XXII.— UNE HEUREUSE COMPARAISON
Hume se plaignait un jour à quelques amis de ce qu'il se considérait comme maltraité par le monde, par sa censure injuste et déraisonnable, ajoutant qu'il avait écrit de nombreux volumes, dans tout le contenu desquels il n'y avait qu'un petit nombre de pages que l'on pût accuser de contenir quelque chose de reprehensible; cependant, pour ces quelques pages, il se voyait injurié et déchiré. L'auditoire demeura un moment silencieux ; mais enfin une personne fit observer sèchement que cela lui rappelait une de ses vieilles connaissances, un notaire public, qui, condamné à être pendu pour faux, se la* mentait sur l'injustice et la dureté extrêmes de son destin, attendu qu'il avait écrit bien des milliers de feuilles inoffenßives, et que maintenant il allait être pendu pour une seulo ligne.
XXIII.— PROBITÉ. Passant une nuit le long des remparts, le maréchal Turenne fut attaqué par une bande de voleurs, qui lui enlevèrent tout, à l'exception d'un diamant de valeur, qu'ils lui permirent