SITUATION DE POMPÉI
par Ja porte d'Isis sur le Sarne , et airivoit à
JNocère et à Salerne.
Les accumulations qui encombrent Pompëi de i3 pieds de hauteur environ , sont un composé de cendres volcaniques et de petites pierres ponces ( lapil/i)^ disposées alternativement sur 7 couches très-légères de différente grandeur. La huitième , élevée sur i à 5 pieds est de terre végétale , de manière que le sommet des édifices n'est couvert que de cette dernière hauteur. C'est pourquoi il étoit si facile aux cultivateurs de ces terres, avant que le Gouvernement en devint le propriétaire, d'y pénétrer en tout sens , allant à la recherche de ce qu'ils a[)peloient le trésor, et dévastant tout ce qui se présentoit à leurs coups destructeurs. Ce n^est donc pas entièrement aux anciens citoyens de Pompéi , mais plutôt à ces paysans , qu'il faut attribuer le pillage et les ruines qu'on rencontre si souvent dans les excavations des monumens dont nous parlons.
De tout ce que nous avons dit , l'absurdité de l'opinion de Lippt est manifeste , quand il dit que l'eau, et non pas le feu recouvrit Pompéi. Il falloit au contraire assurer que ce furent tous les deux (94)-
Les toiles brûlées , les verres retordus et les peintures qui ont changé de couleur par l'action du feu, prouvent que \.es matières que vomit le Volcan y arrivèrent avant les pluies , et que celles-ci innondèrent Ponjpéi quand elle étoit
déjà cûLivcrle, à plusieurs pieds, de pierres poiic.'s CL de cendres. — Voilà pourquoi ou trouve I SouveuL des squcleltcs sur ces nialièics à une ! hauteur qui n'est pas indilFcreutc et dans la situaiioa de ceux: qui sont traînés et emportés par des torrens. Les eaux transportèrent partout les vases , les monnoies , les candélabres ; et pénéii aut dans les parties plus intérieures des maisons, y introduisirent , en grande quantité, les cendres qui couvrirent les objets plus fragiles , et empèrlicrent ainsi que l'écroulement des pavés supérieurs ne les icrasassent.
Pompéi , dont on n'a découvert encore que la cinquièiiie partie, offre la fi^^ure d'une ellipse. San circuit est presque .de deux milles na[)olitains , et sa surface d'environ l5o,628 toises carrées , non compris les fauxLourgs. Pour exécuter ic 5 j décombrement total de Pompéi, suivant les caculs les plus exacts, une sounne de 6945589 ducats sulliroit ( représentant 2,894,080 fr, ) La somme annuelle destinée présentement à cet objet et aux j'êparations , est d'environ (J,ooo ducats, (aSjOOqfr.) Le Chevalier ylrdili, dont les savans ouvrai^'cs isont justement appréciés en Europe, est le diijue Suruitendant général des exca valions de Pompéi et de tout le ruyaume.
Inscriptions.
,o)t| Céioit un nsi'^p général, comme nous l'avons vu , d'écrire avec des couJenrs à <oié dc-^ bouti-
ques ou des habitations les noms du vendeur et du Patron qui ëtoit ordinairement un des premiers Magistrat (Z>/^z///zw>) , ou un Edile, dont on imploroit laproieciion. Parmi celles qui n'existent plus, on remarque la suivante:
POSTVMIVM PROEVM AED. PHOTINVS ROG.
r£B. TvNKVM ( sic. )
C'est un compliment , que faisoit un cert;iia Pliotinus j vendeur de thon à Postumius.
Il y a en outre des inscriptions publiques qui comprennent les recommandations que les Collèges ou les artisans faisoient aux Magistrats en charge. Quelques - unes sont en langue osque qui eioit alors patlée par le peuple; et des autres en latin. En voici plusieurs de cette espèce.
MARCELLINVM AEUILEM LIGNARI ET PLOSTARJ ROGANT VT FAVEAT.