ACTE Y, SCÈNE IV
Ne me la retien plus, c'est L'unique faveur
Dont je te puis encor prier i avec honneur. 1680
CESAB
ïl est juste, et César est tout prest de2 vous rendre
Ce reste où vous avez tant de droit de prétendre;
Mais il est juste aussi qu'après tant de sanglots
A ses Mânes errans nous rendions le repos,
Qu'unbucher allumé par ma main et la vnstre 1685
Le venge pleinement de la honte de l'autre3,
Que son Ombre s'appaise en voyant nostre ennu] ',
Et qu'une Urne plus digne et de vous et de luy,
Après la flamc éteinte et les pompes finies,
Renferme avec éclat ses cendres réunies. 1690
De cette mesme main dont il fut combatu
11 verra des Autels dressez à sa vertu -,
Il recevra des vœux, de l'encens, des victimes,
Sans6 recevoir par là d'honneurs que légitimes7.
Pour ces justes devoirs je ne veux que demain; 1005
Ne me refusez pas ce bonheur souverain,
Faites un peu de force8 à vostre impatience.
Vous êtes libre après, parlez en diligence,
Portez à nostre Home un si digne trésor,
Portez...
1. Prier avec un complément au génitif est une construction vieillie qui ne se rencontre que dans la locution, \ rf< r quelqu'un de soit déshonneur. — Cf. Henri Esl eni — aller pri plaisir. •> | Le langage fi anç