‹ Pomologie françaiseChapitre 101 sur 122 · PRUNIER A FLEUR SEMI-DOUBLE · texte numérisé non relu

PRUNIER A FLEUR SEMI-DOUBLE

Prunus duplex. Poit. et Turp.

L paraît qu'on ne connaît plus aujourd’hui le Prunier à fleur semi- = double des anciens auteurs, car ils s'accordent tous à le considérer

comme une variété de la reine-claude, tandis que celui que je vais dé-

’ crire ne peut être considéré comme tel. Il paraît aussi qu'il existait déjà deux Pruniers à fleur semi-double du temps de Duhamel, car cet auteur après avoir décrit celai que je ne connais pas, et qu'il regarde aussi comme une variété de la reineclaude, en décrit encore un autre qu'il cultivait à Denaïnvilliers, et qui paraît être, quant au fruit, le même que je connaissais cultivé sous le nom de Prunier à fleur semi-double dans la pépinière du Luxembourg et dans l'Ecole du jardin des plantes. C’est de celui-ci dont je vais m'occuper.

On en a planté quelques pieds comme arbre d'ornement dans les carrés du jardin des plantes ; on les a ensuite arrachés pour faire place à d’autres projets quand ils avaient 20 ou 25 ans d'âge, et paraissaient alors avoir acquis toute leur croissance et avoir atteint le port qui leur est naturel. Dans cet état leur tête était très divisée, elle avait beaucoup de largeur et formait un hémisphère aplati.

Cet arbre a les bourgeons glabres, lavés de rouge clair du côté du soleil; les yeux sont très gros et les supports très saillans sur les branches à fruit; les uns sont petits et les autres aplatis sur les gourmands.

Les feuilles sont fort grandes, figurées en spatule, obtuses ou arrondies au sommet, d'un vert sombre et non luisant en dessus, assez velues en dessous, bordées de petites dents nombreuses et arrondies; leur pétiole est gros, court, vert, qnelquefois muni d’une ou deux glandes globuleuses et jaunâtres. Ainsi les feuilles de la reine-claude et de ses variétés, étant elliptiques, très luisantes en dessus et bordées de grandes denis, diffèrent entièrement de celles-ci.

Les fleurs ont le pédoncule gros, glabre et très court; elles sont larges de 1 pouce (27 millimètres), doubles ou triples, d’un blanc verdâtre. Les cinq pétales extérieurs sont réguliers, ovales et n'offrent rien de particulier; les intérieurs, au nombre de douze à quinze, sont plissés, chiffonnés, échancrés, irréguliers, et d'autant plus petits qu'ils sont plus centraux. Les étamines sont courtes, couchées en rayonnant sur les pétales, autant

et souvent plus nombreuses que dans les fleurs simples, ce qui ne s'accorde guère avec Îles

idées que l’on se fait des fleurs doubles; les anthères sont en cœur , assez mal conformées, et elles ne contiennent que peu de pollen. Le centre de la fleur est verdâtre et il en sort un ou deux pistils.

Le fruit est gros, figuré presque en cœur, haut de 18 à 21 lignes (41 à 47 millimètres); sur quelque chose de moins en diamètre, toujours un peu oblique au sommet et aplati du côté du sillon. La queue, très grosse et très courte, est ordinairement cachée par les débris desséchés de la fleur.

La peau est épaisse, acerbe, adhérente à la chair, d’un vert pâle d’abord qui passe ensuite au jaune, et recouverte d’une fleur blanche; lorsqu'on essuie cette fleur et qu'ensuite on regarde la peau avec une loupe, on remarque qu’elle est garnie d’une grande quantité de très petits points dorés.

La chair est jaune et fondante.

Son eau est sucrée, abondante, mais pas assez relevée.

Le noyau adhère à la chair de toutes parts.

Cette Prune mürit du commencement à la fin d'août. Elle est assez médiocre, et je ne pense pas comme Duhamel, que si l'arbre était plus fertile il mériterait d'être cultivé

pour son fruit.

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PRUNE ABRICOTÉE ROUGE.

Prunus decora. boit. et Turp.

RBRE de moyenne taille, sujet à se déformer par l'emportement de

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Ko) quelque gourmand; aussi est-il presque toujours mal fait.

FR # Ses bourgeons sontglabres, d'un vert jaune dans l'ombre, bronzés et

— tiquetés du côté du soleil.

Les feuilles sont la plupart elliptiques, obtuses ou terminées par une petite pointe, d'un beau vert tendre, planes, longues de 54 à 108 millim. (2 à 4 po.) et bordées de dents.arrondies; leur pétiole, pubescent, rouge et canaliculé, est muni de quelques petites glandes jaunes.

Les fleurs sont grandes, rondes, bien ouvertes, d'un beau blanc de lait, souvent géminées.

Le fruit est superbe, ovale, marqué d'un sillon assez large, mais peu profond, légerement aplati au sommet et du côté de la queue, haut de 40 à 45 millim. (18 à 20 lig.), sur à-peu-près autant de diamètre, et cependant sa forme est ovale; il a la queue longue de 27 millim. (1 po.) au moins, menue, d'un vert jaune : cette longueur de queue contribue à faire reconnaître l'espèce.

La peau est d’un rouge clair dans l'ombre, violette du côté du soleil, et couverte d'une fleur azurée abondante, qui ne laisse voir le rouge que du côté le moins mûr.

La chair est jaune, un peu grossière; elle se fend et quitte parfaitement le noyau.

Son eau est sucrée, peu abondante.

Le noyau est ovale, obtus, assez graveleux.

Cette prune est bien belle, mais d'une médiocre qualité. Sa maturité arrive à la fin

d'août et dans les premiers jours de septembre.

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