomba, saignant de toutes ses veines. Les camarades qui lui survivaient virent son sourire, lorsque retentit leur cri de victoire et qu'ils furent maîtres du champ du carnage ; puis ils virent ses paupières se fermer dans la mort, paisiblement et comme pour le repos de la nuit, comme les fleurs se ferment au coucher du soleil.

Viens dans la chambre nuptiale, ô mort ! Viens dans celle de la jeune mère, lorsqu'elle sent pour la première fois le souffle de son premier né ! Viens lorsque sont brisés les sceaux bénis qui retiennent la peste et que les cités populeuses gémissent sous les coups du fléau ; viens sous la forme funèbre de la consomption, avec la tremblement do terre, avec la tempête de l'océan ; viens quand le cœur bat vif et chaud, au milieu des chansons du festin, de la danse et du vin ; — alors tu es terrible, 6 mort ! Les larmes, les gémissements, le glas funèbre, le drap

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