‹ Polyphème, deux actes en versChapitre 3 sur 4 · II · texte numérisé non relu

II

POLYPHÈME 33

De Taurore à la nuit, d une ardeur sans égale^ Elle chante. . . En cueillant des fruits dans le jardin, Je l'ai vue — et mon cœur s'en est ému soudain — Prise au mortel réseau d'une araig^née affreuse : Vite, je la sauvai. Depuis, elle est heureuse. Et Polyphème a fait pour elle tout exprès Une petite cage avec des joncs dorés.

Viens la voir.

AGIS

Non, partons avant que la nuit vienne..* Plus tard... J'entends là-bas les abois de ma chienne.

' Ils se dirigent vers le fond. Entre Lycas.

LYGAS, s'attachant à eux.

i^ous vous en allez ?

I GALATÉE, impatiente.

Oui.

LYCAS Loin?

GALATÉE

Non, mais laisse-nous*

LYGAS

amais vous ne voulez m'emmener avec vous, ^ourquoi ?

POLYPHÈME

GALATÉE, brusquement.

Dieux! Qu'il m'ennuie avec son bavardag*el

Plus doucement.

Reste : nous reviendrons tout à l'heure; sois sage... Demain, je te dirai sans faute, tout du long*, L'histoire du petit Mercure et d'Apollon.

Elle sort avec Acis en courant LYCAS, seul.

Toujours me laisser seul... Ah! comme Galatée Est changée, à présent. Elle est dure, emportée... Autrefois nous étions ensemble tout le jour ; Nous jouions, nous chantions chacun à notre tour; Nous allions à la mer chercher des coquillages ; Nous portions de la cire et du miel aux villages ; Comme je préparais les joncs qu'elle tressait, Souvent elle tournait la tête et m'embrassait ; Je lui tendais mes bras pour dévider sa laine. . . Et maintenant plus rien... Toujours Acis l'entraîne... Sans doute, ils vont rester là-bas jusqu'à la nuit. On dirait qu'elle n'aime à présent plus que lui.

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