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LEUR POLYCHROMIE

PLUSIEURS statues de terre cuite présentent des dimensions inusitées de nos jours ; les principales sont des figures de grandeur nature, ainsi le Junon et le Jupiter provenant du temple dit d’Esculape; leur facture n’est pas d’un art intéressant, mais quelques spécimens de même dimension, relégués au musée de Naples, sont plus curieux. Ce sont deux statues d’éphèbes enveloppés de leur pallium dans une attitude virile et élégante.

Il existe aussi des statues dont il ne reste que la moitié inférieure et dont certaines parties, sinon le tout, ont dû être moulées sur nature (i). Dans le même genre nous voyons un enfant admirablement dessiné et d’une vérité bien sincère avec son petit corps moelleux et vivant; il est regrettable que les bras manquent.

Puis ce vieux personnage assis, dont on ne voit qu’un pied, et tenant un papyrus roulé, la physionomie est grecque et pourrait représenter un philosophe grec;

M. von Rhoden l’appelle l'homme malade (?) (2). D’une toute autre allure sont les deux statues d’acteur et d’actrice (p. 183). Le

(1) Ces moulages ont dû servir d’ex-voto.

(2) H. von Rohden. Die Terracotten von Pomjpeji .

premier est le plus intéressant; le comédien, hardiment campé, présente un peu la silhouette d’une œuvre connue de Rodin. Les plis sont sobres, ils sentent l’esquisse, mais ils n’en sont pas moins indiqués ; le visage masqué laisse percer deux trous noirs dans les yeux, ce qui donne un aspect étrange à la physionomie. Ces statues devaient être polychromes ou durent être faites dans cette intention, plusieurs n’étaient badigeonnés qu’en blanc, car jusqu’ici nous rencontrons peu de figures antiques de terre cuite, qui n’aient gardé quelque trace de couleur.

Les gargouilles du temple dorique grec étaient coloriées ; une tête de lion a été retrouvée peinte en jaune, la crinière est noire, la gueule et l’intérieur des oreilles sont rouges.

Les chéneaux de terre cuite et les antéfixes conservent encore quelques couleurs ; plusieurs avaient même été enduits d’une couche de

Eplièbe vêtu de Xhimation. (Statue en StllC blailC qui Servait à terre cuite du Musée de Naples.)

boucher les ornementations probablement démodées.

Les statuettes, comme celles de Tanagra, supportaient une enluminure, telles Vénus, Minerve, Enée, Anchise et Ascagne, un marchand de fruits ainsi qu’un groupe de la charité grecque ou romaine, réplique d’une peinture de Pompéi ; en terre cuite il y avait aussi les dieux Lares des pauvres gens, des atlantes, des poteries de toutes Philosophe Brcc. (statue en terre cui»

. . , du Musée de Naples.)

les tonnes, des ustensiles communs et des vases

représentant des acteurs ityphalliques, puis une femme portant un bambin emmailloté. Mais on ne saurait oublier tous les jouets et ex-voto : porcs, poules, coqs, pigeons, chiens, chats, panthères, chevaux, dauphins, tritons,

oiseaux, colombes, ours, béliers, etc., animaux exprimés avec esprit, et assez exacts dans leurs lignes caractéristiques. Nous voyons encore des fruits :

pommes, oranges, grenades et pommes de pin, sans compter les innom-

Lampe en terre cuite vernissée à reHels métalliques. (l.ucerna bylichinis. Musée Je Naples.)

leiumon supportant 1

du Musée de Naples.)

brables lampes dont plusieurs de grandes dimensions sont enduites d’1111

vernis à reflets métalliques.

Voici encore un bas-relief en terre cuite dont trois épreuves existent dans

Bas-relief en terre cuite. (Région VI, Insula XV.)

Chéneau-gargouille. (Terre cuite. Musée de Pompéi.)

la même maison et fixées chacune par trois gros clous dans le mur; le sujet

POMPÉI

représente : la Victoire conduisant une « b-iga >•. Ici également les couleurs venaient enluminer la matière; les chevaux sont rouge orange, le char jaune, la Victoire est habillée de vert avec bonnet de même nuance, les mains et le visage sont roses, les tons sont absolument ceux que nous voyons sur les statuettes antiques connues.

Quant aux vases anciens de terre aux formes si pures où l’ornementation n’était que peinte, il n’en existe guère à Pornpéi ; les débris de poteries ne dénotent que quelques vases étrusco-campaniens à vernis noir brillant imitant le bronze ou l’argent, plusieurs sont rouges et vernissés, à gorges, à cannelures et décorés de détails très sobres. L’absence presque complète, à Pompéi, de vases du style de ceux de Nola, ville de la Campanie, est due à la même cause qui nous empêche de découvrir les peintures italiotes des environs immédiats de Pompéi.

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