CESAR. CLEOPATRE, ANTOINE, LEPIBE, ACHORÉE. CHARMION
CESAR
Son courage m'éi mne autant que leur audace. 1425
Reine, voyez pour qui vous me demandiez grâce.
C I. K OPATRE
Je n'ay rien à vous dire, allez, S :igneur, allez
Venger sur ces méchans tant de droits violez.
On m'en veut plus qu'à vous : c'est ma mort qu'ils respirent '.
C'est contre mon pouvoir que les traislres conspirent. 1430
Leur rage, pour l'abatre, attaque mon soutien,
Et par vostre trépas cherche un passage3 au mien.
Mais parmy ces transport- d'une juste colère
Je ne puis oublier que leur Chef est mon frère.
Le sçaurez-vous. Seigneur, et pourray-je obtenir 1435
Que ce cœur irrite daigne s'en souvenir?
CESAR
Ouy, je me souviendray que ce cœur magnanime Au bonheur de son sang veut pardonner son crime". Adieu, ne craignez rien, Achillas et Photin >"<■ sont pas gens a craindre un si puissant Destin4. 1440 Pour h'< mettre en déroute, eux et tous leurs complices, •le n'ay qu'a déployer l'appareil des supplices, Et pour soldats choisis envoyer des bourreaux Oui portent hautement mes Haches pour Drapeaux :;. (César rentre avec les Romah
1. Respirer, souhaiter avec passion : «Ce mot désigne figurément le désir, 1" ardeur, la passion dont le cœur est si plein qu'il semble l'exhaler, ou par une respiration forte, ou par des soupirs répétés. » (Littréo
-. Passage, au figuré, transition, moyen d'arriver :
Et l'heureux trépas que j'attends Ne vous sert que d'un d us passage
nous introduire au partage Qui nous rend à jamais contents.
[Polyeucte, IV. 2.)
3. Vers à peine intelligibles. Il faut comprendre que Ptolomèe devra son pardon a cette chance heureuse que Cléopàtre est de son sang, est sa sœur. (Voir le vers 9?4 et la note.