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soient tous accourus à une de ces fêtes religieuses qui intéressoient des nations entières ^ et qui caractérisaient tant le paganisme.
Le traces de chars sur les pierres , les boutiques avec leurs marchandises et leurs ustensiles, et les maisons avec leurs meubles , semblent attendre leurs maîtres. L'Ampliora génial is sent encore le vin, et les taches fraîches des liqueurs sont imprimées sur les marbres des tliermopoles. On Y ^^it l^ gâteau de miel, le vase des paifums j les chaînes qui lioient les mains du coupable, et les bracelets qui pressaient mollement les bras de la jeune file.
Les habitations étaient le séjour du luxe et de la mollesse. Le seuil y est ouvert: il semble inviter encore à V hospitalité par le beau mot de Salve. Des mosaïques variées, et des peintures précieuses en embellissent les pavés et les murs. On y voit en quantité des arabesques, des païsages, des Divinités, et des histoires intéressantes. ^ chaque i/fstant on rencontre tantôt des Satyres lascifs et des Nymphes charmantes, tantôt de s^B ace hante s ivres et de voluptueuses danseuses , avec des contours si délicats et si séduisans y que ni le Guide nous représenta si bien ses Heures , ni les Grâces sourirent ainsi sous les pinceaux de /'Albano et du Dolce. L^ architecture en est simple et ingénieuse. Des cours et des portiques en forment V intérieur; ces derniers nous représentent V usage
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chéri des anciens ^ de s'y promener la moitié de la journée , en discutant avec leurs amis et avac leurs affranchis sur des objets du Lycée y et nous rappellent les dialogues dH Alticus , de Cicéron et de Pline.
Plus avant , nous découvrons le lieu , cif, après avoir passé la moitié du jour aux ajfaires^ le Pompéien se délassoit dans les délices du baln^ s'oignait d^essences , et, couché mollement sur des duvets , soulevoit nonchalamment la main pour goûter les mets les plus exquis, tandis que lesjleurs du jardin voisin exhalaient pour lui les parfums les plus odoriférans. D'un autre côté, on observe la chambre secrète de la vierge timide; elle ne pouvait voir de sa petite fenêtre que les longs portiques de son jardin. On y voit encore sa toilette , et son lit bas et étroit qui, jadis recouvert des tapis de Tarente, t invitait au sommeil; tandis que la lampe tacite, la seule confidente de ses cliarmes, jetuit du candélabre doré une lumière languissante sur elle.
Les monumens publics , au contraire , y attestent la grandeur des vainqueurs du monde. Beaux, élégans et magnifiques sont les théâtres. Le peuple s'y partait en foule à ses spectacles favoris. Il y assistait à l'Avare de Plante , au Promctliee d! Eschyle^ et à la Mëdée d^ Ovide. Détournant ses yeux du côté de T Arène, il se repaissait la vue de massacres et d' horreurs , ou admirait le courage du gladiateur ^ ou jouis-
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soit de V aspect de ces hêtes féroces que Vjifriquç lui envoyait de ses déserts , pour assouvir leur rage contre ses esclaves ^ ou contre des personnes vendues à ses plaisirs.
Dans le Forum civil, il assisioit aux assemr Liées des Décurions , et à la Justice administrée par les Duumvirs j les statues quon y avoit dressées aux citoyens qui s en étaient rendus dignes , lui indiquaient sçn but et ses devoirs.
Parmi les Temples , un des premiers qu'on y découvrit fut celui rf'lsis. Tout y respire le mystère. La Déesse est voilée ^ elle représentait la nature. D^une main elle tient un instrument sacré , de Vautre la clef du Nil. C'est ainsi que les anciens divinisoient leurs intérêts. On remarque ensuite le temple de la Fortune orné de Iq statue de Cicéran , et c^lui de Venus.
Combien de souvenirs ri excite pas surtout ce dernier ? Des jeunes filles demi-nues , couronnées de myrte et de roses , y avaient exécuté leurs danses , et y avaient fait Voffrandê de leurs soupirs et de leurs cœurs.
Il est bien difficile de résister aux illusions du paganisme en entrant dans ces temples. Ces vestibules , ces autels couverts encore de la cen-' dre des sacrifices , ces peintures mythologiques , ces colonnes peintes des plus belles couleurs , vous transportent presque dans un autre monde. JJ imagination vous représente alors ces ptétrt^
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avec leurs longues robes, versant de leurs patères r encens sacré ; les sacrificateurs , les victinips , la foule du peuple, le silence intimé aux pro-^ fanes , et les Chœurs des jeunes garçons et des jeunes filles qui entonnent alternativement riiymne de Vénus Genitiix et de Quirinus. Ajoutez à cela, le murmure de quelque fontaine, les nombreuses statues qu on rencontre à chaque pas , et qui ressemblent à un peuple de Dieux qui a succédé à un peuple de héros ; les monumens de différens âges et de différentes nations ^ les ouvrages des Pélasges , des Samnites et des Césars , sur lesquels vingt-sept siècles passèrent avec plus de rapidité qiiune nuit à! été ; jusqiû au cours du Sarno , qui, honteux de porter un nom autrefois célèbre, s'écoulç silencieusement et se cache sous ces ruines ^ enfin, un je ne sais quoi de tendre et de mêlant colique dans l'air , dans le dessin de la mer et des montagnes , et on aura une idée de V intérêt qu\)ffre encore aujourd'hui Pompéi.
Mais ce qui frappe d'avaJitage le voyageur ^ c^est la rue des tombeaux situés hors de la ville. Ses pacfiques citoyens, ses fondateurs , les cou"temporains de Tulliusj' reposent tous avec leurs descendans da/is une éternelle tranquillité, environnés de leurs fables et de leurs illusions, qui ne peuvent pas même les abandonner dans leurs demeures. Les cellules de ces tombeaux ^oni busses et étroites , ainsi que /'entrée. C'est par là
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que nous savons qu'à peine une seule personne^ la tête baissée , dans une attitude religieuse , et Turne pressée contre son sein ri y devoit pénétrer que lentement. On y a trouvé des vases à parfums , et des tresses de cheveux réduits en poudre: on a recon?iu la pierre du festin funèbre ^ et le lieu où couloit le sang des victimes pour appaiser les ombres, et leur rendre Hécate propice. Ici , personne ne peut se refuser à une certaine tristesse qui vient occuper Vesprit. U homme donc ne trouve partout que des tombeaux?
Ici , les plus beaux souvenirs des poètes latins viennent frapper notre esprit. C'est Tibulle assis sur un marbrée qui couvre les restes d'une malheureuse fille , avec la cendre muette de laquelle il se plaint des torts qu'il a reçus de sa sœur. C'est l'ombre de Cinthic qui apparoit en songe à Properce y elle se consume en reproches et en larmes; elle pleure ses amours passés , et lui indique T endroit de son tombeau suri' Anien. Enfin c est V amoureuse Gornëlie qui.^ du sein de la mort , adresse à son époux la plus tendre épitre ; elle lui dépeint au long son amour , sa fidélité, et V extrême douleur qu'elle ressent d'être séparée de lui. Les villes des anciens étaient donc un séjour sacré. Elles parlaient à r imagination sous tous les rapports; on ne voyoit que statues d^ hommes illustres , que temples , que sépulcres.
V^oïlà en peu de mots les sensations qu'éprouve Vétranger au milieu des ruines de Pompéi. Les
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moeurs douces des anciens , leurs çirts qui suivaient si gracieusement la nature , cette religion ouvrage de leurs passions , embellie de tout ce que la fantaisie humaine a\pu imaginer déplus ingénieux , éclatent encore admirahlernent sur ces débris^ et prêtent tout T enchaiiteinent possible aux antiques souvenirs. Si. Non , Mazois , et le CIicv. Gell en étaient peut-être pénétrés , quand ils en prirent les brilhintes perspectives. Le sort de Pompéi est donc toul-à-fait extraordinaire. Dix- huit siècles n^anl rien pu sur cette ville. Les déplorables évéïiemens ^ qui ^ pendant si long-temps .^ ont bouleversé l'Italie, lui sojit inconnus. On dirait cpie la verge des Fc'cs l'ait fait dhm coup reparaître sur la terre, et que le Génie de tjintiquité, dirigeant son vol des sept des collines sur le ciel de la Cauipanie^ secoue ses vétemens dans la poussière de cette ville 5 qu^il en environne les ruines d'une lueur magique, et qa il invite encore le voyageur à répandre des fleurs sur ses tombeaux (i).
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l iEs detouverles de Pompëi étoient très-limitées avant lo ig.' siècle. C'est pourquoi les auteurs qui s'en sont occupés , ne nous ont laissé que des traités très-brefs. En voici les principaux: Barthélémy ,Richard^ PViiickelmann , Caylus , Cochin , Réquier, Hamilton , Gori , Maff'ei , La Lande, et particulièrement S. N'on. Ensuite Monseigneur Rnsini à réuni dans sa Dissertation Isagogique, des recherches archéologiques , et des matériaux qui ia rendront pour toujours le manuel de tous ceux qui s'occuperont de l'histoire de Pompéi.