‹ Pompei decrite (volume 2)Chapitre 19 sur 28 · HH QVINQ. PRAEF. ID. EX D. D · texte numérisé non relu

HH QVINQ. PRAEF. ID. EX D. D

LEGE PETRON.

Cette loi fut publiée sous le règne de Néron, et consistoit à défendre de faire combattre les esclaves avec des gladiateurs et avec les bêtes féroces , sans une condamnation des tribunaux.

Il semble, en effet, que sous le Duumvirat de Pansa les bêtes féroces ne poûvoient combat-

j. 88 • - .• } PRÉCIS ’

tre autrement qu’entr’elles. Sur le mur qui environne Y arène on avoit représenté quelques chasses non moins comiques qu’atroces. On y distinguait, un cheval qui fuyoit devant une lionne; une ourse liée avec, une longue corde à un taureau afin qu’ils ne pussent s’éviter; et enfin, ( ce qui étoit spirituel, ) une tigresse qui combattoit avec un singe.

On plaçoit dans l’arène des arbres et des plantes , et on exécutoit les chasses contre les bêtes sauvages ; les jeux des Gladiateurs , les combats des Athlètes y et ceux qui se faisoient à pied, à la lueur des flambeaux, dont parle Enchion au souper de Trimalchion. — Des grillages de fer défendoient les premiers postes des spectateurs contre les bêtes féroces, et un canal d’eau tournoit ordinairement à l’entour , afin qu’elles ne s’y approchassent pas de trop près.

Deux portes publiques sont situées à l'extrémité de l’arène ; et un troisième et plus petit passage conduisoit les bêles féroces au milieu de l’amphithéâtre. 11 étoit très-étroit, afin que les bêles féroces ne pussent se tourner sur les côtés , et retourner sur leurs pas. Dans une petite chambre on transportoit leurs cadavres ; on y trouva les ossemens d’un lion. -Dans les petites chambres à côté des deux portes principales on conduisoit encore les bêtes sauvages et on les y entretenoit.

Vers l’entrée et dans les corridors on distingua fci squelettes ; et à côté d’eux , deux bracelets ,

deux anneaux, une monnoie, et d’autres fragmens d’or; des monnoies de bronze et un paquet de draps , où U y avoit une lampe.

En face de l’entrée principale de l’amphithéâtre on rencontre un triclinium. Un usage existoit chez les anciens ; le jour avant l’exécution des condamnés à mort, on leur donnoit un repas public appelé libre. On leur prodiguoit h certe occasion toutes les délices d’un somptueux banquet. Barbare raffinement de la loi -, s’écrie l’auteur des Martyres , et brutale clémence du paganisme; l’une qui vouloit rendre la vie chère à ceux qui dévoient la perdre; l’autre qui, ne conside'raut l’homme que. pour les plaisirs, l’en vouloit combler pendant qu’il expiroit.

Sur la place environnée d’un mur près du triclinium, les Gladiateurs attendaient avant d’entrer dans l'arène ; et dans l’autre, vis-à-vis du passage étroit des bêtes féroces, celles-ci étoient entretenues et gardées.

Maison de Julia Félix — 1755.

Elle étoit située à une petite distance de l’ani-v, pliithéâtre , et fut couverte de nouveau , après qu’on l’eut déterrée. Sa forme est carrée ; elle avoit un portique sur trois côtés ; celui en foce. étoit soutenu par des pilastres de marbre ; les autres , de briques. Sur le mur du portique de la façade il y avoit des niches avec différentes

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igo PRÉCIS **

statues vides eu dedans , destinées à contenir de l’eau. Parmi ces chambres on découvrit un Sacrarium , ( auj. au Musée Royal , ) qui d’après les peintures d’/u's, d’ Osiris, d’Igiéa , & A nubis et de différentes petites idoles et talismans qu’on y trouva, parmi lesquelles un Priape et un Harpocrate , tous deux le doigt sur les lèvres, on conjectura que la, propriétaire étoit une initiée aux mystères d’Isis et dévouée à son culte pour obtenir des enfans. Il y avoit dans le centre un trépied de bronze soutenu par trois Satyres obscènes, qui tendent la main à la suppliante et semblent lui promettre que ses vœux seront exaucés.

Sur un mur on lit le programma suivant:

IN PRAEDIIS rVLIAK SP. F. FELÏCIS BOCANTVR BALNEVM , VENERIVM et NONGENTVM ’Ï'ABERNAE PERGVI.AE COENACYLA EX IDIBYS ÀVG. PRIMIS IN IDVâ AVG. SEXTAS ANNOS CO NT IN VOS QVINQVE s. Q. D. b. E. N. C.

Dans les fonds de Juha Félix, fille de Spurius , on loue depuis le € jusqu'au 8 du mois d’Août un bain , un F" enerium et g oo boutiques avec les pergulae et les chambres supérieures , pour 5 années consécutives. Si quelqu'un exerce chez soi le lenocinium il ne pourra être admis au louage.

Nous passâmes ensuite vers la Porte d'isis. i8i3. Sur le haut etoit sculptée, sur une pierre, une

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belle tête , peut-être celle d ’lsis , avec une longue chevelure , et a côté celte inscription :

c. pvpïriis. 6.

Mer. tvc. aamanaphpher

ISIRV. PRVPHATTEH. "J

Le Meddis Tuticus , ( suprême magistrat chez les Etrusques , ) C. Popidius fils de Cajus a fiait construire ces murs et celte porte, et tu dédiée à Isis.

Ce Popidius étoit un des ancêtres de ces Popidius si dévoués , comme nous l’avons vus, et si dignes (T Isis et de son Temple.

Près de cette porte on trouva les os de quelques malheureux fugitifs; ils transportaient avec eux trois colliers et deux pendans d’oreilles , chacun à deux perles , d’or ; un tas de monnoics , 2 petites patères dans un mortier, une tasse, un vase presque applati , et une cuiller à pot , le tout d’argent ; et des monnoies de bronze enveloppées dans un drap.

Là nous trouvâmes une autre rue , d’autres maisons , une école de gladiateurs , et une de ces fontaines si simples et si nombreuses dans Pompéi. Des conduits pratiqués daus l’intérieur, des marchepieds qui environnent toujours des deux côtés les rues de Pompéi, trasportuient les eaux surabondantes des fontaines et des maisons , hors de la ville.

iga SITUATION-

- Mous retournâmes enfin au Quartier des soldats et terminâmes notre pèlerinage.

Adieu donc , o lecteur , adieu.... Nous quittons Pompéi ; mais qu’auparavant nos noms et ceux des personnes qui nous sont chères soient gravés sur les pierres de ses inonumens. Puissentelles ks conserver long-temps, et puisse notre cœur ne les oublier jamais !

Situation de Pompéi.

Son port. Etat actuel des excavations.

Construite sur une grande masse volcanique , Pompéi s’élevoit en gnise d’une péninsule , sur une plaine, à côté de la mer qui l’enviroilnoit en serpentant sur deux côtés. Elle y formoit a l’extrémité , vers l’amphithéâtre , une troiàiètnè courbure qui s’étendoil jusqu’à StaLia. Ici oh trbu- v ’. voit -«on port , dans un bassin formé par l’embouchure du Sarne, ( auj. la K aile ). Ce fleuve avoit. déjà prêté orgueilleusement son nom à des peuples célèbres,

Sarrastes populos , et guae rigat aequora SctrnUs.

* Vuig.

Il servoit de gloire et de richesse à une vas:e contrée ; et soutenant une foule de navires qui montoient et rcdescendoicnt continuellement ses bords , il rendoit Pompéi V emporium des plus florissantes villes des environs. Strabon parle de ce port très en détail , et Tile Live ( Liv. IX ) ,

DE' POMPÉ I. jç,3

y rapporte le debarquement des Romains, pendant la guerre des Samnites , lorsque, ayant voulu s’avancer pour ravager les campagnes de Nocère, ils furent tout-à-coup assalis par les Campanicns , qui leur enlevèrent leur riche proie et les repoussèrent avec des pertes considérables jusqu’à leurs vaisseaux.

Enseveli sous les matières vomies par le Volcan, le Sarne n’est plus actuellement une grande rivière; son cours a changé et il va cacher son embouchure et sa honte entre les saules et les roseaux , dans un endroit secret , vis-à-vis de Revigliano.

Sur la même direction du rivage , on voyoit les salines et le marais cité par Columella ,

Çuae dulcis Pompeja palus vicina Salinis Herculeis

Sous la colline de la ville étoient les carrières des pierres ponces dont parle F itruve , et des meules des trappetum pour faire de l’huile, mentionnées par Caton.

Le territoire de Pompéi s’étendoit vers le Vésuve, et ses vins , les choux et les ognons étoient tres-renommes.

Deux routes principales partageoient Pompéi.

L’une vers le septentrion tomboit sur la route Popidiana et conduisoit à Nolà. L’autre se détachoit de la Domitia , à Naples , passoit par Herculanum et Oplonti ( auj. Torre doit Aununziata ) , et en traversant Pompéi, resortoit

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