‹ Pomologie française (volume 2)Chapitre 89 sur 106 · À PETITE FLEUR · texte numérisé non relu

À PETITE FLEUR

Fragaria Virginiana parviflora. Poit. et Turp.

UHAMEL ne parle pas avec son exactitude ordinaire de la fleur du fraimn sier de Virginie, et la figure du fruit qu'il nous a laissée ne me paraît

pas fidèle. IL paraît certain que cet auteur n’a eu que des notions vagues

sur l'existence de l'espèce à grande fleur , tandis que Le Berriays et Duchesne paraissent n'en avoir pas connu d'autre.

Quant à celle-ci, c'est la Fragaria canadensis de la Flor. bor. Amer. Je m'en suis assuré dans l’herbier de Michaux. Elle était jusqu'en 1809 la seule connue et cultivée au Jardin-des-Plantes, quoique dès-lors celle à grandes fleurs fût cultivée dans beaucoup de jardins aux environs de Paris.

Ce fraisier forme de grosses touffes, et ne jette pas beaucoup de filets. Ses feuilles sont grandes, minces, d’un vert bleuâtre.

Les premières fleurs paraissent sortir de terre, tant la hampe qui les porte est courte; bientôt après on voit paraître successivement quatre ou cinq autres hampes, les unes très menues, les autres de la grosseur des pétioles ; les plus longues atteignent rarement 12 centimètres de hauteur; toutes se divisent et forment chacune une espèce d’ombelle composée d’une douzaine de petites fleurs à pétales étroits; les ovaires sont nombreux et bien constitués; mais les étamines sont très petites, et paraissent ne pas contenir de pollen. |

Une hampe ne noue guère que de cinq à huit fruits qui sont très rapprochés, inclinés, ordinairement arrondis, quelquefois ovoïdes, et même un peu allongés, et comme étranglés vers le point d'union avec le calice, comme le représente la figure a. Leur grosseur varie entre 14 et 24 millimètres (6 à 10 lignes); leur couleur est toujours d'un rouge écarlate très vif dans l'ombre, un peu rembrunie au soleil ou par l'extrême maturité.

Les graines sont logées dans des alvéoles si profondes, qu'il en résulte un caractère facile pour distinguer cette espèce.

La chair est blanche, ferme, quelquefois même un peu sèche; son parfum est parti-

culier, assez difficile à définir; il paraît très agréable à beaucoup de personnes, tandis

| que d'autres n° en font pas € de cas. Quant à moi, jai trouvé cette fraise excdlente ou in— signifiante Mon la localité et l'état de De A ARE à

Cette fraise est la plus précoce de toutes : elle commence à müûrir dès ; de de mai,

cet dure j jusqu'à la fin de juin. C'est une espèce qui, vu sa précocité, semblerait propre

à être forcée. Je remarque encore que cette espèce noue très bien ses fruits sans le se-

cours de fécondation étrangère, et pourtant ses étamines me bon absolument stériles.

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