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Oaque s , et Colonies orientales , l'an i 486 avant l'ère vulgaire , selon Petavius ; et Soi avant la ruine de Troie (4)-
■Lus Osques ou les Opiques furent les premiers peuples qui s’établirent dans la Campanie. 11 n’y a pas de contrée plus douce , ni plus de'licieuse qu’elle. Le bruit de ses merveilles, accompagné des fables des premiers voyageurs se répandit partout ; et les peuples étrangers avoient bien raison d’y accourir en foule. Ils y abordoient comme aux lies fortunées de Pindare. Ses rives hospitalières les accueilloient tous également ; et c’est par cette raison que le Poêle les appeloit : Hospita mundi
littora D’ailleurs ses voluptueux liabitans
étoient très-peu capables d’en imposer aux envahisseurs. Ils vivoient dispersés en petites bourgades indépendantes, lorsque les Phéniciens y arrivèrent , et ayant pris possession des côtes , y fondèrent, sur une colline volcanique (5) , une ville à laquelle ils donnèrent le nom de Pompéi , c’està-dire Jeu éteint (b).
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Les Osques s'unirent aux étrangers , et pendant le long espace de sept siècles , ils formèrent avec eux , dans Pompèi , une seule et florissante population ; mais ils durent à la fin succomber. Les Etrusques et les Pélasges ( 7 ) allies ensemble , vinrent de l’occident de l’Italie, et après les avoir mis en déroute, ils les chassèrent, s’emparèrent de Pompci, et l’associèrent à leurs la villes qui constiluoient une espèce de république fédérative, qu'ils appelèrent Nation Campanienne , dont Capoue fut la capitale. ( L’an Boa av. l’ère vulg. )
Mais les Samnites , peuple fier et belliqueux qui lutloit depuis long-temps contre la fortune de ses voisins, se rendirent enGn les maîtres de la Campanie, et Pompéi en fut dominée. (L’an4a3 avant l’ère vulg. ) Les Etrusques vaincus ne tardèrent pas à insinuer dans le cœur de leurs conquéraus leurs lois, leurs mœurs, leurs habitudes et leur gouvernement ( 8 ).
Conformément à leurs premières institutions, la forme aristocratique demeura intacte ; ils conférèrent, à titre électif, les principales magistratures à des citoyens d’un rang élevé , accumulèrent toutes les richesses , rendirent héréditaires tous les honneurs , et tinrent le peuplé dans le niépris; ils épousèrent les intérêts ainsi que la haine contre la nation de la même souche. La nouvelle république fleurit en puissance et en renommée pendant plusieurs années; niais celte réputation s’éclipsa dès qu’elle eut stipendié ses troupes au
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dehors , particulièrement en Sicile , tantôt au service d’Athènes contre Syracuse, tantôt en faveur de Denys. Ces troups , au lieu de se conduire en soldats d’honneur, agirent en aventuriers avides, hautains, inconstans et parjures. A l’exemple de la trahison commise à Capoue, elles massacrèrent dans une nuit les habitans à' Ente lie, s’emparèrent de leurs richesses et de leurs femmes , et se proclamèrent seigneurs de leurs terres. Une autre génération de Campaniens se signala de la même manière à Reggio et à Messine. En s’écartant ainsi de la morale publique et des maximes d’un gouvernement juste, tous ces excès furent la cause de leur décadence et de leur servitude.
On sait que les Si die ms furent les auteurs de la mésiutelligence des Samnitcs avec les Campaniens, et que Capoue, ne pouvant se défendre plus long-temps, implora la protection des Romains, qui saisirent avec empressement cette occasion , parce qu’ils réputoient Capoue comme la clef de la Campanie , et que sous ce prétexte ils pouvoient un jour en devenir les maîtres. Les Samnites disputèrent leur territoire et leurs conquêtes aux Romains pendant 74 ans; ils firent leurs derniers efforts avec les Bruttiens et les Lucaniens eou.re s les consuls Càîus Spurius Corvilius , et Lucius Papirius Cursor ; mais à la fin il fallut se résigner au sort.
Depuis cette époque, les historiens gardent le plus profond silence sur ces pays, jusqu’à l’arrivée
d’ Annibal en Italie ; les Samnites , les Apulicns , les Lucaniens, les Bruttiens , la grande Grèce, et même les Campaniens s’unirent à lui. Mais après 16 ans de victoires et de pertes, Annibal fut contraint d’abandonner l’Italie. Il versoit des larmes en voyant disparoître ces rivages ; et mille fois, dit Tite-hive , il se maudit lui-même de ce qu’après avoir tûé cent mille hommes au Trasimène et à Cannes, il avoit croupi dans les délices et dans l’oisiveté à Cumes, à Nola , et à Casilinum. Bientôt après les Romains firent éclater leur vengeance. Tous ces pays , qui avoient été le théâtre de la guerre, et qui n’ofïroient plus que l’aspect de la tristesse et de la misère , furent de nouveau ravagés par le fer et par le feu.
Capoue fut démantelée presque entièrement, et ses habitons mis à l’encan. Vingt-sept Sénateurs, pour se soustraire à 1’ infamie et aux tourmens , avoient trouvé la mort dans l’ivresse d’un banquet somptueux. Quarante-trois autres furent dépouillés de leurs richesses , chargés de chaînes , battus de verges, et décapités. La ville, privée de ses magistrats, fut soumise à la cruelle autorité d’un Préfet.
Toutes cos provinces restèrent alors ensevelies dans le deuil et dans la terreur. Appien nous fait frémir, quand il dit que les vainqueurs, sous prétexte qu’ils usoient des justes droits de la guerre, ravageoient les campagnes, les villes, jusques aux temples, et aux sépulcres de l’innocente Italie. et En
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» vain, s’écrioit Caton , Où est la société? Où est » la foi de nos ancêtres ? Si c’est de celte manière » que l’on traite des hommes généreux , et si on » les opprime de coups, d’ignominie et d’offenses? » Combien de gémissemens, combien de soupirs » n’ ont-ils pas poussés? Combien de larmes n’ont- » ils pas versées jusqu’à présent?.;.'. »
Néanmoins les Italiens combattoient continuellement contre les ennemis du peuple Romain , et contribuoient en grande partie à ses triomphes; et cependant , ils étoient toujours regardés comme sujets. Du droit Italique ils aspirèrent alors au droit Quiritaire. Les deux Gracohus épousèrent leur cause , mais avec un mauvais succès. Cela réduisit les Italiens au désespoir. Le Marse Silon projeta une ligue Italique. Les. Apuliens, les Lucanicns, les liirpiniens, les Samnites, les Picentes, les Ombriens, les Toscans répondirent unanimement à l’appel des Marses. Rome se vit à deux doigts de sa perte. Elle expédia contre ces peuples alliés ses meilleurs généraux. Silla, entre autres, s’y signala. Il poursuivit les Samnites jusques dans le cœur de la Campanie, et mit le siège devant Stabia, ville peu éloignée de Pompéi. Il prit cette ville d’assaut, et la réduisit à un monceau de [lierres. Pompéi avoit tenté la fortune avec les Samnites ; elle avoit aussi fait cause commune avec les autres villes, et ses habitans avoient été spectateurs , du haut de leurs tours , de la dernière destinée de Siabia. Cependant ils se préparèrent ù la défense.
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Silla courut à eux , et campa sous leurs murs. Mais Clucntius Tint à l'improvistc lui présenter bataille avec une nouvelle armée de Samnites. Silla au commencement fut repoussé, mais ayant ensuite repris l’avantage sur son ennemi , il le défit totalement près de iNola, où Clucntius resta sur le champ de bataille. Il paroît qu’ après cette expédition, Silla leva le siège de Pompéi, et se dirigea avec son armée vers Rome, où le Tribun Pub.
Sulpicius, à l’instigation de Marius, avoit suscité de très-grands troubles. Il semble certain , qu’après que lit guerre des Marses fut terminée , Pompéi fut érigée en municipc, c’est-à-dire, qu’elle obtint le pouvoir de se gouverner d’après ses propres lois, et le droit de bourgeoisie romaine. Mais Silla , qui se ressouvenoit de la résistance de cette ville, cassa le décret du sénat, et envoya à Pompéi, sous les ordres de Pub. Silla son neveu, une colonie militaire, qui fut appelée Félix , heureuse ; ( l’an 80 avant l’èrc vulg- ‘ Cette colonie étoit composée de ces soldats appelés Emeriti, qui étoient comme autant de surveillan8 des ennemis vaincus; et les malheureux Pompéiens durent souffrir que ce qu’on appeloit la pertica tristis divisât leurs champs à l’avantage de ces satellites. La colonie étant arrivée à Pompéi, et non contente des meilleures terres, voulut encore jouir des droits du suffrage et du dèambulacre , c’est-à-dire, des droits d’assister aux assemblées , et de pouvoir se promener dans les lieux publics, ce qui fit naître une furieuse
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dissention entré les Pompéiens et les Colons. La fermeté des premiers fut caractérisée de révolte, et la cause fut portée devant le Sénat.
Malheureusement il existe une oraison de Cicéron en faveur de Silla, qui avoit été le promoteur de cette dissection , et qu’il traite comme on ami des Pompéiens , tandis qu’il en étoit le persécuteur; espérant par ce moyen de s’attirer les bonnes grâces de l’Oncle. — En faveur de la loi P loti a, qui fut ensuite rétablie dans toute sa vh gueur , Pompéi redevint municipe, et elle continua de l’être même après qu 1 Auguste y eut ajouté une nouvelle Colonie de Vétérans , et qui prit le nom d ' Augusta , ( l’an 4* de l’ère vulg. ) Mais dans les premières années du règne de Néron , ( l’an 55 environ de l’ère vulg. ) elle devint une Colonie romaine proprement dite, comme on le voit par l’événement arrivé à Livinejus Regulus dans l’amphithéâtre, ( l’an 5g de Père vulg. ); et selon les différentes inscriptions trouvées dans bien des endroits où, parmi les premiers défenseurs des colons Pompéiens, on souhaite la félicité au digne Rufu s, qui est salué des titres d’incomparable et de généreux.
Cette forme de gouvernement duroit dans Ponipéi depuis 24 ans environ, lorsque la plus terrible et la plus funeste éruption du Vésuve la déroba pour toujours à sa splendeur et à son existence.
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