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LV.— INTRODUCTION DES SOIRÉES EN RUSSIE

Lorsque Catherine première devint impératrice de Russie, les femmes étaient en état absolu de servage : mais elle entreprit d'introduire des réunions mixtes, comme il en existait dans d'autres parties de l'Europe ; elle modifia l'habillement des femmes, en lui substituant les mode3 de l'Angleterre ; au lieu de fourrures, elle fit adopter l'usage du taffetas et du damas, et celui des cornettes et des commodes, au lieu des coiffures de martre. Les femmes ne furent plus enfermées dans des appartements séparés, mais virent compagnie, se visitèrent l'une l'autre et assistèrent à tous les divertissements.

Mais comme les lois décrétées à cet effet s'adressaient à un peuple sauvage, il est assez amusant de voir en quels termes étaient conçues les ordonnances. Les soirées étaient complètement inconnues ; la czarine se contenta de les introduire, car elle trouva impossible de les rendre polies. Il fut en conséquence publié une ordonnance, en rapport avec leurs notions d'éducation, que nous donnerons à nos lecteurs, comme une curiosité.

I. La personne dans la maison de laquelle la soirée doit avoir lieu, devra le faire savoir, en suspendant un écriteau, ou en donnant quelqu'autre avis public, en manière d'annonce aux personnes des deux sexes.

II. La soirée ne pourra commencer avant quatre ou cinq heures de l'après-midi, ni se prolonger plus tard que dix heures du soir.

III. Le maître de la maison ne sera pas obligé d'aller à la rencontre de ses hôtes, ni de les reconduire, ni de leur tenir compagnie ; mais bien qu'il soit exempt de tout cela, il doit leur fournir des chaises, des chandelles, des liqueurs, et autres choses nécessaires que la compagnie pourra demander ; il doit également leur fournir des cartes, des dés, et tout ce qui est nécessaire pour jouer.

IV. Il n'y aura pas d'heure fixée pour l'arrivée ou le départ; il suffit qu'une personne paraisse dans la réunion.

V. Chacun sera libre de s'asseoir, de se promener ou de jouer, à son plaisir ; et personne n'ira l'obséder, ou critiquer ce qu'il fait, sous peine de vider le grand aigle (bol contenant une pinte d'eau-de-vie) ; il suffira également, à l'entrée et à la sortie de saluer la compagnie.

VI. Les personnes de distinction, les nobles, les officiers supérieurs, les marchands et les trafiquants de to&xo^&O^^

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