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MEHOIlCI.
On y recueillit encore de très-beaux fragmens d’autres statues, et un morceau de lampe de terre cuite où étoit gravée une petite figure avec une fleur et ces paroles : que la nouvelle année me soit de bonne augure et heureuse.- Annum novum fàustum felicem mihi.
Sépulcre des bestiaux . On voit un jardin , dans le mur de séparation duquel étoient fichés une quantité de crânes de boeufs. Il est probable que c’étoit là qu’on brûloit et qu’on ensevelissoit les restes des victimes que l’on immoloit aux Mânes de Mammia. On y trouva en effet sous la surface delà terre, beaucoup de cendres et des os d’animaux à moitié brûlés. Un autel de marbre orné d’élégans festons reccvoit au pied de sa tombe , les libations et les fleurs ( 44 )- L’autel du jardin mortuaire étoit séparé par un mur, où il y avoic 4 masques de terre cuite d’une figure colossale avec l’expression de la douleur et des larmes. On plaçoit derrière eux des lampes , qui répandoient une lumière languissante et triste, sur ces demeures éternelles du silence et de la mort. •
Tombeau de Féjus , et son demi-cercle. An.
1364. — Au-delà de l’enclos sépulcral de Porcius , on distingue un autre hémicycle pour s’asseoir. Une inscription; qui existoit autrefois sur son dossier , et que tous les écrivains de Pompéi croyoient perdue , a été heureusement retrouvée par nous. La voici.
j4 PRÉCIS-
Cette tombe a été élevée par le décret des Décurions à Anlus , fils de Marcus , duumvir de justice , pour la seconde fois censeur, Tribun des' soldats élu par le peuple ( 45 ).
A. VEIO m. p. ii vrn. I. D.
ITER QVIN. TRI B MII.IT. AB POPVL. EX. D. D.
On apprend par là que le monument situé entre les deux hémicycles appartenoit à Aulus V èjus. Sa base a de bonnes proportions , mais le reste est ruiné. L’élévation du milieu est formée de tuf, et de matières volcaniques.
Chapelle funèbre de Resti tutus , ( près de la porte de la ville. ) An. 1763. Au centre s’élevoit un petit autel avec cette inscription. M. Cerrinius Restitutus Augustal. On lui a accordé la place par ordre des Décurions.
M. CERRTNIV8 IIESTITVTVS AVGVSTAUS T.OCO DATO
La même épigraphe en marbre étoit répétée sur la partie supérieure de ce sacellum. II y a au-dessous , une niche où étoit placée sur une petite base une petite statue , qui aura été enlevée dans une autre époque (46).
Cependant nous arrivions sous la porte lier-
culanèe. La ville entière se déployoit à , nos regards. Uii mouvement involontaire de surprise et de respect nous retint un moment sur -le seuil. Nous saluâmes la terre, où les arts antiques, le-* vant le voile funèbre qui les couvroit , sortirent du tombeau, et coururent rallumer dans l’Europe les flambeaux éteints du goût et du beau.
Pompéi! Tu te réveilles, comme Fpimènide , après un sommeil de plusieurs siècles. Oh ! Que tu seras surprise en voyant nos moeurs, ta postérité changée, et les nations inconnues qui viennent te visiter du bout de la terre. Tu souris des vains efforts du temps et de la fortune , pendant que l’univers antique se réunit près de toi à l’univers moderne. Tu rends aimable la mort même.
Elle ne paroit , dans ton sein , que le songe tranquille d’une nuit orageuse....
Les Fortifications.
On entre dans Pompéi par une ample porte , aux côtés de laquelle sont deux autres portes plus petites pour les gens h. pied. Son architecture est très-simple et d’une époque très-postérieure aux murailles publiques. Elle fut peut-être réparée après le siège qu’en fit Silla. Il y avoit en outre 4 autres entrées principales dans Pompéi ; mais celle construite par les Etrusques vers leSarno, mérite seulement quelque attention. Nous en parlerons à sou tour.
Dès qu'on entre dans la ville , on rencontre
4 gauche des marches spacieuses qui conduisent sur les murailles publiques. Ces dernières furent entièrement découvertes depuis 1812 jusqu’à 1814. Ainsi le plan de Pompéi cessa d’être un mystère.
Ces murailles environnées de parapets et de créneaux sont de vrais bastions. Formées en quelque endroit par de grandes pierres carrées de travertin sur lesquelles reposent d’autres volcaniques uniçs sans ciment et d’une manière très-naturelle,, elles offrent en général une construction de pierres irrégulières sur le modèle des murs étrusques , qu’on voit encore aujourd’hui à Rosalie , à Fiéeole , à Volterra , et de celles que M. Cockcrell a observées en Grèce, particulièrement dans les ruines de Messène , de Platée et de Chéronée . Elles ne forment nulle part des angles coupés selon l’instruction de Vitruve , ( livre 5 , chap.
5 ) , qui considère ces angles comme très-favorables aux assiégeans. Elles sont hautes de 3 ü> pieds du côté de la ville , et de a 5 du côté de la campagne, et renferment une plate-forme capable de contenir, à certains endroits , jusqu’à 5 chars de front. On peut maintenant s’y promener aussi bien qu’aux jours des Pompéiens.
Ri les béliers, ni les mines pou voient ébranler ces bastions. C’est ce qui les faisoit regarder comme d’une nature irès-supcricure à celle qui se pratiquoit ordinairement, en employant un simple mur. Il paroît que les fortifications de
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Pompéi du côté de la mer étoient de ce dernier genre ; c’est pourquoi il est probable qu’elles furent plus facilement de'truiles.
On voit d’espace en espace des tours carrées qui semblent n’avoir pas sailli de beaucoup la ligne extérieure des murailles. La distance de l’une à 1 autre étoit d’un jet de dard; mais vers le septentrion , où l’accès de la colline étoit plus difficile , et par conséquent le danger d’un assaut ennemi moins à craindre, leur distance l’une de l’autre étoit beaucoup plus grande. Elles avoient trois étages dont il nous reste encore les marches; et enfin des ouvertures étroites, ( poternae ), qui servoient pour les sorties secrètes durant le siège. — C’est de là, que les braves habitons de Pompéi ont dû plus d’une fois livrer des attaques contre les troupes de Silla. — Le mur anterieur des tours, les parapets, et les créneaux des bastions se voient de meme renversés exprès. 11 faut croire, que c’est à cette condition que Silla accepta la soumission de Pompéi sur la fin de la guerre sociale. Les réparations que l’on fit aux murs de distance en distance et avec simétric, nous démontrent qu’on ne conservoit depuis long - temps celte fortification que pour une simple apparence , puisque ces réparations ne consistent qu’en cette construction appelée incertum , composée de tufs mis sans ordre et recouverts de stuc , auquel on donna la forme de la muraille plus ancienne.
Les caractères osques et étrusques gravés sur le revers de chaque pierre éloient peut-être des signes faits par les ouvriers pour en connoître l’exacte situation. II est à présumer que l’on tailloit et qu’on appareilloit ces pierres dans l’endroit même d’où on les tiroit , pour éviter le transport d’un poids inutile ; et comme quelque événement imprévu auroit pu effacer ces signes, c'est pour cette raison qu’ils étoient profondément gravés. j
' Habitations. ,
Les maisons de Pompéi sont toutes construites sur le même goût. Une pu plusieurs entrées et, quelquefois des boutiques, forment la façade du rez-de-chaussée. Elles out des corniches et des pilastres , sur les chapiteaux desquels on voit gracieusement sculptés, tantôt une jeune fille qui agile un tympanon ; tantôt une plante qui commence à fleurie et un oiseau . qui s’y repose un. instant ; tantôt un IJpreuJç qui soutient d’une main une coupe, et de l’autre jsa massue et l’architrave de la porte. Les mues extérieurs sont recouverts d’un stuc dur et brillant comme le plus beau marbre, et souvent peint des couleurs les plus vives. — r Les étages supérieurs avoient de petites fenêtres , et étoieut surmontés d’un toit , et plus souvent d’une terrasse ,
( pergula ) , ornée de vignes et de plantes qui
y formoient une voûte de verdure et de fruits. Ainsi des jardins aeriens étoient comme suspendus sur des jardins inferieurs.
Toutes ces habitations avoient un appartement public, {Atrium), selon l’antique usage Italique; et un autre privé avec des entre-colonnes ( péri stylum ), ce qui étoit une marque distinctive de Farchitecturc Grecque (47)* Elles sont donc d’un style mixte. Lorsqu'elles n’étoient pas construites en amphithéâtre, elles avoient un second étage , ( caenacula ) , habité quelquefois par les femmes de !a maison, mais le plus ordinairement par les gens du peuple , et plus souvent encore par les esclaves. Il n’en reste maintenant que les escaliers. > 1 ; . L •
Les anciens p assoient leur vie presque toujours hors de leurs maisons , et ■ ils ne &’en servaient que pour le temps nécessaire à leurs besoins et pour leurs commodités, qu’une civilité raffinée au dernier point avoit alors rendues nombreuses. C’est pourquoi les habitations sont trèsétroites. Mais l’extrcmc petitesse des chambres dépend sur-tout du grand nombre dont on avoit besoin pour les différons usages auxquels elles étoient destinées. i •; .
Pour peu qu’elles se fussent agrandies, la maison auroit pris l’aspect d’un village. Des bains, des étuves, F hospice, les chambres pour les esclaves, T appartement public, V appartement privé , la bibliothèque , le sacrarium , la salle de bal, la
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salle de compagnie, la cuisine, le grenier , les jardins... voilà ce qui composait ordinairement le domicile d’un Pompe'ien. Le nombre de tant de membres étoit prodigieux; la petitesse de l’enceinte qui les contenoit ne devoit-elle pas l’être aussi?
Il est singulier cependant qu’on n’y ait pas encore trouvé ni écuries, ni cheminées ; le tube destiné à cet usage, que l’on voit dans une boutique sur la grande rue et dans la cuisine du Temple (f /sis avec ceux des Fours , en sont des exemples fort rares.
Les Pompéiens passoient toute leur vie en plein air ; leur ciel est si doux et si serein, qu’ils ne vouloient jamais le perdre de vue. Une cour découverte avec des portiques à l’ entour pour s’y réfugier pendant les pluies ou pendant les heures brûlantes de la journée, voilà tout ce qui constituoit leurs édifices publics et particuliers.
Les peintures et les décorations des chambres ou des monumens font constamment allusion à l’objet auquel ils étoient destinés. Le pavé est partout couvert de mosaïques, souvent d’un travail surprenant. Ils représentent des méandres , des chasses , des fleurs , des ornemens d’architecture et une foule de figures bizarres ou gracieuses.
En voyant une si grande profusion de goût , de richesses et d’arts dans les maisons les plus simples, nous serions presque tentés de demander... Et où habitoient donc les pauvres à Pompéi?
— n jgjtiied, by
Maison du triclinium.
Après avoir descendu les murs , on doit observer une habitation petite, mais gracieuse. Un triclinium couvert d’une treille, une chapelle protégée encore par l’image AeY Abondance sa divinité tutélaire, et une chambre à coucher ou à manger pendant l’hiver, la partagent eu trois parties. Son maître, qui étoit peut-être l’officier chargé de la garde de la porte publique, pouvoit s'écrier avec Martini. — • Tjes cris de ceux qui passent me réveillent. La ville est à la porte de ma chambre à coucher.
Auberge publique de Jules Polybe à droite de la rue. - An; 176g. Sa première porte étoit destinée pour le passage des chars. On passe ensuite dans d’autres chambres spacieuses, où l’on déposoit les marchandises. Des foyers avec un vide au-dessous pour le bois; des sièges de maçonnerie pour distribuer les viandes; des chambres pour les étrangers, et une boutique d’eaux sucrées et de liqueurs , ( termopolium ) ; voilà tout ce qui constitue cet édifice. De la seconde cour, on descend dans un souterrain le plus vaste et le mieux conservé dans tout Pompéi. II cSt parallèle à la rue, et reçoit le jour par trois fenêtres. On y conservoit le vin: malheureusement les guides ne se donnent pas le peine d’y conduire les voyageurs. ,
Les gens du peuple venoient loger dans ces hôtelleries. Mais les personnes qui avoient des connoissances dans la ville logeoient chez leurs amis (48). Le nom du proprietaire , Julius Polybius, e'toit peint en noir devant la porte; cet lisage si simple et si singulier, indique constamment le nom des vendeurs dans toutes les boutiques de Poinpéi.
Un grand phallus, sculpté sur la hauteur d’un pilastre, servoit comme de talisman pour préserver du fascinum les voyageurs , et cet endroit consacré au commerce.
Lieu de repos , et seconde Auberge de Jules Polybe et rTAgathus Vajus. An. 1770. — À gauche on rencontre un autre termopolium. 11 a son fourneau ordinaire , quelques gradins pour y déposer les tasses , et un bane de pierres recouvert de marbres , sur lesquels la liqueur a laissé des taches. Sur le mur on avoit peint Mercure avec une bourse. On passe de là dans le fond de l’habitation du maître de la boutique; nous y trouvâmes seulement un figuier sauvage, qui répandoit en murmurant son ombre mélancolique et hospitalière.
Vient ensuite une nouvelle Auberge: on trouva dans sa vaste cour les restes de trois chars , et on y voit encore deux fontaines avec des abreuvoirs pour les bestiaux.
Sur la façade de l’édifice on lisoit une inscription faite au pinceau , qui indiquoit que tous
les muletiers qui y avoicnt le logement, unis avec un des proprietaires Agathus Vajus , se recommandoient à la protection de l’Edile C.
Cuspius Pansa. C. Cuspium Pansam Aed. Muliones universi Agatho Vajo.
Dans cette autre épigraphe, écrite au-dessous de la précédente , on a le nom de l’autre maître de l’Auberge. Iulius Polybius Collegafecit( 4g).
Les habitations qui sont situées sur le côté droit de la rue ne présentent que des ruines. Celles-ci seules , comme étant les plus proches du passage qui conduit à Nocère et à Salerne , et par conséquent les plus exposées , ont éprouvé les recherches , les dévastations et les outrages de 1 7 siècles d’avidité et de barbarie.
Malgré cela , leurs ruines offrent un intérêt tout-à-fait nouveau. Ici les maisons ont trois étages et sont construites sur les anciennes murailles de la ville, démolies pour cette raison. Elles descendoient en amphithéâtre jusqu'à la marine qu’elles dominoient alors; elles présentoient de loin le plus magnifique et le plus pittoresque coup-d’œil possible. Les Pompéiens, en se formant ainsi des domiciles entièrement ouverts d’un côté , jouissoient d’une vue plus étendue, d’un air plus pur, d’une plus grande liberté, et pouvoient se promener et s’entretenir avec leurs amis dans les cours et sur les terrasses, sans être vus ni entendus. Ils dressoient leurs tables autour de leurs jardins, sous les portique*
et mangeoient, en respirant la brise de la mer , ce qui est , pour nos climats brûlons , un vrai plaisir , et même un besoin.
Dans une de ces habitations on trouva dix têtes de morts ; celle d’un jeune enfant nous fait connoîtrc que scs parens périrent avec Jui.
Maison appelée des Vestales. An. tj’jo. Elle a un vestibule partagé en trois chambres , décorées par quatre demi-colonnes qui donnoient presque à cette habitation la forme d’un temple. 11 est orné de superbes mosaïques , et de belles peintures. On peut y reconnoître un Faune qui soulève le manteau d’une Bacchante endormie ; idée que les peintres Pompéiens aimoient à reproduire souvent.
Nous entrâmes dans T Atrium ( 5 o) ; il formoit la partie publique des antiques habitations. 11 a dans le centre une cour, ( cavaedium ), qui, quoiqu’elle eût été couverte, avoit une ouverture au milieu de son toit, ( compluvium ), qui servoit à éclairer cet endroit, et par laquelle les eaux de pluie tomboient dans un bassin carré {impluvium), qui les communiquoit à des citernes faites avec un soin particulier. Un salon, ( triclinium ) , destiné aux festins des hâtes, et autrefois pavé en riches mosaïques de verre, est placé à côté de Y Atrium. On y observe encore la figure d’un poisson , symbole de l’objet au quel il étoit destiné. La chambre d’audience ( tablinurn ) , est en face. Le Pompéien environné des images
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de scs ancêtres y recevoit dès l’aurore , 6es cliens, les gens de sa famille , et ses amis. Il donnoit aux uns des conseils salutaires, sourioit agréablement aux autres, et offroit à tous sa protection et ses services. Il sortoit ensuite , et. ctoit accompagné d’un nombreux cortège au forum, aux temples, aux tribunaux. —Pendant ce temps, sa famille commençoit à se lever. De tentes de pourpre étoient dressées sur t Atrium; des rideaux de la couleur du Ciel et parsemés d’étoiles tomboient de toutes parts pour fermer aux profanes les passages ( fauces ), aux appartenions des jeunes filles, ( gyneconitis . . . . ). De grands mystères alloicnt s’accomplir. Poursuivons';; les ombres des aimables maîtresses de cette demeure , pardonneront à un obscur voyageur le désir de se prosterner sur les traces de leurs pas, et de brûler quelques grains d’encens sur l’autel de leurs pénates. Voilà la chambre à coucher ( cubiculum ). Le degré devait contenir un lit élégant de bronze , semblable à celui qu’on admire dans le Musée Royal de Naples. Ces tableaux voluptueux n’indiquent que trop de ne pouvoir être mieux décrits que par le silence. Les amies ingénues de Cythérée semblent encore présider à cet asile du mystère et de l’amour.
Mais déjà la belle Pompéienne abandonnoit scs lits de pourpre et passoit dans le bain. Rien n’est comparable aux délices dont elle devoit y jouir. Cette chambre éloit ouverte de tous les
côté*. Une belle petite statue qui représentait peut-être une Naïade , y versoit de ses mamelles , des eaux très- fraîches. Enfin on tiroit les rideaux et la dame arrivoit à la toilette. Elle y recevoit successivement de ses esclaves le lait d’ânesse , le fard , les pommades odoriférantes , l’eau pour noircir les cheveux , le fer pour les friser , le billet galant , et F ode amoureuse de quelque poète adulateur. Cependant l’esclave qui était le gardien de l’entrée secrète de cette mai» son, tenoit les noms de ceux qui dévoient y être introduits. Un petit nombre de créanciers , peu de belles femmes pénétroient dans ce sanctuaire, ouvert aux devins , aux porteurs dé lettres , aux libraires , et à la fleuriste égyptienne.
De jeunes pages servoient la collation , pendant laquelle on annonçoit le Philosophe de la maison , dont la barbe , le manteau , la contenance stoïquç contrastoient avec la coquetterie de la matrone , qui s’informoit tantôt des livres nouveaux, et tantôt des anecdotes scandaleuses et des modes qu’on avoit observées à la dernière fête publique, et au théâtre. Elle prenoit ensuite congé du triste successeur de Zénon , achevoit sa toilette , et prenoit des mains de ses femmes la cassette qui renfermoit ses bijoux, et les talismans, qu’un prêtre de Sérapis avoit consacré sous une heureuse constellation.... Tout étoit prêt; et la Dame donnoit le signal du départ par le bruit de scs doigts. La litière l’atiendoit à l’issue secrète de
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la petite rue. Huit robustes Cappadociens élevoient ce trône élégant sur leurs épaules , et partoient , au milieu des Précurseurs noirs, qui crioient „• faites place (5i).
L’habitation qui suit , appartenoit peut-être au propriétaire de celle que nous venons de parcourir ; il l’acheta de son voisin , et l’ajouu à la sienne.
Nous arrivâmes immédiatement à l’appartement public , où étoient les demeures des hommes , ( andronitis ) ; et après avoir traversé une petite cour autour de laquelle sont les chambres à coucher , et celle destinée aux affaires , nous nous empressâmes de rendre notre visite aux Pénates. Nous entrâmes dans la dépense et leur rendîmes plusieurs fois le salut , Salve , que , du seuil de cette maison , ils dirigent encore aux étrangers. Nous nous mîmes ensuite à parcourir J a cuisine et ses dépendances. Les moulins à blé attendoient la main qui devoit les mettre eu mouvement, après tant d’années de repos. L’huile ctoit dans des vases de verre , les châtaignes , les dattes , le raisins secs et les figues annonr çoient dans la chambre voisine les provisions de l’hiver qui s’approchoit ; et de grandes amphores de vin nous rappeloienl les consulats de César et de Cicéron.
Nous pénétrâmes dans l’appartement privé. Des portiques magnifiques et délicieux y régnent toutà-l’cntour. De nombreuses colonnes de la plus
-belle proportion, et recouvertes de stuc et de cou* leurs très-fraîches, y environnoient un agréable -jardin , un vivier et un bain. Des peintures gracieuses , des otnemens délicats , des cerfs , des sphynx, des fleurs sauvages et bizarres en revêtent. partout les murs. Les cabinets des jeunes filles et la toilette, avec des peintures analogues, sont disposées sur les flancs. Dans celle-ci on trouva une quantité d’ornemens de femmes , et le squelette d’un petit chien.
On découvre dans le fond une salle en forme de demi-cercle décorée de niches , et autrefois de statues , de mosaïques , et de marbres. Un autel , sur lequel le feu sacré brûloit perpétuellement, s’élevoit au centre. C’est le sacrarium. Dans cet endroit secret et vénéré, les jours les plus sacrés et les plus mémorables de la famille se passoient en réjouissances. Le jour de naissance on sacrifioit au Génie protecteur ou à Junon , on otrroit à la Fécondité des couronnes de pavots , dont les semences sont innombrables ; et l’esclave y embrassoit , en tremblant , les genoux même des Furies.
Suétone nous apprend que Claude , qui fut ensuite Empereur , pour se soustraire à la haine de Tibère , se retira à Pompéi avec Drusus son fils , qui y mourut étouffé par une pomme qu’il jetoit en l’air en jouant , et qu’il tachoit de rattraper avec la bouche. Instruit de ce fait, l’abbé Romanelli s'écrie toul-à- coup : N’est-il
DiÔüizcttbrC
pas probable que Claude ait habité dans cetlc maison ?. .
Demeure d’un Chirurgien. An. 1771. Elle a un seul atrium et le jardin en face. Elle contient i 3 chambres dont une est d’une grandeur extraordinaire ; c’étoit vraisemblablement la salle anatomique ou T école : on y trouva plus de 14 instrumcns de chirurgie ( 5 a).
Douane ( Telunium ). On entre dans une salle par une porte très- large, au fond de laquelle on observe un piédestal , construit peutêtre pour soutenir une statue. On y trouva une grande quantité de poids de marbre et de plomb ; sur un de ceux-ci on lisoit , Erne ( achète ), et Habbebis ( sic ) ( tu l’auras ) ( 53 ). Comme aussi une balance , une romaine avec des crochets à l’extrémité de ses chaînes , et une autre à plateaux ; sur le fléau on lisoit ces paroles.
Imp. Vesp. Aug. IIX- C. Imp. Aug. T. VI.