LE MARQUIS
Belles railleries.
ALIIDOX.
Il est fait tout de mesme : il vient le nez au vent, Les pieds en parenthèse, et l'épaule en avant, Sa perruque qui suit le costé qu"il avanee, Plus pleine de laurier qu'un jambon de Mayence, Les mains sur les costés d'un air peu négligé, La teste sur le dos comme un mulet chai - . Les yeux fort égarez, puis débitant ses roîles, L'un hoquet éternel, sépare ses paroiles, Et lors que Ton luy dit : Et commandez icy.
il répond :
Connoissez-vous César de luy parler ainsy ? Que m'oflfriroit de pis la fortune ennemye A moy qui tiens le Sceptre égal à l'infamie2 .
A mesure que grandissait la renommée de Racine, l'oubli se faisait autour du nom de Corneille; quelques rares partisans, comme Mine de Sévigné, Saint-Evremond, lui restaient seuls fidèles. En vain Mme de Sévigné écrivait-elle : « Je suis folle de Corneille; on reverra dans Pulchérie
la main qui crayonna La mort du Grand Pompée et l'àme de Cinna3.
Il faut que tout cède à son génie. »
Pulchérie échoua, aussi bien que Tite et Bérénice et Suréna. Après ce dernier échec, en 167 4, Corneille découragé renonça au théâtre. A la cruelle douleur de se survivre à soi-même étaient venues s'ajouter les tristesses de plusieurs deuils successifs; il avait perdu un de ses fils à Page de 14 ans; un autre était tué au siège de Graves.
Un caprice du roi vint apporter un peu de joie à la vieillesse morose et délaissée du pauvre grand homme; en octobre 167G, il fit successivement représenter devant lui à Versailles les principales
1. Montfieury( 1640-1 685) est l'auteur de La femme juge et partie, dont quelques scènes sont supérieurement traitées.
2. Aucune représentation de Pompée ne figure au Registre de La Grande pour l'année 1663.
3. Vers de l'Epître dèdicatoire de l'Œ d.ipe ^adressée à Fouquet.