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LE SUPPLICE DE DIRCÉ

(PEI.NTtR F. DK LA MAISON D K S VFTTII)

Instruments divers en fer. (Musée de Naples Rabot, <;cic, fourche, serpes, binette, etc.

ancienne déjà (en 1 771), de la maison du Chirurgien, fît-elle grand bruit; on

Ancre.

Aviron.

(Musée de Naples.)

Harnachement de bronze.

y trouva quarante objets divers usités en médecine et dont Celse, un des auteurs anciens qui ait écrit sur la médecine, en décrit plusieurs.

Instruments de travail en fer. (Musée de Xaples.

Parmi les instruments recueillis, nous trouvons une ventouse, une sonde vésicale, que le D^ J.-J.. Le Petit a découverte sans connaître 1 original antique; des lancettes, dos foiTcps ou tenailles incisives pour extraire les esquilles, une sonde à injection, des cautères, un clystcr auricu-

Iiislrumenls de chirui-gie. (Musée de Napics.)

'■ ^."'"': ~ ""■ ^"'"''^ vésicale. - 3. Boite de pilules. - ./,. Sonde à injeetion. - ,^. Pince. - G. Caulè.-c. - ;. Yenlousc. 8 Caulere. 9. CiuiUre. — 10. Clvslcr ou canule évacuatiice ù robinet. — 11. Pince-tenaille. — 12. Spéculum

b.valve - ,3. Pmce pour les esquilles. - ,4. Pince perforée. - i5. Spéculum quadrivalve. - 16. Spéculum trivalvo. — 17. Cautère.

luire, des scalpeds, etc. A côte do ces petits objets vieiiuent s'ajouter les spéciiluiiis utérins à deux, trois et quatre valves. C'est dire que les Romains connaissaient les maladies de la femme, nous supposons qu'ils savaient les soigner. Il y avait aussi des pilules qui

Jouet en bronze. Char usuel.

(Musée de Naples.)

Jouet en bronze. Chariot.

(Musée de Naples.)

furent trouvées dans une boîte à compartiments et à tiroirs où étaient renfermées des poudres pharmaceutiques.

! Les médecins

se divisaient en deux catégories ;

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ceux que l'on allait consulter dans leurs ofliciues, les 1^

Chariot : sarracuiii. (Poinlurc.

.Sclllllaril^ et ceux Utière : /ee^icfl. (Terre cuite . . . du Musée de Naples.)

qui visitaient les

malades, pcriodcutvs. Les médecins (fui exercèrent sous les premiers Césars, furent peu estimés ; Pline en dit plus de mal que île Inen. Les médecins devinrent si nombreux et leurs

Barque. (Peinture du Musée île Naples.)

fortunes accumulées vantaient si bien les avantages de la profession, que leur science fut mise en suspicion, leurs soins parurent trop intéressés.

Mais un médecin devait parler grec, au risque de n'être point compris de tous, car s'il ne parlait cette langue, il était sans crédit.

Pline donne même raison à ("atoii d'avoir redouté I usage de la médecine et d'avoir prévu les excès (|n Clic avait engendrés; car les médecins, ajoute-t-il, se sont faits les complices des mœurs dissolues, et tout ce cpii pouvait llattcr les sens était de leur ressort.

Certes, dans une civilisation, où la jouissance fut le principal attrait de l'existence, il semble tout naturel de voir les médecins avoir tant du succès : ils cahuaient les douleurs et prolongeaient la vie.

Des différentes maladies qui affectèrent les anciens, il en est une qui semble paiticulière à la ("aiiq)aiiic ; nous lisons dans Horace (i) qu'un certain Mcssius fut [)laisanté malicieusement par Sarmentus sur le mal cauq)anien {campaninn in viorhum) qui, probablement était celui poétiquement appelé du nom de A énus. A l'appui de cette assertion, nous donnons le texte d'un grajjlto qui parait concluant au docteur Buret. 11 est question d'une femme « très renommée » : « Hic cgoniuicfiit...foiinosamfovmae vticllam laiidatani a Diiilti.s : sed lutiis i/itiis erat. »

(i) Hor. I, V.

LA BOULANGERIE, LES MOULINS, LES FOURS, LES PAINS, LES ESCLAVES, LES FOULONS, INDUSTRIES DIVERSES

OuiTTONS la maison du chirurg-ien pour entrer chez un voisin ; Vltoureiix ,^ Jjoulang-er dont la façade de boutique était ornée de l'emblème phallique (i) accomi)agné des mots : HIC HABITAT FELICITAS. Son pain devait être estimé puisque ses all'aires étaient prospères, on entre chez lui par le pistriuiim où sont encore les moulins et le pétrin ; le four occupe le fond du umgasin et possède un tuyau de maçonnerie pour activer le tirage.

Les moulins placés sur une seule ligne se composent d'un massif circulaii'e fait de moellons, sur lequel s'élève une meule fixe en tuf, de forme conique, que venait coiffer la meule mobile dont la partie supérieure évasée recevait le grain ([ui, converti en farine, retombait sur la base ronde. Pour cela, dans les trous carrés, ménagés à la partie étranglée de la meule, on plaçait une traverse de bois et des hommes, des femmes et quelquefois des ânes étaient attelés à ces moulins pour tourner sans cesse en marchant sur le pourtour dallé du massif circulaire. Les femmes crui se livraient à ces travaux pénibles fréquentaient les esclaves qui versaient une redevance au patron ; leur existence était la plus rude ; travailler comme une bète de somme et pour toute récompense recevoir des coups de bâton, comme le dil Triiiialchiou, à pro})Os d'un esclave. La fuite n'était pas toujours le salut, car ils portaient au l)ras un anneau

(i) Nous devons voir également dans cette enseigne une allusion aux pains d'athlètes cités par Mailial et dont on retrouve encore la forme dans une ville du nord de l'Italie.

de bronze comme celui, trouvé à Pompéi, sur lequel nous lisons ces mots : « Srrvus \(it)i tciic (lula fa<^lo (i). » La mort seule venait les délivrer de leur existence, et i'ant-il voir dans le ij^nij/i/o suivant une allnsion à la triste fin de l'un d'eux : « Pyrrlias C. Ucio coiilegae .saliilcin. iMolatc Jcro (jiiod

4r f W^mèm^-^H:^'^'r -^n

Boulangerie.

aiidivi te mortiiiiin. Iltuiiie Valc. » « Pyrrhus à sou collègue C. Heius salut : J'ai été peiné d'apprendre que tu étais mort; c'est pourquoi porte-toi bien. »

Nous nous rap[)clons que Plante et Térence captifs, tournèrent la

(i\ Tous les esclaves, tlit Apulée [Mctant., liv. 1;, étaient marques d'ime lettre au iront, avaient les cheveux rasés d'un côté et portaient un anneau au pied.

Four et moulin d'une boulangerie.

Une peinture nous représente la vente d'une esclave; une petite fille est offerte à deux personnages assis au Forum ; la fillette porte à la main une pancarte où devaient probablement être inscrits son nom et son âge ainsi que le prix.

Mais revenons à nos mou-

meule ; c'était même la punition ordinaire inlligée aux esclaves, ainsi qu'il est dit dans le Pscii- (lohis :

Sed si non fa.ris, nuniiquid causa est, \m^^- Qiiiii te in j)istrinuni condain? [inlico

« Mais si tu échoues, ne

'' serais-je pas en droit de t'enfer-

mer sur-le-champ au moulin?»

Vente d'esclave. (Peinture du Musée de Naples.)

Four de boulançrerie.

lins et aux fours ; dans ces derniers on retrouva des pains entiers et carbonisés ; plusieurs portent la marque du fabricant et devaient être d'une pâte plus fine, c'étaient probablement les si/iei/ici, ainsi nommés du froment employé [si/igo), tandis que le pain commun était le colyris.

La boulangerie fine existait à Pompéi, nous en avons vu la

preuve dans 1 alliclic électorale émanant des vlUxnuwii et des libarii qui à certains moments faisaient à Pompéi des distriliutions de pain, comme le promettait ce Juliiis i'olybius. Quant à Paquius Proculus (dont nous donnons le portrait ehap. vi), qui était édile et boulanger de son état, le jour de son élection ses fours ne durent pas être assez grands pour remercier les électeurs. Cette munificence est exprimée par une peinture où un

Pains. (Musl'c de Psaplcs.)

boulanger vêtu de blanc, assis à son comptoir de bois, offre des pains à ses concitoyens ; du reste les boulangers de Pompéi devaient être riches, car nous voyons fort peu de maisons particulières posséder \\n j)i.strininn et le

Pâtisseries. (Musée de Psaples.)

pain, comme de nos jours, était l'aliment utile pour tous. Chacun apportait son grain, comme le font encore les glaneuses dans nos campagnes, on le conservait ensuite dans les amphores dont plusieurs furent retrouvées pleines de farine et de blé, et sur lesquelles se lisent ces mots : Siligo grauii (farine de froment), ainsi que c ciccra (farine de pois chiches). Après les boulangers, les foulons, semblent avoir été les plus nombreux. S il faut manger, il faut aussi se vêtir. Nous assistons, avec les divers documents que nous donnons, à certaines scènes des foulons. Les étoffes

sont dans les cuves [corfiiiac) , imprégnées de substances alcalines,

mélang-ées d'eau. Les draps

ainsi détrempés sont piétines pour le nettoyage. Des enfants semblent occupés à ce travail ; ils exécutent ce que l'on appelait la danse des foulons, mouvement à trois temps, le tvipciidinni . Dans la maison des Yettii nous voyons des peintures représentant des génies occupés à ce même travail, puis étendre le drap et le peigner ; ainsi le fait aussi cet adolescent qui a derrière lui un individu porteur d une cage d'osier

Boulanger distribuant des iiaius. (Pciiilmo du ^lusOc de Aaples.) COUrOnuéc d'uu lÙboU l'oi-

seau de Minerve, patronne des foulons. Cet appareil servait à étendre la laine des toges et à

la faire sécher en la blanchissant à l'aide de soufre brûlé que l'on introduisait sous la cloche (i).

En général, \xi\e fniloiiica se compose prin-

Foulous. (Peinture du Musée de Naplcs.)

cipalement de grandes

cuves enduites de ciment, placées à des niveaux différents et si-

(1) IMiiio nous (lit (XXXA", f);) : « L'otofle est cr:il)i)i(l lavée il l'iiitle de la .vrt/c/c (terre de Sardaignc), puis on l'expose i» une fumigation de soufre, ensuite on nettoie il la terre cv/holiée » (craie de Ciinole, une des Cyclades). C'est probablement cette craie que nous retrouvons dans les dolia des fidlonicae.

LA RUE

tuées côte à côte. Des roljinets de bronze venaient remplir les bassins où l'eau passait d'uno cuve à l'autre par un orifice percé dans le bas des parois niito^'ennes.

Ces grandes cuves durent servir au rinçage des laines, tandis que les vasques circulaires en tuf, que nous voyons isolées durent servir au décrassage des tissus.

Un vaste emplacement était réservé au séchage des draps que Fou étendait au soleil, après avoir été ratisses. Des boutiques coutiguës aux officines possédaient des presses et des rayons, sur les lesquels on rangeait les étoffes, attendant l'acquéreur.

Certains établissements de foulons furent assez importants, on y trouva

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