CESAR, LEOPATRE. ANTOINE, LEPIDE. ACHORÉE. CHARMION
C LEOPATRE
Plûtost qir" à ■■•■■ - -. exposer1, 1755
Seigneur, perdez eD moy ce qui les peut causer :
Sacrifiez ma vie au bonheur de la vostre;
Le mien sera trop grand, et je n'en veux point d'autre2,
Indigne que je suis d'un César pour époux,
Que de vivre en vostre am •. étant morte pour vous. 1760
CESAR
Reine, ces vain- projets sont le seul avantage
Qu'un grand cœur impuissant a du Ciel en partage • :
Comme il a peu de force, il a beaucoup de soins,
Et. s'il pouvoit plus faire, il souhaiteroit moins.
Les Dieux empescheront l'effet de ces augures, 1765
Er mes félicitez n'en seront pas moin.- pui
Pourveu que vostre amour gagne sur vos douleurs*
Qu'en faveur de César vous tarissiez vos pi. airs.
Et que vostre bonté, sensible a ma prié
Pour un fidelle Amant oublie un mauvais fr 1770
On aura pu vous dire avec quel déplaisir J'ay veu I sesp rs qu'il a voulu choisir, Avec combien d'efforts j'ay voulu le défendre Des paniques terreurs qui Favoient pu surprendre; 11 s'est de mes Imitez jusqu'au bout défendu, 1775
Et. de peur de se perdre, il s'>'sî enfin perdu.
1. César qui, selon Achorée. « fait voir à tous un déplaisir extrême » de ia mort de Ptol niée, qui « soupire, gémit » a mis bien longtemps à s'apercevoir que la sœur du feu roi est devant lui. i. Cf.
Mourant jour vous servir, tout me semblera doux.
(I. 3.) 3. Ces vers sont pour Voltaire du « galimatias ». César veut dire que Cornélie, dans son impuissance, n'a d'autre consolation que de former d'irréalisables projets de vengean
Itaire critique ce vers, il - mble croire oue le verbe gagner sur est pris absolument. Ne faut-il pas plutôt lui donner pour coinplémeiits les deux propositions suivantes: «que... vous tarissiez...», «que voire bonié... oublie...» comme dans ces autres vers de Corneille : ois gagné sur lui qu'il aimerait la vie.
(Cw/W. IV
Mais j'ay gagné sur lui r/w*il ne me verra jlus.
(Pohjeucic. 11. i.)
'•• J'ai vu Je désespoir : la mort qu'il a choisie dans son désespoir.