CERISIER
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Re © N 2 \ F er 3 ENRE de la famille des Rosacées, réunie au genre Prunier par plu-
3% à sieurs .botanistes, parce que, en effet, les organes de la fructification V4 ; COL 1 V6 n'offrent pas de différences assez tranchantes pour les séparer; de
sorte que les caractères génériques que jai donnés au genre Pru-
elle a donné à chacun une physionomie et des qualités si différentes, quil nest pas
possible de les confondre.
HISTOIRE, USAGE ET CULTURE
Le nom.de Cerisier, Cerasus, vient de Cérasonte, ville de l'Hellespont, d’où Lucullus
apporta cet arbre en Italie, l'an de Rome 680. C’est à-peu-près tout ce que l’on
sait de l'antiquité de ce genre d'arbre, et de [à nous tirons la conséquence que les Romains ne connaissaient pas la Cerise avant cette époque; de là aussi plusieurs autéurs ont avancé, mais sans preuve, que nous devons le Cerisier aux Romains. Je suis loin de nier que nous devons quelques bons fruits aux Romains, mais je doute beaucoup que nous leur devions le Cerisier. Quand je vois des Merisiers, des Cerisiers se perpétuer dans nos bois, dans nos campagnes, y produire des variétés plus ou moins estimées sans le secours de la culture, j'aime mieux croire que la Gaule avait des. Cerisiers avant la conquête de Lucullus. |
Quoi qu'il en soit, le genre Cerisier se divise en plusieurs groupes, qui ont reçu chacun un nom particulier; tels que Merisiers, Guigniers, Bigarreautiers et Cerisiers proprement dits. Les Merisiers croissent naturellement dans les forêts, et forment des arbres qui s'élèvent à la hauteur des chênes et des hêtres, soutiennent leurs branches horizontalement , et produisent de petits fruits rouges, noirs, ambrés, qui, avec leur suc plus ou moins doux, conservent toujours un peu d'amertume. Les Guigniers et les Bigarreautiers forment des arbres moins élevés mais plus gros que les Merisiers, et ne se trouvent que dans les endroits découverts ou cultivés; on les reconnaît en ce qu'ils laissent pendre leurs branches. La Guigne a la chair molle et fondante, tandis
que le Bigarreau l'a ferme et croquante. Il serait utile de diviser aussi les Cerisiers
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proprement dits en plusieurs groupes, car on y trouve des fruits doux, des fruits acides, des sucs colorés et colorans et des sucs sans couleurs; certaines espèces élèvent leurs rameaux presque verticalement, tandis que d’autres les laissent pendre, etc.; mais {ous ces caractères se trouvant mélangés, croisés, il serait difficile d'établir des divisions sans beaucoup d'exceptions.
Tous les Cerisiers ont le suc gommeux, et lorsqu'il s'extravase et arrive à l'air libre, il coule en'larmes et se durcit. Ils ont aussi une double écorce: l'extérieure est mince, dirigée en travers, et ses fibres sont d'une force extraordinaire; l'intérieure est plus épaisse, spongieuse, et a ses fibres dirigées verticalement. Les feuilles sont simples, pétiolées et supulées. Les fleurs naissent en ombelle sur les espèces domestiques, et sont d’un blanc rosé. Quant aux fruits, ils sont ou arrondis ou un peu en cœur, de grosseur variable, selon les espèces et plus ou moins succulens.
Les Cerises, dit Labretonnerie, sont saines étant mangées crues le matin à jeûn: elles sont rafraichissantes et capables de calmer le trop grand mouvement du sang; mais elles se corrompent aisément dans l'estomac, et peuvent causer des vents et des coliques. Les Cerises se mangent fraîchement cueillies, ou séchées comme des Pruneaux; elles s'accommodent aussi en compotes, en confitures , à l’eau-de-vie; on en fait une eau très rafraîchissante avec du sucre ou du sirop; on en fait du rataña, des glaces; en Espagne et en Provence on en fait même un vin fort agréable.
Les bonnes espèces de Cerises se greffent en fente et en écusson sur des Merisiers à fruit rouge lorsqu'on veut avoir des arbres élevés; mais quand on veut avoir des arbres de peu d'élévation, on les greffe sur des sujets de Cerisier à fruit rond, ou même. sur Sainte-Lucie. On plante quelques espèces hâtives en espalier pour avoir des fruits mûrs en mai; mais, en général, tous les Cerisiers aiment le plein vent et craignent la serpette du jardinier. Ils ne sont pas difficiles sur le terrain; cependant ils viennent mieux, et leur fruit est infiniment meilleur, dans les terres douces, légères
à l'exposition du midi.