POMPE
support de la peinture. Dans la maison du Faune, de grandes briques ou des plaques de plomb clouées isolaient la peinture de la muraille.
Il es: difficile de classer chronologiquement, au ])oint de vue des sujets, les peintures de Pompéi. On ne voit pas que certains d'entre eux aient été plus en faveur à une époque qu'à une autre, ni que, avec le temps, les peintres qui travaillaient dans cette ville aient modifié leur
ré])ertoire. l.es sujets égyptiens cependant dc\inrent encore ])lus fré(juents a Pomjiéi, et aussi dans toute 1 Italie, ]iar suite des relations plus étroites qui, • iprès la bataille d'Actium , unirent IMgypte à l'Italie.
Les sujets mythologiques .sont les l>lus nombreux. Dans les laraires, dans (les niches, sur les murs des habitations et aussi des rues, les divinités du paganisme, les demi-dieux el les héros apjniraissent soit en ])ersonne, soit par i|uelques-uns de leurs attributs fig. 74, ]i 120 ; ces représentations peuvent <|ucl<iucfois être attribuées au sentiment religieux. On n'en ])eut ])as dire autant des innombrables tal)leaux qui offrent sans cesse les aventures amoureuses des divinités avec les créatures mortelles, tableaux inspirés par le goût des scènes erotiques, des sujets empruntés à l'amour. Puisque les dieux avaient eu des passions humaines, n'était-il pas juste de leur faire jouer, avec plus d'auloriié. dans des tableaux propres à flatter les passions, les rôles des êtres humains? Aussi que de fois on rencontre, sur les murs des maisons pompéiennes, Danaé, Europe et le taureau divin fig. 75, j). 121 , lo, l.éda, Ganymède et Jupiter, le roi des dieux, sous ses multiples métamorphoses; Apollon poursuit, sur le bord du Pénée, Daphné que le dieu du fleuve, touché de son effroi, change en laurier, tandis qu'un petit amour, épouvanté de cette catastrophe, lève les bras au ciel ; \'énus et Mars fuient en vain la maligne curiosité des dieux ; Mars descend à travers les airs vers Rhéa .Silvia tandis ciue X'énus visite le beau chasseur
Fig. 74. — La muse Uranie, dans la maison de Vcttii (p. 120).
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Adonis qui meurt entre ses bras ; Bacchus console Ariane de l'abandon de Thésée; sur un rayon de blanche lumière. Diane descend versEndymion, ou assise près de lui. le prend par le menton.. Nombreuses aussi .sont les aventures des demi-dieux et des héros : Hercule et Omphale.
Fig. 7). — Europe et le taureau ^p. uoj.
3léléagre et Atalante. Thésée et Ariane, Andromède et Persée, Héro et Léandre fig. 76, p. 122 . Pyrame et Thisbé. Phèdre et Hippolyte, Dédale et ses merveilleuses inventions, Hylas ravi par les nymphes, des Faunes et des Satyres surprenant les nymphes endormies, Cyparissus et sa biche (fig. 77, p. 122 .
Les mythes célèbres de l'antiquité grecque ne couvraient pas moins les murs de Pompéi : l'expédition des Argonautes et ses nombreux épi-
Fig. 76. — Ilcro et Léandre (p. 121).
sodés; les travaux dUcrcule, 'Ihésée et le ^linotaure ; la chute d'Icare
et de Phaéton ; la lutte d'Apollon et de 31arsyas; Narcisse, les Xiobiiles et surtout le cvcle troxcn si vi- \ant dans les imaginations et les récits des poètes ; Achille reconnu à la cour du roi Lj'comède fig. 78.
]). 123 : sa lutte avec Agamemnon.
i-t sa colère ; la dépulation des • Trecs ; la défaite d'Hector et la prière du vieux roi Priam ; le cheval de bois entrant dans Troie, tel que le décrit \'irgik'.
Les tableaux de genre aussi ne sont pas rares : des musiciens et des musiciennes ; la leçon de cithare, chère aux peintres du troisième style: des peintres exerçant leur art, des scènes d'auberge et des disputes, des scènes de tragédie et de comédie, des courses de bateaux, des sujets empruntés à l'amphithéâtre, au circjue. à la jialestre; une course de taureaux ("VI, 16. 28 :
l'animal fuit pendant que le toréador, enjambant le cadavre d'un taureau, lui enfonce sa lance dans l'épine dorsale ; un second toréador agite un voile; un amphithéâtre localise la scène ; des scènes de la vie populaire, particulièrement au Forum \'ii- piibl , fig. 18, 19. p. 28. 29 : un boulanger vendant ses pains dans une boutique volante; des scènes de la vie de tous les jours, des femmes à leur toilette, des banquets, des sacrifices privés. Nous ne parlerons pas des sujets obscènes. Les peintures Fig. 77. Cyparissus etsabiche ,p. 121).
représentant des combats sont rares.
Les paysages se rencontrent un peu à toutes les époques, plus spécia-
LES PEINTURES 123
lement pendant la période du troisième style ; des palais, des villas dans une camiiagne accidentée; à l'arrière-plan des montagnes ifig\ 71, p. 1151 ; des édicules, et des arbres étranges, sur des rochers bizarres ; des campagnes minuscules parsemées de petits édifices, de ponts contournés, qui font songer aux capricieuses fantaisies de rExtrême-Orient ; ailleurs, des
l'iiolu Aljuin'i.
Fig. 78. — Achille reconnu par Ulysse à la cour du roi Lycomède (Naples Musée national) (p. 122.).
monuments grandioses, des ports entourés de jetées et de portiques, de grands temples avec leurs majestueuses colonnades. Parfois les scènes mythologiques, par exemple Persée et Andromède, Apollon et Marsyas. la chute d'Icare, n'ont été que les prétextes de beaux paysages. Il est naturel de rencontrer, dans un pays d'art alexandrin, des paysages égyptiens. Il en existe à Pompéi. Citons ceux de la maison d'Apollon (VI. 7, 23), d'un petit pavillon de la rue de Nola [III, 5, 9. d'une petite maison de la quatrième région IV, 9, 33). Aux paysages on peut rattacher des vues de déserts couverts de rochers où les animaux inoffen-
sifs. chevaux, daims, sont poursuivis et déchirés par des fauves Vl. 2,
Les personnages isolés, divinités ou mortels, se rencontrent à jjrotusion, garnissant les centres des grands panneaux. peu]>lanl les architectures du ([uatriéme style.
Fig. 79, — Portrait de Paquius Proculus, boulanger eldccurion, et de sa femme p- nu, IJ4-125)
Les Romains sont à juste titre regardés comme d'excellents portraitistes. Ils l'ont prouvé par les médailles et le marbre autant cjue par la peinture. Leurs portraits sont très réalistes, très vivants et nous les devinons ressemblants. Parmi les plus renianiuables, il faut mentionner ceux de Paquius Proculus, boulanger et décurion et de sa femme I\',2, 6; fi^- 79i P- 1-4;- Celle-ci tient ses tablettes et, dans une attitutle méditative, en rapport avec l'expression de sa physionomie, cherche, le stylet appuj'é aux lèvres, la pensée qu'elle doit écrire ou la forme «luil convient de lui donner. Près d'elle, son mari. Ijrave licjmme si la figure n'est
LES PEINTURES
pas trompeuse, cherche de son côté, le menton appu3'é sur un rouleau de parchemin. Si l'on en juge d'après les physionomies, c'est la femme qui trouvera.
Une charmante tête de femme, aux boucles tombantes, coiffée d'une résille, tient, comme la femme de Paquius Proculus, d'une main les
Fig. 80. — Mars, Vénus et les petits amours ^p. iiU-127).
tablettes, de l'autre le st vlet appuyé aux lèvres. Un beau portrait de femme, avec des boucles d'oreille et un diadème en or, ornait la maison d'Holconius II, 4, 4! Dans une des chambres de la maison de Lucretius Fronto : V, 4, c), deux enfants dont l'un, coiffé du pécase, porte le caducé, attribut de Mercure, sont certainement des portraits, sans doute ceux des fils du maître de la maison. Enfin, si l'on veut bien se convaincre c^ue les portraitistes romains ne flattaient pas toujours leurs modèles, il suffit de contempler un portrait peint dans la maison de Siricus JV, i, 47 . Les traits sont d'une vie, d'une vérité frappantes ; mais les oreilles écartées
et larges comme les anses d'un vase, la tète ronde et comprimée, la bouche trop contournée, ne donnent pas une haute idée de la 1)eauté du modèle ni de son intelligence.
Il existe un peu partout, sur les murs de Pompéi, des petits tableaux carrés représentant des victuailles de tcnites sortes ; tous les produits des eaux, de la terre et de l'air, animés ou iFvaj>imés, y passent. Nous avons là un catalogue figuré complet des choses <|ue mangeaient les Pompéiens. Les Grecs appelaient Xeiiioii choses des étrangers les donrs de comestibles qu'ils faisaient à leurs hôtes ; jiar extension ce nom fut donné aux peintures ([ui représentaient des comestibles (voir un sujet analogue sur une mosa'ique, fig. 68, p.
1 12 ; sur un vase, fig. io6, p. 148). Nous voyons dans les peintures de Pompéi des petits personnages très actifs, mêlés à tous les événements, aptes à tous les métiers; ce sont les petits amours ailés. Ils réconcilient .^lars et Vénus, donnent à Paris le coupable conseil d'abandonner CEnone puis le guident vers Hélène dont le cœur est encore insensible. Ils pansent Adonis blessé, déroulant les bandelettes avec l'habileté tl'un interne, puis, devant leurs efforts inutiles, pleurent en se frottant les j-eux ; ils pleurent aussi près d'Ariane abandonnée et conduisent vers elle Bacchus, le consolateur ; ils dirigent versEnd\'mion les pas de Diane et sont ])réscnts à leurs amours; témoins de la métamorphose de Daphné c^ue jîoursuit Apollon, ils lèvent, éplorés, les bras vers le ciel; ils assistent Léda et le cygne divin, suivent dans les airs le taureau entraînant Europe sur les mers et l'hippocampe qui ])orte Vénus à la surface des flots. Ils cherchent à guérir Narcisse et à éteindre tlans Tonde oii il se mire la lordic de son fatal amour: à cheval sur un dauphin ils présentent à Polyphème la lettre de Galathée, aident Thétis à porter à Achille les armes cju'a forgées Vulcain ; célèbrent le banquet des Vestalia où ils couronnent les ânes ; prennent place dans le cortège nu])tial (riicr( ulc cl d'ilcbé. Ils triomphent de la force, jouant avec les armes de .Mars retenu jirès de \'énus. essaj'ant
Hg.Si. — Amour sur un cliar traîné par des dauphins ,p. 127).
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son casque dans lequel ils entreraient tout entiers (fig. 80, p. 125), enlevant avec de comiques efforts la massue et le carquois d'Hercule déjà vaincu par l'ivresse, chevauchant un lion couronné de fleurs et enrubanné qui fait des grâces ; ils chassent tous les animaux, les plus féroces comme les plus timides, font des courses à pied, dans des chars traînés par quelc[ues-uns de
Fig. 83. — Course d'amours sur des cr.ibes
leurs compagnons ou le plus souvent, par les animaux les plus disparates : chevaux fougueux, griffons, dauphins (fig. 8 1 , p. 1 26; , lions, tigres, cygnes, oies, gazelles (fig. 82, p. 127 — un char est culbuté ; en avant, le vainqueur a mis ses gazelles au pas et porte fièrement sa palme). Les amours courent encore sur des chevaux, des centaures, des tigres, des crabes (fig. 83, p. 127), des langoustes, etc., se livrent des combats, armés en gladiateurs ou en soldats, à pied ou à cheval, terrassent des animaux, jouent à la main chaude, à la corde, à cache-cache.
luttent entre eux, se font des peurs mutuelles : avec \'cnus ou seuls, ils pèchent à la ligne, au filet, au trident, et emportent dans un panier la pèche de la déesse. Ils saisissent en dansant les attributs des dieux ou se les disputent ; tenant l'un le rithon, l'autre la patère, ils imitent le pas cadencé des Lares ; ils osent même jouer avec la foudre de Jupiter, préparent pieusement des sacrifices ou les offrent, amènent dans les laraires le porc, victime agréable aux dieux du foyer, jouent de divers instruments. Ils exercent aussi, avec. une grande gravité, tous les métiers : on les voit cordonniers, vendangeurs, fabricants dhuile et de vin, scieurs de long, foulons, orfèvres, parfumeurs, montreurs d'animaux savants, bateleurs.
l'ig. iS.j. — Les amours vendant du vin p. liS
marchands île vin fig. S4. j). 128 , de couronnes de fleurs et de guirlandes qu'ils tressent. Des jeunes femmes les admirent tout petits dans les nids où ils \iennent de naître ; des marchands et des marchandes les tiennent dans des cages et, les tirant par les ailes, les vendent aux imprudentes qui les achètent ; quelquefois ils se font punir, avant sans doute poussé trop loin leurs impertinences : Vénus, leur mère, les fustige; mis aux fers, ils sont condamn(''s aux travaux des champs : on leur lie les mains derrière le dos ou on leur rogne les ailes pour calmer leur trop grande activité. La maison de la Parete nera I\'. 4, 5g' , une maison voisine du temple d'Apollon IV, vu, 5 . le marché et, avant tout, la maison des \'ettii \'I. 15, 1 ont présenté d'intéressantes peintures où figurent ces petits amours.
En oppositi(jn à ces charmants génies ailés qui égaient les murs de Pompéi et mettent un sourire même dans des scènes tragiques, les pein-
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tures nous offrent souvent des nains hideux, des négrillons grotesques aux difformités hideuses, caricature, contre-partie des petits amours. Ils font les mêmes choses, mais d'une manière toute autre. Armés, ils ferraillent entre eux, mais ils se battent et tombent de façon stupide ; ils livrent à des oiseaux, à des grues surtout, des combats héroï-comiques : ils combattent avec le ceste, peignent des modèles vivants aussi beaux
Fig. 53. — Le sacrifice d'Iphigénie (p. 131-132
qu'eux-mêmes, portent sur l'épaule des fardeaux équilibrés aux deux extrémités d'une longue perche, conduisent des barques où ils dansent lourdement, luttent contre des poissons monstrueux, vendangent une treille, exhaussant leur petite taille l'un sur des échasses, l'autre sur un panier renversé et, dans toutes leurs actions, ils sont ridicules. L'hippopotame et surtout le crocodile sont leurs ennemis personnels et le perpétuel sujet de leurs terreurs ; dès qu'ils les aperçoivent, ils fuient, s'embourbent, grimpent aux arbres, parfois tombent à l'eau et sont croqués. Les acteurs de la caricature du jugement de Salomon sont aussi des grotesques : le roi avec son sceptre, entre ses deux assesseurs, l'assist 9
tance, les soldats avec leurs énormes casques. L'enfant se tortille sur la table tandis que le soldat lève son sabre pour le couper en deux ; la fausse mère saisit déjà le morceau cjui lui reviendra, et, au pied du tribunal, la vraie mère se prosterne, suppliante, devant le roi.
Singulière aussi est la caricature qui re]ir('-scnte le pieux Enée. H fuit tenant par la main son fils Ascagne coiffé du bonnet phrygien ; assis sur son épaule, Anchise porte dans une petite boîte les pénates de Troie et les choses sacrées. Or tous les trois, y compris le vén('rable Anchise. ont des tètes danimau.x.
Telles sont les imaginations auxiiuelles se ])laisait l'esprit ingénieux, gai, moqueur des artistes alexandrins. Leurs œuvres jouissaient dune grande fa\eur à Pompéi et à llerculanum et ce fait exjilique que, dans ces villes devenues romaines, si fidèles aux empereurs, habitées en grande jiartic juir les descendants des colons de .,1^^ In orne, les sujets romains n existent sur les jjein-
B'?.,!» ' ti uires qu'à l'état exceptionnel : l'entrée à Troie
du cheval de bois, telle que la décrit \'irgile, fnée cl /\nchise. Enée et la Sybile. Enée et l'oly])hènu'. Enée et l)id<in. la mort de Didon. l'.née blessé et soigné par son médecin ; mais cnccjre. ces figures ont pu n'être pas inspirées ]iar l'esprit romain mais venir par les Grecs, avec les autres représentati(jns du cycle Troien. L'a\t'nture de 31ars et de Rhéa Silvia flotte entre les traditions antérieures à l'histcjire romaine et les traditions romaines. \'oilà cejjcndant quel- ([ues sujets romains ; le jiremier remonte aux lointaines origines. C'est, sur un tableau savamment interprété par 3L l'insjjecteur délia Corte, la dédicace par Hercule de l'Ara maxima ; deux maisons IV. 7, 10 et \', 4. i.s présentent les deux jumeaux. Romulus et Rémus, allaités par la louve. Pero, nourrissant de son lait son père condamné à mourir de faim dans la prison, se rencontre plusieurs fois, entre autres, dans la maison de Lucretius Eronto avec une jolie épigramme en vers latins V. 4. c. — Voir p. 136 ; l'histoire de Scipion et de Sophonibe ornait
l'ig. 80. — Mcdce iiic(iit.iiu le meurtre de ses enfants
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la maison de Joseph II II, 2, 39'. Il est probable que si Pompéi n'avait pas péri en Tan 7g, les sujets romains, sans l'emporter cependant sur les sujets grecs, seraient devenus peu à peu plus nombreux.
L'art de Pompéi n'était pas Pompéien ; il n'exista ni en peinture ni en sculpture un art jjompéien. C'était un art grec modifié par les influences d'.Vlexandrie ; un art vivant, lég-er, spirituel, mais ce n'était pas un grand art. Certes, la fraîcheur des peintures, le miroitement des couleurs, la variété des tons, les murs ornés de tableaux grands et petits rappelant des sujets propres à flatter l'imagination et à caresser les sens, devaient plaire aux Pompéiens et charmer leurs regards. 31ais si l'on
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Fig. 87. — Psyclic cueillant des ileurs avec ses compagnes (p. 134).
excepte des tableaux du troisième st\-le, dons j'ai parlé plus haut, et quelques autres peintures jjeu nombreuses, l'exécution était hâtive et médiocre. La maison du poète tragique (VI, 8, 5 est une de celles qui ont donné le plus grand nombre de tableaux d'un beau dessin, d'un art grand et majestueux : de son atrium proviennent le mariage de Zeus et d'Héra sur le mont Ida ; l'histoire en deux tableaux d'Achille et de Briseis. Un tableau curieux, parce que. par un de ses détails, il rappelle une œuvre de Timanthes, peintre qui vivait vers l'an 400 avant J.-C, ornait son péristyle : c'est le sacrifice d'Iphigénie fig. 85, p. 12g . Tous les acteurs du drame sont naturellement en proie à la plus profonde douleur : pour donner à Llysse, à Ménélas, à Calchas, à Ajax. des expressions correspondant à leurs sentiments. Thimanthes avait épuisé toutes les tristesses de sa palette. Que faire pour Agamemnon, le père de la victime ? Comment le peindre plus désolé encore que ses compagnons ?
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L"artistc y renonça et le représenta la figure voilée. L'artiste de Pompéi fit comme lui ; là se borne la ressemblance entre les deux œuvres.
On peut aussi mentionner, au Marché, deux belles peintures encore en place : la première entrevue dUly.sse revenant d'Ithaque avec Pénélope: lo surveillée par Argus (Vi'r piibl.. fig. ,^o. p. 4q\ des ])eintures de la
Fig. 88. — Hercule enfant étouffe les serpents ^p. 134'
maison du Cithari.ste 1, 4, 5 , jiarmi lesc[uelles Ureste et I*\ laile à la cour de Thoas.
Dans letablinumde la mai.son de l.ucius Caecilius Jucundus \', i . 26 ; fig- 7O' P- ''41 d'un beau tableau aujourd'hui effacé, reste un détail d'une exquise délicatesse : deux femmes à une fenêtre, peut-être, comme on l'a dit, Ilécubeet sa suivante, surveillant l'arrivée du cadavre d'Hector. Un tableau de Pompéi représente Médée debout, l'instrument du crime ([u'elle médite à la main, agitée de passions contraires, pendant que ses enfants, qu'elle se prépare à immoler, jouent innocemment à côté d'elle. Une célèbre Médée d'Herculanum fig. 86, p. 130 qui, sans doute a fait partie
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d'un groupe semblable, est conservée au musée de Naples. L'artiste, avec une grande maîtrise, a bien rendu, sur ce visage sombre et tourmenté, l'expression des sentiments violents qui s'y reflètent.
Une grande composition, Adonis blessé ('VI, 7, 18 , mérite aussi une mention spéciale. La composition du tableau, quoiqu'un peu théâtrale, est excellente ; les détails gracieux et charmants y abondent.
Fig. 89. — Décoration d'une pièce Ju quatrième style, maison des Vettii (p. iiS, 154-135).
La maison des "Vettii (VI, 15, 1), outre les amours représentés plus haut (fig. 80-84, p. 125-128!, offre de belles peintures de la bonne période du quatrième style, c'est-à-dire antérieures à l'an 63 après J.-C. ; sous la jolie frise des amours, trois petits tableaux attirent peu rattention : ils ne sont pas cependant sans mérite. C'est Agamemnon tuant, dans le temple même de la déesse, la biche de Diane ; Apollon, entonnant sur sa lyre un paéan de victoire après le meurtre du serpent Python ; Oreste et P^'lade en Tauride, devant Iphigénie, à la cour du roi Thoas. L'art de la composition, le puissant relief avec lequel le personnage principal, volontairement mieux traité que les autres, se détache du fond et retient l'attention
du spectateur, dénotent une habileté réelle. Dans la même pièce, trois gracieuses compositions représentent Psyché cueillant des fleurs avec ses compagnes fig. 87, p. 131 .
Dans une autre des nombreuses et belles compositions de cette riche maison. Hercule enfant étouffe les deux serpents qu'a envoyés contre lui la colère de Junon fig. 88, p. 132'.
Fig. 90. — Dédale et Pasiphaé ^p. 135
Rappelons aussi une Dircé liée par les fils d'Anliope au taureau sauvage, œuvre certainement inspirée aux mêmes sources que le taureau Farnèse et une réplique de lllermes d'Ulympie peinte sur mur de la maison dActéon dans la maison de Salluste, \l, 2, 4 .
Xous terminerons cette énumération forcément incomplète en reproduisant une des chambres de la maison des Vettii VI, 15, i d'une rare conservation, et cjui nous montre, avec la décoration de toutes ses murailles, une chambre appartenant à la bonne époque du ciuatriéme style (fig. 89, p. 133).
l.KS PKIXTURES 135
Notre dessin en noir ne peut pas donner une idée de la richesse et de l'harmonie des couleurs.
A droite, en entrant, Bacchus, suivi de son thiase, vient visiter Ariane abandonnée; au fond, \'ulcain, par ordre de Mercure, a fixé Ixion à la roue et Iris annonce à Junon le châtiment de celui qui Ta outragée. Le grand tableau de gauche représente Dédale dans son atelier, livrant à Pasiphaé la génisse en bois qu'elle lui a commandée i'fig-. 90, p. 134I. Ces trois tableaux se détachent au centre de grands panneaux à fond rouge ; les autres panneaux encadrés de guirlandes sur fond blanc, présentent un petit sujet : un satyre et une bacchante enlacés, dansent en faisant voltiger au-dessus de leurs tètes des guirlandes de fleurs. Les bandes qui séparent les panneaux au-dessus de la plintlie. sont ornées, dans la partie supérieure, de motifs d'architecture et, au-dessous, de petits tableaux représentant, sur les parois de droite et de gauche, des combats navals, au fond des xenia 'voir plus haut, p. 126 , plus bas encore, des têtes sur font! bleu. Au-dessus des grands panneaux, sur la partie supérieure de la muraille, des figures isolées peuplent les motifs d'architecture familiers au c^uatrième st\de. Les peintures de la plinthe simulent des plaques de marbres veinés, de formes variées.