‹ Pompéi (volume 3)Chapitre 30 sur 70 · AE UE LT · texte numérisé non relu

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Fig. 118. — Vue et coupe de la tombe de Nevoleia Tyche (p. 159).

jours anniversaires. La niche qui, plus grande que les autres, occupait seule la paroi du mur de fond renfermait une grande amphore en verre pleine de cendres. Les urnes sont, pour la plupart, en terre commune ; mais trois belles urnes en verre, renfermées dans une enveloppe de plomb et hermétiquement fermées, contenaient des cendres baignant encore dans un liquide formé d’un mélange d’eau, de vin et d'huile, provenant sans doute des dernières libations. C'était un usage de faire ces libations et de les continuer; parfois, vers l’urne enfouie, descendait un conduit qui, par son orifice émergeant à la surface du sol, recevait la libation et la faisait pénétrer jusqu'aux cendres. Souvent un trou pratiqué dans le mur du tombeau permettait, de l'extérieur, de

verser la libation sur l’urne principale.

Un tertre qui s'élève au croisement des routes d'Herculanum et du Vésuve

porte un espace clos de murs renfermant Fig. 119. — La chambre sépulcrale de les tombeaux de M. Arrius Diomèdes la tombe de Nevoleia Tyche (p. 159-160). et de sa famille (fig. 115, p. 158). C'est la proximité de cette sépulture de famille qui a fait donner à la villa située en face, de l’autre côté de la route, le nom problématique de villa de Diomède. Il faut dire que, au moment où fut donné ce nom, la route qui sépare les tombes de la villa n'étant pas encore découverte, les sépultures semblaient construites sur un terrain dépendant de la villa.

ENVOIE DES TOMBEAUX. — LES VILLAS SUBURBAINES 1Ôt

Les dernières fouilles ont ramené au jour des tombes nouvelles : deux, avec banc semi-circulaire, à la porte de Nola, dont l'une, la tombe d'Esquilia Lolla, est particulièrement jolie. Au centre du dossier monte une svelte colonne dont le chapiteau supporte une urne massive en marbre, aux contours élégants. La sépulture est sous un tertre, derrière le banc. À la porte du Vésuve, entre autres sépultures, on a trouvé celle du jeune édile C. Vestorius Priscus, mort à l'âge de vingt-deux ans. Ses peintures offrent un intérêt exceptionnel.

Toute la campagne environnant Pompéi était couverte de villas. On en a, depuis peu de temps, mis au jour plusieurs, entre autres, celle de Boscoreale, d'où provient le trésor d’argenterie dont nous avons parlé plus haut. Dans l'habitation du maître le bain était complet avec la baignoire, les robinets, toute la canalisation, les réservoirs et l'appareil pour faire chauffer l’eau; on l’a reconstitué dans le petit musée spécial à cette villa, créé à Pompéi avec les dons généreux de M. de Prisco.

La villa de Boscoreale présente un grand intérêt pour l'étude d’une exploitation agricole considérable. On voit les pressoirs, les canaux souterrains qui recevaient le vin et le conduisaient dans les jarres: le cellier avec ses nombreux doliums enfoncés dans le sol (fig. 120, p. 162); tout ce qui est nécessaire pour la fabrication de l'huile; le grenier ; l'aire pour battre le grain; les logements du personnel et du maître.

M. de Prisco a exhumé une seconde villa qui a fourni des peintures du second style, entre autres la femme jouant de la lyre, de grandeur presque naturelle, et des villas aux constructions enchevêtrées qui font penser à la villa de Laurentum décrite par Pline le Jeune.

Une autre villa fouillée par M. Gennaro Matrone à fourni, des bijoux et la réplique de l’'Hercule Epitrapezios de Lysippe. M. Sentini a mis au jour, à Boscoreale aussi, une villa ornée de jolies peintures du troisième style. Les nombreuses villas de Castellamare (Stabies), exhumées à une époque plus ancienne, ont été décrites par M. de Ruggiero.

Au commencement du xIX° siècle on explora une villa voisine de la porte d'Herculanum appelée, sans raison suffisante, villa de Cicéron. Recouverte aussitôt après avoir été exploitée elle avait livré de très belles peintures : les huit danseuses, les quatre groupes de Centaures et les douze faunes funambules, sujets que mille reproductions ont rendus populaires; là aussi se trouvaient les célèbres mosaïques signées Dioscorides de Samos (voir fig. 66, p. 110).

Un peu plus bas, dans la voie des tombeaux à droite, une autre villa

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construite sur un cimetière samnite et incomplètement déblayée offre des constructions ayant appartenu à une ferme, un sacellum, un jardin avec une belle fontaine et quatre colonnes en mosaïque, qui marquaient la place d’un triclinium.

Enfin, à l'extrémité de la voie des tombeaux, se trouve la villa de Diomède. Au-dessus de quelques marches, une porte, abritée sous un fronton soutenu par des colonnes, y donnait entrée. De suite on se trouvait dans le péristyle; les villas n’ont pas d’atrium, c'est Vitruye qui l’a

Fig. 120. — La villa de Boscoreale et son cellier (p. 161).

dit. Autour du péristyle rayonnent les pièces de réception, les bains, des chambres. Parmi ces dernières, il en est une, habitée sans doute par une femme, qui mérite une attention spéciale; une petite chambre la précède, celle de l'esclave cubicularia (femme de chambre). Un rideau dont on a retrouvé les anneaux fermait l'alcôve ; sur le sol subsistaient quelques débris d'un tapis. De forme demi-circulaire, cette pièce recevait la lumière par trois grandes fenêtres disposées de telle sorte que, à toute heure du jour, le soleil y entrait. Pline avait dans sa villa de Laurentum une chambre ainsi disposée. À côté de l’alcôve, une petite cuve en maçonnerie dans laquelle on a trouvé de nombreuses fioles faisait sans doute partie d'une toilette dont le marbre a disparu. Des soins tout particuliers semblent avoir présidé à l’arrangement de cette jolie chambre à coucher.

PAMMOREDESTOMPBEA UNI LES MILLAS SUBURBAINES. 63

Une terrasse domine le jardin, la campagne et la mer.

Sous cette terrasse, plusieurs pièces délicatement ornées de jolies peintures prennent jour sur le jardin entouré d’un portique formant un long promenoir couvert. Derrière un grand bassin se dressent les colonnes qui soutenaient la vigne destinée à abriter le triclinum (fig. 121 p. 163)

Un crypto-portique courait sous le portique; là, au pied de l'escalier

de droite périrent vingt personnes ‘voir p. 26-27): dans le nombre, une

Fig. 121. — La villa de Diomède, vue prise du fond du jardin p. (162-164).

jeune fille, sans doute la fille du maître de la maison, dont le moulage a révélé l'exquise beauté. Elle avait, pour fuir le contact des cendres ardentes et mourir, ramené sur sa tête un pli de sa robe et, par endroits, les cendres ont retenu l'empreinte du tissu précieux qui la couvrait. Ses bijoux en or étaient intacts : des pendants d'oreille, un collier en filigrane que fermait une plaque d’où, par des chaînettes, descendaient en pendentifs deux feuilles de pampre, des bracelets en forme de cornes d'abondance unies par des têtes de lion. C’est sans doute pour elle qu'avait été si gracieusement ornée la jolie chambre avec les rideaux de son alcôve, le tapis jeté sur la blanche mosaïque du sol, la toilette en

marbre, les trois fenêtres par où, pendant toute la durée de sa course diurne, Apollon lui prodiguait la caresse de ses rayons. Au bord de la terrasse qui domine le jardin on voit encore un fragment de la balustrade où, après les heures chaudes de la journée, elle s’accoudait pour contempler, dans la lumière adoucie, la beauté du paysage. A droite, au delà du tertre qui, entre les deux routes, portait les tombeaux de sa famille, au delà d'une ceinture fleurie de jardins, son regard suivait les pentes de plus en plus rapides du Vésuve drapé dans son manteau de pampres dorés; en face, entre la colline peuplée de villas noyées dans la verdure et les rochers lointains de Capri, la ligne pure de l'horizon méditerranéen se distinguait à peine de la ligne bleue du ciel; à gauche, elle voyait s’avancer dans la mer le promontoire des monts Lactarii où, dans un repli, comme par coquetterie, se dissimule la poétique Sorrente. Tout, dans la douceur de cette riante nature, contrastait avec l'horreur de la catastrophe où demain elle allait périr. Symbole touchant de la malheureuse Pompéi, qui, dans la grâce ensoleillée de son site charmant, dans tout l'éclat de sa beauté sans cesse rajeunie, au milieu des vaines jouissances de son bonheur païen, soudain fut saisie par les ténèbres et par la mort.

Fig. 122. — Table chargée de pièces d’argenterie (p. 52-65).

Plans A et B de Pompéi, hors texte.

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. Le sommet du Vésuve et ses vignes personnifiées (Ph. de P. Gusman) ;

. Le nom de L. Sylla sur un mur de Pompéi . . . 5

. Combat à l'Amphithéâtre entre les habitants de Pompei cl ceux dé Nocéra ;

. Affiche électorale, près de la maison de Fronto (Ph. de l’auteur). ET

. Un dealbator préparant la muraille à recevoir une affiche (d’après P. Gusman).

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TABLE DES ILLUSTRATIONS

Le Vésuve vu du rempart, au-dessus de l'Amphithéâtre .

Les maisons en terrasse au sud de Pompéi.

. Les dernières maisons de Pompéi (Ph. de l'auteur) RUE . Le nord du Forum pendant le tremblement de terre (Ph. de l'auteur). . Porte du Vésuve et château d’eau pendant le tremblement de terre (Ph. de

l’auteur) .

. Le château d’eau représenté : sur le bas- rélief précédent (Ph. ‘de dues “x . Moulage d’un des cadavres trouvés à Pompéi.

. Moulage du cadavre d’un chien resté à l'attache . Efe

. Chantier de fouilles à Pompéi sous la direction de Fiorelli :

. Pompéi vu du rempart nord.

. La ville de Pompéi vue de l’est. ; . La maison du Chirurgien, la plus ancienne de Pompéi (Ph. de P. Gusman). . Chapiteau ionique de l'époque Samnite (Ph. de l’auteur) . .

. Chapiteau corinthien de l’époque Samnite. (Ph. de l'auteur)

. Façade de la maison de Pansa. Période du tuf, époque Samnite .

. Façade de la période du tuf, époque Samnite (Ph. de 1 :

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