‹ PompéeChapitre 139 sur 203 · Yar. Jugez César vous- nesme à ce couruux si lent · texte numérisé non relu

Yar. Jugez César vous- nesme à ce couruux si lent

4. Un proverbe espagnol dit: « La vengeance est un mets qui se mange froid. »

5. Espérer avec de ou avec l'infinitif sans préposition se rencontn nt également chez les écrivains classiques.

6. Se fâcher, ■ ue Voltaire critique plusieurs fois comme trop fan Hier, était admi- dans le style soutenu. Corneille se sert deux fois de ce verbe dans Horace :

Rien dont la fermeté de ces grands cœurs se fasche.

(II, 6.) . . . Et le ciel qui se fa» ne.

Me vend déjà trop cher ce moment de relasche.

7. Après s'estre asseuré.* S'assure, selon Voltaire, ne signifie rien quand il est sans régime a P s<-al dit cependant absolument T « Voyant trop pour nier et trop pour m'assitrer. » Cf. Descartes [Disc, de la Méth.) : « Je n'y trouvois guère de quoi m'assurer. »

Et veut tirer à soy, par un couroux aecort«, L'honneur de sa vengeance et le fruit de sa mort.

PTOLO^fÉE.

Ah! si je t'avois crû, je n'aurois pas de maistre,

Je serois dans le trosne2 où le Ciel m*a fait naistre; 1090

Mais c'est une imprudence assez commune aux Rois.

D'écouter trop d'avis et se tromper au choix3.

Le Destin les aveugle au bord du précipice,

Ou, si quelque lumière en leur ame se glisse.

Cette fausse clarté dont il les éblouit 1095

Les plonge dans un gouffre, et puis s'évanouit.

J'ay mal connu César, mais, puisqu'en son estime4 Un si rare service est un énorme crime, 11 porte dans son flanc dequoy nous en laver : C'est là qu'est nostre grâce5, il nous l'y faut trouver. 1100 Je ne vous parle plus de souffrir sans murmure, D'attendre son départ pour venger cetle injure ; Je sçay mieux conformer les remèdes au mal. Justifions sur luy la mort de son rival, Et, nostre main alors également trempée 1105

Et du sang de César et du sang de Pompée, Rome, sans leur donner de titres differens, Se croira par vous seul libre de deux Tyrans.

i. Accort, habile, avisé. C'est le sens de l'adiectif accorto, que nous avons emprunté à l'italien. Voir l'article du Lexique (I, 27), où M. Marty- Laveaux établit rigoureusement cette étymologie. Corneille dit dans le même sens : Cette accorte feinte (Veuve I. 2). Son éloquence accorte (Oth. II. 1): S' n dédain accort [Trad. de Virait.). — Voltaire a donc tort de dire : « Accort signifie conciliant ; il vient Raccorder ; il ne signifie pas feint .

2. Corneille dit presque toujours dans le trosne, et non sur le trosne. pa^ce que ce mot désigne non seulement le siège réservé aux souverains, mais le dais soutenu par des colonnes et fermé de draperies, où ce siège se trouvait placé. ,

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