XXVII.— UNE LEÇON
Un ami^du Doyen Swift lui envoya un jour un turbot en présetít/par un domestique qui avait souvent fait des commissions semblables, mais qui n'avait jamais reçu la moindre * t »arque de générosité du Doyen. Après avoir obtenu accès dans la maison, il ouvrit la porte du cabinet et posant brusquement le poisson, cria d'une voix bourrue : " Mon maître vous envoie un turbot." " Jeune homme," dit le Doyen, en se levant de son grand fauteuil, " est-ce là la façon dont vous vous acquittez de votre message ? Laissez-moi vous enseigner de meilleures manières ; asseyez-vous dans mon fauteuil ; nous changerons de rôles et je vous montrerai à vous conduire à l'avenir." Le garçon s'assit, et le Doyen, allant à la porte, s'avança jusqu'à la table d'un pas respectueux et faisant un profond salut, dit : " Monsieur, mon maître vous présente ses compliments affectueux, espère que vous vous portez bien et vous prie d'accepter un petit présent." " Vraiment ? " dit le garçon ; " reportez lui mes remercîments sincères, et voici une demi-couronne pour vous." Le Doyen, ainsi poussé à un acte de générosité, rit de tout son cœur et donna au garçon une couronne, pour son esprit.