SCENE SIXIEME
POMONE, FLORE, VERTUMNE en Dcrci.
BEKOE cachée.
POMONE à Flore.
Hé bien que di.s-tu, ma sœur.
De notre charmante vie ?
FLORE
Je dis que sa douceur
Me donne pou d'envie :
Sans le plaisir d'amour, tous les auti'es plaisirs Lassent facilement nos cœurs et nos désirs.
POMONE Tu me conseilles donc désormais de le suivre ?
FLORE Qui commence d'aimer, commence aussi de vivre.
POMONE à VERTUMNE en Béroé.
Nourrice qu'en dis-tu'?
VERTUMNE en Béroé.
Croiras-tu mes avis?
POMONE Je les ai jusqu'ici fidcleme:":t suivis.
VERTUMNE en Béroé.
Je détpstais l'amour et traitais ses délices
De crime et de supplices :
JMais depuis que j'ai vu Vertumne ton aman' ,
J'ai bien changé de sentiment.
Qu'il a d'amour I qu'il a de charmes !
Il me dit l'autre jour les peines qu'il ressent.
D'un air si doux, si languissant,
Qu'il m'attendrit et me tira des larmes.
Je le dis franchement.
Si j'étais jeune et belle.
Mon cœur à cet amant
Ne serait point rebelle.
BÉROÉ cachée.
Le rusé, l'imposteur I
Il serait à mes yeux
Le plus parfait des dieux,
Qu'à son amour je serais insensible;
Non, mon cœur est invincible.
BEROÉ cachée.
Allons le démentir.
VERTUMNE en Beroé.
Souvent le plus confiant S'ébranle en un instant.
BEROÉ courant à lui.
Je te tiens, fourbe, lâche I
VERTUMNE reprend soudaineme'nt sa figure naturelle.