LA SCULPTURE
L'ALKXAM)RIM.SMi: KX CAMPAXII-:
APRÈS lu mort (rAlexiuulro, lo inuiule lioUéiiisé et la Grèce partagée, les iiinueiices locales eurent libre essort; de nouveaux centres artisticjues se créèrent. Ce fut alors que la ville d'Alexandrie, par le jj!;-énie des Ptolémées, dépassa en réputation les autres foyers de civilisation. Cette capitale jeune et puissante s'empara du mouvement liclh'nistiqiic ([\n\)c\ii prendre plus spécialement en Egypte le nom à^tlcrandilnlsnie (nous pourrions même dire alcxandricnisiuc), pour le distinguer de celui des écoles de Pergame, de Ilhodes, de Tralles et de la Grèce propre, qui formèrent aussi de brillants artistes dignes continuateurs du génie grec, auteurs de nombreux chefs-d'œuvre.
Continuons j)ar rappeler que sous l'influence d'idées philosophi(jues déjà anciennes, le (irec devenu plus homme, lui cpii s'était élevé si près des dieux, tend à se cosmopoliser, sa rudesse s'émousse, la délicatesse a tiffiné sa nature : les statues nues deviennent plus nombreuses, un réalisme idéal au charme toujours jeune inspire les artistes.
Si quelquefois des épisodes terribles sont rejiroduits, ils ne servent que de prétexte à de jolies compositions amoureusement conçues où de jeunes corps décrivent le galbe le plus gracieux; l'art coquet, gentil même, fut la conséquence de cette orientation, c[ui à Ponqiéi devint (juelque peu douceâtre dans les derniers temps.
Sans nous arrêter aux écoles orientales ou attiques de l'hellénisme dont les représentations plastiques à Pompéi sont moins nombreuses, il est
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utile (le fairo roinarqiior que l'art iiuligènc égyptien a dû avoir quelque part dans 1(^ uiouvenient alexandrin et f[u'il dut y apporter cet esprit réaliste sincère (|ui l'a toujours caractérisé, « curieux ([u'il était de la vie et attentif à en rendre les aspects, » dit M. Collignon. Ces qualités, jointes à celles c[uc liysippe possédait, furent trop de même essence j)()ur nv pas se confondre; aussi ce statuaire, arrivé au moment opportun, passe à juste titre pour être le fondateur de l'alexandrinisme (i). Un nouveau canon fut adopté, les tètes devinrent plus petites et les figures plus élégantes et élancées ; les cheveux et les détails furent plus soignés. I^a nouvelle école présentait cette particidarité d'accentuer dans un personnage le caractère qui le distinguait, faisant en cela preuve d'observation ; rendant l'expression robuste d'un Hercule en exagérant sa musculature, ou en traduisant avec plus de joliesse une jeune fille pour en faire ressortir la grâce juvénile. Aussi Lysippe, dit Pline, enseignait que le seul modèle à étudier était la imture et non les œuvres des anciens.
L'art hellénistique fut donc une évolution où un élément supérieur termina de transformer un état de choses.
Pompéi, ville grecque, dutsubir doncindirectementles conséquences des événements qui s'accomplirent et l'alexandrinisme s'y acclimata facilement. Les influences d'Alexandrie y sont trop visibles, à chaque instiant nous rencontrons les vestiges de cet art charmant; il est même curieux de constater que dans les quelques parties fouillées d'Herculanum, on a trouvé au moins six bustes des Ptolémées. Cette vénération pour les monarques d'Egypte trahit une fois de plus les goûts réellement alexandrins des villes de la Campanie.
On reproche beaucoup à Pompéi d'avoir eu un art moins pur que Herculanum ; certes on ne peut nier que peut-être Pompéi, un peu frivole comme toute ville de plaisirs, dut être moins bien favorisée que sa voisine où les influences grecques se conservèrent plus vives, comme à Naples.
Malgré cela, Pompéi voisine à trois heures de marche, située sur le
(i) Lysippe suivit Alexandre clans ses campagnes etdiitùtre intlucncé par l'art particulier qu'il rencontra en Asie.
môme golfe, possède les mêmes peintures, les mêmes sujets, de la même facture et les mêmes objets de bronze (i).
Mais si à Pompéi on retrouve moins d'œuvrcs de premier ordre qu'à Herculanum, il faut en trouver surtout la cause dans les conditions différentes de destruction des deux villes, qui eut cependant lieu le même jour.
Herculanum, malgré les traces visibles, paraît-il, des efforts que firent les anciens pour fouiller leurs demeures ensevelies, ne purent y parvenir, les boues brûlantes qui avaient tout envahi se solidifièrent en se refroidissant et les couches éruptives furent bien supérieures en épaisseur à celles de Pompéi, de sorte que Herculanum ne put être pillée par les anciens. Nous avons vu (ch. i) comment, grâce aux lapilli qui ne formèrent pas bloc et fort légers, Pompéi fut fouillée par ses habitants ; il est donc naturel de penser que ce ne sont pas les œuvres médiocres qui furent emportées. La ville fut donc laissée par les Pompéiens comme ne valant plus la peine d'être exploitée.
Parmi les sculptures de Pompéi, on voit surtout représentées des copies d'œuvres hellénistiques qui elles-mêmes ne furent souvent que la reproduction d'œuvres grecques mises au goût du jour. La peinture sous ce rapport prit beaucoup à la sculpture, mais la statuaire s'inspira aussi de la peinture dans la composition des groupes. Comme pour la peinture, chacun voulut avoir une œuvre de maître, les nombreux sculpteurs firent des pastiches. 11 y eut même à Pompéi des amateurs peu éclairés qui voulurent paraître avoir du goût; ils s'entourèrent de statuettes que le marchand dut leur faire passer pour des originaux et ce Lucretius que nous connaissons, possesseur d'un jardinet meublé de petits marbres, fut du nombre de ces naïfs prétentieux dont la race n'est pas éteinte.'
(i) Les bronzes dllerculanum sont verdàtres et ceux de Pompéi ont des tons bleus, cela est dû à la diflerence d'ensevelissement.
REPRODUCTION IVŒUVRES DES .MAITRES GRECS LE DORYPHORE DE POLYCLÈTE. — LE BACCIIUS DE PRAXITÈLE LAPOLLOX LYCIEN. — L'HERCULE ET LA BICHE DE LYSIPPE LES ŒUVRES ARCHAISAXTES. — LA POLYCHROMIE DES MARBRES
IL est à remarquer qu'à Ponipéi, les stiitiies qui ont une véritable valeur sont plutôt en bronze et proviennent des maisons anciennes de Pompéi. Ainsi le Faune dansant a été trouvé dans la maison de Cassius, dite du Faune, c[ui date de l'époque samnite ; V Hercule et la birlic appartenait à la maison de Salluste, qui est de même style ; la maison de Pansa avait le groupe de Bacc/tus et ^inpelu.s\ et dans la demeure de Popidius fut trouvé V Apollon arehaisaut de grandeur nature.
A Ponipéi, ce qui est d'un grand intérêt, les principales périodes de l'art plastique sont représentées, en commençant par Polyclète (deuxième moitié du v'' siècle av. J.-C.) avec le Dorypliore ; copie en marbre qui décorait la palestre de Pompéi. A ce sujet, écoutons jM. Guillaume : « L'ensemble donne l'idée d'une force redoutable, mais on sent que cette force est réglée par la discipline et par l'exercice. Elle est sans ostentation, elle se laisse voir, elle s'oublie, et la jeunese qui la tempère s'y montre par une sorte d'abandon à la nature. Cependant, ces puissants dehors n'ont pas seulement le caractère de la vigueur physique, ils font paraître une noblesse, une décence, une sûreté de soi ; en un mot, une pensée digne d'un homme libre (i). »
(i) Dictionnaire de V Académie des Beaux-Arts et Sculpture Grecque de M. Colllgnon, t. II.
Cette statue fut le canon grec, la règle ; c'est un système de mesure dit M. Guillaiiiue, « (|ui doit être tel que l'on puisse conclure des dimensions de l'une des parties à celles du tout et des dimensions du tout à celles de la moindre de ces parties». Cette formule, où rien n'était livié à l'imprévu, fut chez Polyclète le résultat de ses recherches établies mathématiquement ; mais ce principe, bon pour celui qui l'avait conçu, risquait fort d'imposer une convention dont, seid, le grand talent pouvait tirer
parti. Les statues de
Polyclète sont surtout
caractérisées par un
grand sentiment de la
force noble et par la
grâce un peu lourde
des figures de femmes qui manquent de
charme.
Le charme qui Lc Dorvpliore de Polyclète. (Statue • 1 ' l* • ,• en marbre du Musée de Naples.)
idéalise, qui captive, ^ '
nous le voyons donné au plus haut degré par Praxitèle, qui avec Phidias s'unissent bien pour caractériser le génie grec. N'estce pas, écrit ^L Collignon, Praxitèle « qui a révélé à la plastique grecque tout ce qu'une attitude habilement combinée peut donner à la ^" figure humaine de morbidesse et d'élégance ». Dans cet esprit le Bacchus, dit M. ^hirtha (i), trouvé dans une blanchisserie, est une œuvre
Bacchus. (Statuette eu bronze du Musée de Naples.)
grecque d'un très beau style.
(i) Rayet. Monuments de VAi-t.
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« La délicatesse des formes et 11 ne; certaine fleur d'adolescence avec je ne sais ([iioi de féminin ; Tabandon gracieux de l'attitude, l'opposition de l'épaule et de la iianclic, la sinuosité continue des lignes, depuis la tète jusqu";iux pieds, le jeu libre et varié des hras, enfin la dis[)osition des jambes où se marque moins l'aplomb de l'immobilité que ré(piilil)r(' d'une allure momentanément suspendue, tout trahit d'emblée l'école de Praxitèle, sinon la main du maître. » Cette statuette, trop connue sous le nom de Narcisse, avait les yeux d'argent, selon la coutume grecque, et serait, dit encore M. Martha, l'image
réduite d'un des Dionysos ou des Satyres de Praxitèle. Quant aux raisons déterminantes invoquées en faveur de Bacchus, les archéolo-
gues font remarquer que les
Vf^Miîllili
jaies de lierre qui ApoiiuiiLycicinstaïuconiji-onzc-
du MusOc de Xaplcs.)
couronnent la tète et la
peau de faon ne sont pas les attributs de >.arcisse, mais de Dionysos ; puis le pied levé ne pose pas sur le sol, il semble imli([uer une mesure dit M. Collignon, et l'index de la main droite mar(|ue le commandement à queh^ue animal, à la panthère compagne de Bacchus, symbole de l'ardeur du dieu.
A l'école de Praxitèle, nous pouvons rattacher W^poUoii au rrjH).y, statue de marbre^ poli et brillant; il est assurément la reproduction de V Apollon Lyvicit auquel était consacré le gymnase d'Athènes et que Lucien décrit dans Aiiacharsis. (Ce mouvement du
Kaiine dansant. (Staliiollc eu l>ronzc du Musée de Naples.)
reste est très souvent reproduit par les statues antiques.) Puis noiis voyons
le petit groupe de Bacclius et Ainpeins ^ d'une école mixte qui a bien quelque chose de praxitélien dans la figure d'Ampelus ; les yeux sont d'arg-ent ainsi que les incrustations de la base.
JNous pouvons ensuite admirer cette tète juvénile trouvée à Pompéi ( I ) où le mystérieux
Tôle en bronze. (Musée de Xaples.)
s'allie à la beauté dans la plus étrange des
physionomies ; l'air hagard, dit M. JMartha, de
cette tête penchée en avant, immobile dans une
sorte de stupeur égarée, la bouche entr'ouverte
et l'œil fixe, le regard perdu, comme noyé dans
une contemplation vague. La tète était ceinte ^^
d'une couronne d'or et la chevelure est traitée
à la façon des grands maîtres helléniques. siUne ivre (Statuetie en bronze
' " 'du Musée de tapies.)
Jusqu'ici rien n'est venu expliquer le chefd'œuvre grec. Cette tête idéale, sans chercher à la rapprocher des œuvres
(i) Elle ne provient pas d'IIerculanum comme nous le lisons dans Rayet.
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de Praxitèle, admirons-la, goûtons-en l'élégance et la facture savante ; elle est de grand art.
Quant au Faune de bronze qui respire la vie, au mouvement si parfaitement équilibré dans la nervosité de la danse bachique, au modelé moelleux et ferme des chairs, tout eu fait un petit être animé d'une grande
Animaux en bronze. (AInséo de X:iples.)
souplesse. Aussi de même esprit (d'influence asiatique certainement) ce
Silène de bronze qui, campé sur ses deux jambes, cherche l'équilibre que le vin lui fait perdre; il déploie, pour supporter son fardeau une force dont on voit l'effet surtout dans la nuiiu droite qui sert de contrepoids. Ce bronze rappelle les Pappo-Silèiies poilus des peintures de Pompéi où est représenté lîacchus hermaphrodite. Puis ce Satyre à l'outre n'offre-t-il pas une figure hardie, mouvementée et très vraie, traitée avec la liberté d'une maquette?
Iv'art alexandrin des débuts est représenté à Pompéi par un groupe de bronze qui se trouve au musée de Palerme : V Hercule à la BieJie, si connu dans l'antiquité. Le groupe de Pompéi ne peut être que la copie fidèle de l'œuvre de Lysippe que décrit si exactement une épigramnie de l'Anthologie.
Cette œuvre est d'une facture particulière ; les cheveux d'Hercule sont ciselés avec virtuosité, le poil même de l'animal est indiqué au burin sur
Le Satyre h l'outre. (Statuette en bronze du Musée do Naples.)
tout le corps et sur le devant du poitrail par une petite étoile; le dessin est /^^^^,^ d'une g-rande correction, tout y est
traité avec un soin méticuleux selon le goût de Lysippe, qui, disait Pline, poussait la finesse du détail jusque dans les moindres parties de son œuvre. Ainsi dans ce genre, nous avons le groupe des deux chiens et du sanglier.
Une grande statue de Ijronze,
Hercule et la biche. (Statue en bronze rlu Musée de Palcrme.)
X Apollon Sagittaire , provenant du temple de ce dieu, par ses élégantes proportions suit aussi le canon de Lysippe, mais cette œuvre est un peu froide, elle rappelle peut-être une œuvre plus ancienne et aurait été exécutée par un sculpteur grec d'Italie au premier siècle avant Jésus-Christ.
A cette époque surgit un artiste grec, Pasitelès (88 av. .T.-C), né dtins l'Italie méridionale et dont nous avons déjà parlé. Il réagit contre les tendances naturalistes en retournant à la période archaïque attique et donnant à ses œuvres « un caractère mixte et
B.icchus et Anipelus. (Statuettes en bronze du Musée de ^'aplos.)
une harmonie douteuse », dit M. Collignon. Aucune œuvre de Pasitelès
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n'est parvenue jiis([u à nous, mais il existe ;i l'onipéi des statues exécutées selon sa manière. \^ .1 potion C'itluircdc L'W est un exemple; la elievelure enroulée aulour (luii eerele (pii enserre la lète, s'échappe en torsades bouclées, sa pliysiononiie aux ij;rauds yeux d'argeut sendde éniginaticpie comme doit l'être tout vrai A[)olIon, dieu propliéticpie, le phvtinm existe ejicore dans sa main droite, nmis la lyre a dis[)aru. Ce goût d'archaïsme momentané fut celui des dilcHanli romains, que la sincérité alexandrine avait blasés;
ils y trouvèrent peut-être un peu de cette saveur égarée d'Egypte dont plusieurs fi'S.m/a^) /ft? f-^^^?^ sculpteurs de Jlome durent
s'inspirer. D'ailleurs, les œuvres de l'école attique archaï- (pie, par certains côtés, se ra[)procheraient de celles de l'Egypte ancienne.
I;es archdi.sd nts du premier siècle avant. lésns-Christ n'imitèrent i)as servilement les œuvres antérieures,
car, t'ait remar([uer Al. Collignon, l'Apollon Citharède nu est inconnu à l'art archaï({ue, mais ils voulurent donner un attrait particulier à leurs œuvres par une distinction maniérée. Ainsi voyons-nous la charmante Diane de marbre, aux cheveux dorés et dont les vêtements étaio*it coloriés par place, comme l'est son aînée, cette statue mutilée d'ancien style attique, du musée de l'Acropole à Athènes (i); nuiis celle de Pompéi a un
Apollon archaïsant. (Statue en bronze du Musée de Naplcs.)
Diane archaïsanlc. (Statue en marbre jiol\ rlirome du Musée do >'aplcs.)
(i) Voy. Collignon. La polyclu-oinie dans la sculpture grecque.
mouvement que ne possèdent pas les statues archaïques véritables, elle marche sur la clemi-pointe (i), preuve entre toutes que l'Artémis de
Pompéi n'est qu'une œuvre archaïsante libre (a). Une autre jolie statue provenant d'un laraire présente, dans ses accessoires, des signes d'arcliaïsme ; la statue })ar elle-même n'a [)as ce caractère, mais elle est ap})uyée sur une petite figurine archaïsante. Vénus est belle, elle tient la pomme et de la main droite semble inviter à adorer sa beauté nue jusqu'à mi-corps. Les jambes sont couvertes d'un manteau orangé avec doublure gris-bleu ; les cheveux sont blond chaud et les sourcils ainsi que les yeux sont noirs ; elle a les oreilles percées. La ligure archaïsante, vêtue d'un chiton vert et jaune, est coiffée du niodius.
11 est à remarquer qu'à Pompéi, la polychromie des statues de marbre est discrète ; elle s'inspire de la coloration partielle des .œuvres archaïques. Les vêtements ou seulement certains détails d'ornementation des draperies sont coloriées, les chairs siatue de Venus eu marbre poiy- g'^^^^lcnt Icur souplcssc et Icur transpareucc ; le chrome. (Musée de Aapies.) marbre rcstc pur, il u'cst (pic patiné à la cire, opération qui, tout en préservant l'épiderme de la statue, donnait aux chairs ce lustre chaud des mates cariuitions. Seuls les yeux, les sourcils, les lèvres étaient soulignés d'un maquillage qui achevait de donner l'illusion de la réalité à la divinité en possession de tous ses charmes-, de toute sa puissance.
(i) Enlnuiiuicl. La danse grecque antique.
(i^) Wiiickclman, (jui a vu celte statue lors de sa découverte, douiic le drlail des couleurs ijui se sont atténuées : chevelure dorée, large bandeau orné de rosettes dorées; tuiii([ue avec rose, l^eplum à bordure composée d'un mince fdet de couleur rouge pourpre où étaient peintes des palmettes blanches figurant des broderies. Les courroies de la chaussure et celle qui retient le carquois sont peintes en rose et en pourpre ; la bretelle du carquois a des points blancs qui imitent des clous d'argent.
LES PUTII. — LES MEUBLES DE MAllBRE. - BUSTES DE POMPEIENS ET POMPÉIENNES. — STATUES OFFICIELLES
CERTAINES sculptures nous amènent à lart ainuible ; aux charmants enfants de bronze, de marbre ou de terre cuite. Ces ptitti, dont le type est bien alexandrin, sont comme les Amours peints que nous connaissons, et quoi(iue envahissants, sont utiles à quelque chose; ils ont un office, ils supportent des lampes, ornent les fontaines, servent de jets d'eau.
Plusieurs ont des dauphins dans les bras et rappellent l'épigramme suivante : « Cet amour est nu : aussi vovez comme il sourit, comme il est doux, c'est qu'il n'a ni son arc, ni ses traits l^rûlants. Ce n'est pas non plus sans raison qu'il a mis dans ses mains un dauphin et une lleur ; dans l'une il tient la terre, et la mer dans l'autre. »
Les jardins et les viridaria de Pompéi étaient très meublés de ces statuettes qu'accompagnaient souvent des Bacchus, des Silènes, des Satyres et des pêcheurs. Les vasques de marbre, le cartibulum de Vatriu/ii, furent aussi de véritables œuvres
Lampadaire eu bronze. (Musée ilo Xaples.
^;)7Ji57rr;rp=îîîr7iiTrr»77ïï7Trn^^
d'art, comme nous le voyons chez Cornclins llufus, ainsi ([iTunc table à trois pieds placée dans n ne petite maison de Pompéi.Les tables appliquées contre le mur étaient faites des plus l)eaux marbres veinés et étaient
Table de lu
soutenus par des hermès aux tètes de Silène, de
Bacchus ou de femnu?.
Semblables à ceux conservés au petit nuisée de P()in|)èi (pii s'enrichit tous les jours.
La plus ^-rande va- Amour. (Bronze du MusOc de •
rv'aplcs.)
riété, du reste, règne
dans le choix des motifs cpii sont d'une ingéniosité rcmar([ua])le. Toujours le sujet est bien choisi pour la matière employée et bien fait pour l'usage aiapud il est destiné; qualités très simples, certaiiienient, mais pas si communes de nos jours, croyons-nous. Januùs dans les œuvres sculptées dePonq)éi on ne trouve d'extravagances, elles sont sobres, pondérées, équilibrées ; on suit l'iniluence supérieure qui guide les artistes, aucun effort visible n'est livré, l'art coule de source, c'est du pur hellénisme.
Bub-le do l'iiininMeMiie. (.Marljre du Miis('e de Xaplcs.)
LES ARTS
Un grand nombre de ces œuvres lurent cerlaiiienient exécutées eu
ricils (In ciiiitliidiini ilr Coi-iK'lius Uiiliis.
Campanie par des artistes grecs acclimatés, ils durent être aussi les ^=^ auteurs de ces bustes charmants qui a[)por-
ÎJ\\ tent encore ici cette impression si attachante
#^^ V^ ([n'inspirent les Pompéiennes ensevelies; l'une
a \\\\ cacliet arcnaisant (pu ne manque [)as de
saveur
Putto. Porlc-llambeaii. (Bronze du Musée de Najiles.)
Bustes de Pompi'Ionnes. (Marbres du Musée de Naples.)
De môme voyons-nous les portraits de quelques riches propriétaires
de Pompéi : Jucunchis, Norbanus Sorex, Cornélius Riifus. Puis ce sont ces
prêtresses publiconnue est Euniafoulonsde Pompéi.
est d'une beauté où la noblesse s'unisfond sentiment re- Une autre prèdans un marbre présenterait T.ivie,
cpies dont la plus chia, patronne des Son visage sévère la mélancolie et sent à un proligieux (i).
tresse , sculptée blanc très pur, rep^ prêtresse d ' Au -
Livic, pritresse d'Auguste. (Statue en marbre du Musée de Naples.)
guste. Malgré la tenue officielle des prêtresses, cette statue au maintien élégant même „•,,,,, , cocruetavecles cheveux bien bou-
l'ieii de table iii marbre. 1
(Mouopndium. Musée de ^lés cst d'uue trop grande gentil-
Porapéi.)
lesse pour inspirer le respect ; c'est la belle femme pourvue d'une fonction, heureuse de se faire admirer.
Pied de table eu marbre.
[Monopodium. Musée de Pompéi.)
(i) Voir Si» statue, p. ii8; le biislc de Jucumlus, p. 0.44, celui de Norbanus Sorex, p. 94.
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Nous voyons aussi k Pompéi, la statue de Holconius Ilufus, dont le nom est si répandu sur les monuments de la ville, il est représenté avec le costume impérial ; la tète avait été rapportée et il est probable qu'elle fut placée sur le corps d'un empereur romain comme cela se pratiquait à l'époque des Césars ; la statue, officielle était toujours la même, il n'y avait que la tète que
Buste en marbre de Cornélius Rufus.
Holconius Rufus.
(Statue en marbre du Musée de Naples).
l'on changeait. Cette statue était partiellement polychrome et fut trouvée brisée à côté de son socle, sur lequel (voir p. 23o) nous lisons : « A .Ahircus Holconius Rufus, fds de Marcus,
duumvir, magistrat pour la cinquième fois, quinquennal, tribun militaire, élu par le peuple, prêtre d'Auguste, chef de la Colonie. »