LES BIJOUX. — LES VERRERIES
L'art avait pénétré partout, les yeux ne pouvaient se passer du cliarme qu'il procure et au luxe des arg-enteries et des bronzes ciselés, vanité des hommes, les femmes venaient ajouter celui des parures cpii fut leur apanage ; elles ne se trouvèrent jamais assez chargées de ces colifichets au tintement argentin qui ne furent en somme que la sonnaille de l'esclavage, le tribut payé à la superstition.
Les bijoux en or dont nous donnons les dessins furent trouvés sur les cadavres des jeunes femmes de la maison de Hiomède ; leur finesse de détails et la minutie d'exécution n'ont .^-o
pas été surpassés de nos jours ; leur
aspect étrusco-grec n'est que le garant "^ de leur ancienne origine, car les Etrus-
queS furent renommés par leur habileté Boucle en or. Irouvoe sur un des squololles
1 1 1 p ■ n '•! do la villa (le Diomède. (Musée de Xaples.)
dans 1 art de 1 orfèvrerie fine qu ils
tenaient de l'Orient et de la (Irèce et dont les hommes comme les femmes firent un grand usage. Il est à remarquer que les bijoux de style grec ne comportent pas toujours de pierres précieuses, « les artistes grecs paraissaient attribuer une plus grande supériorité au mérite du travail qu'à la valeur de la matière employée (i) »•
iMais à Pompéi les pierres précieuses furent très recherchées, le musée de Naples en conserve assez d'exemplaires magnifiquement gravés. Il est des camées si finement travaillés en haut-relief que l'on ne saurait trop
i) Arcliéologie grccfjiie de M. Collijrnon.
admirer Fliabileté excessive des artistes, ainsi exercée sur des surfaces si
Verreries. (Musée de jN'aiiles.)
exigucs (le cornuliiie, (ramélliyste, d'énieraude, de topaze, de cristal de roche, d'onyx, de jaspe, d'agate et de g-renat. La pâte do verre fut aussi d'un usage très répandu et les femmes peu fortunées ou trompées par les marchands se paraient de ces si/nili très bien exécutés ; des l)Oules do toute couleur se retrouvent chaque jour à Pompéi et plu- „„7». ■-,.,»
sieurs perles de verre incolore étaient i: MfV I ,1 W
recouvertes d'une mince couche d'argent. F. WÈ 1 ' !?
Le verre, du reste, à Pompéi était X W r
Bijoux eu or, trouvés sur les sqiieleUes de la villa de Diomède. (Musée de Naples.)
i^ -'d%S? d'un emploi journalier ; à })art V '' V '^\' '^^^ vitres tle certaines maisons
encore en place ou conservées / au musée de Pompéi, le musée de Naples possède la plus belle collection de verreries antiques provenant do la ville : vases, pots, entonnoirs, petites amphores, coupes, plats, bocaux, carafes, verres à boire de toutes dimensions et de formes différentes. Plusieurs verres sont ornés dans la pâte même par l'appli-
Verres de t;ible. (iMusée de Xaples.)
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cation de cabochons et do petites graines sur la surface encore en fusion.
"■■iii'jur.jii!li^.
Verreries. (Musée de Naplcs.)
De beaux types de ce genre, Ijlancs ou fumés, semblent provenir de Bohème ou de Venise. Les verres moulés fabri([ués à Tyr offrent aussi leurs g-obelets historiés et la verrerie phénicienne de Sidon envoyait à Pompéi outre les pâtes translucides et nuancées, des a la hast ra et des petites amphores aux ct)uleurs striées.Qui ne connaît la belle amphore en céramique trouvée à la voie des tond)eanx, de même style (|ue le Fasc Poiilaiid du jjristish Muséum ? Faite de pâte de verre bleu et blanc, sur la panse sont représentés des Amours vendangeurs entourés de pampres décoratifs qui s'échappent de deux masques. Ce vase, d'une grande pureté de couleur, est d'une extrême délicatesse de travail, la couche bleue du fond fait valoir admirablement les détails clairs en relief qui s'estompent jusqu'au blanc pur, selon leur épaisseur.
Que cette petite amphore bleu azur termine cette étude ; puisse-t-elle exhaler encore de ce parfum antique !
Alabastrum en verre phénicien. (Musée de Naples.)
Vase en verre bleu et blanc.
(Musée de Naples.)
Impression. — Dans cette ville complaisante, prodigue de ses trésors, de quelque côté que nos regards se tournent ou que notre esprit s'éveille, il s'en dégage un seul et même sentiment, l'amour du beau. Si l'art des dernières époques, influencé par la civilisation des Romains, a quelques défauts, il est encore compensé par d'essentielles qualités. L'art à Pompéi était inséparable de la vie qu'il embellissait, apportant cette note idéale aux objets les plus vulgaires, parant l'existence de cette amoureuse élégance émanée du rêve,
La Grèce avait si bien envahi les âmes méditerranéennes, soufïle puissant de son génie, qu'inconsciemment les peuples de l'Italie méridionale grecque, imbus des mêmes idées, abreuvés à la même source, conservèrent le patrimoine artistique des ancêtres qui, malgré une évidente dissipation, sait encore charmer notre esprit.
Tout ce qui est élégant, aimable et beau est à Pompéi ou grec ou hellénistique d'influence ; le goût de l'empire romain qui se fît sentir dans la dernière époque allait détruire sans profit la dernière page du livre : le volcan est venu mettre un terme à cette décadence.
Malgré tout, on ne peut qu'être saisi d'admiration ; une cité obscure renfermer tant de beautés ! Quelle ville semblable, de nos jours, peut lui être comparée ?
Alors est-il d'une douceur extrême de voir briller en cet écrin poudreux la dernière lueur de l'art hellénique !
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