‹ Pompeia decrite et dessineeChapitre 29 sur 61 · I.KS DKÜX FIMILM · texte numérisé non relu

I.KS DKÜX FIMILM

(;nti(‘rciiU!iil leur avis, un de ces porli(|ties consacriis h la promenade, un de ces Pæciles qui existaient dans toutes les villes greerpies, et dont les murailles étaient ornées de peintures représentant généralement les faits les plus glorieux do l'iiistoirc de la ville. Ajoutons rpie le l’œcile de l’ompéi devait être i)arfaitement approprié à sa destination, étant exposé à l’Orient, et mettant ainsi les promeneurs h l'abri du soleil ardent du midi pendant l’été, et du vent glacial du nord [Rrndant l’iiiver.

MeseaKS lU bmqi i:s. Kn (piittant le Pœcilc, on trouve une porte donnant accès aux salles situées derrière le sanctuaire du temple de Vénus (page 51)), nu des escaliers qui conduisaient aux portitpies suiM’rieurs du l-'orum , et une petite salle tient la destination est inconnue; puis, suivant le mur t|ui sépare ce temple du l'oruni, un arrive à une niche carrée ( l’i,. :i) pratiquét; dans l’épaisseur de ce mur. Là fut trouvé, un dos plus curieux monuments qui soient sortis des fouilles de PomiH'i; c’est une pierre de tuf ' d’environ de longueur sur 0,75

de largeur, reposant sur deux jambages de ()'‘’,ft() de. hauteur; sur la tranche elle porte celte inscription :

A. Cl.onivs. A. F. FI.ACCVS NARCAEVS S. F. AREI.UAS. CALIDVS D. V. I D. MF.NSVUAS. EXAF.QVANDAS EX DEC. DECR.

« Auhis Clodius Fbccus, fils d’Aulus, N:irræuâ AroUiamis Calidus, ôb dp Nnre^tts, duumvir» phargts de rcudre la jusUois oot pris soin de Jauger les mesures d apr«^ un décret des Déemions. »

On voit par cette inscription que l’inspection des mesures, (pii à Rome était comprise dans les attributions des fidile.s, était cmnflée à Pompéi aux duumvirs de justice. La .surface de la pierre présente ciii([ cavités circulaires assez semblables à celles de nos fourneaux potagers ; elles sont rangées sur une seule ligne par ordre de capacité, depuis la plus |M“lile à gauche, largo à son (nnbouchiire de 0’",191, et profonde de 0“,I85, jus(ju’à la plus grande à droite, dont le diamOdre l'st de 0"',51S, et la hauteur do 0,.‘i5. Ces cavités .sont un peu renflée.s au centre; le fond arrondi est percé d’une ouverture circulaire qui pour les mesures destinées aux solidis se fermait avec une coulisse de bronze, et pour celles réservées aux liquides avec un bouchon; ces ouvertures permeltaient de vider facilement les mesure.s. Deux mesures plus petitiîs, l’une de 0”,0t)5,

* V. b Ipltrf en tétf du chapitre.

l’O.M l’KI.V.

ruiilrf fl(! 0"',10() (le diamètre creusées aux deux nnplès de la pierre reiidaiOnt les licpiides par des robinets pluc(''S aux extivmité's de ririscri))tion. Quekpms fraKments de bronze scellés au plomb indiquent que les niesures étaient fernnV's par des couvercles de métal. Le nom i>articidier de chacune d’elles était inscrit autour de remboiiehure , mais les caractères paraissent avoir été effacés h dessein, l ne .seconde pierre du même Renri; reposant également sur deux jambages est ])lac(ie à (l"',55 au-de.ssus de la première; elle n’est percée (|ue de deux cavités de O", 25 de diamètre. Ces pierres si curieuses ayant été portées nu mus<je de Naples; on les a remplacées à Poni|)éi par la copie grossière et inexacte de l’une d’elles.

Outre ces étalons (k mesures, on avait encore découviTt au Porum, dans l’une dos boutiques de la façade du temple d’Auguste, deux )Mîtit('s tables posthjs de mémo l'une sur l’autre, et contenant aussi des mesures.

.Suivant lu muraille du temple de Vénus, et traversant la rue de. la Mu fine, on trouve à l’angle S.-0. du Forum un des principaux monuments qui le décoraient, lu

Bvsii.iQUi ( l’i.. N). TitcvLive nous apprend que la Basilique, dont l’origine (^st purement greîxpie, ainsi que .sou nom mému l’indique, ne fut connue des Romains qu’iqvrès la première guerre de Macédoine, c’est-à-dire environ 2Ü0 ans avant J. -G. Dans le principe, la Basilique { BscîAOî , roi; olxo;, maison) dépendait de l’Iwbitalion des .rois, et c’est sans doute parce cpie, dans ces temps reculés , les princes y rendaient eux-mèmes les jugements, (pie. )>lus tard, lorsrpi’un édifice spécial fut con.svcré à rudministration de la justice, cet (Wifice conserva le nom de ba.silique. La dénomination de cour roÿo/r appliqtu'e chez les modernes à certains tribunaux pourrait bien oVoir une origine semblable. Cette portion de lu demt'iire royale consistait, selon Vitruve, en de grandes salles sotnptueusement décorées et capables de recevoir de nombreuses as.seniblées : «Il doit s’y trouver, dit-il en d(h'rivant les |>alais de son temps, des bibliollièques et des basiliciues (|ui aient la magnificence qu’on voit aux tidifices publics, parce (pie dans ces demeures il se fait des assemblées pour les affaires de l’État et pour les jugements et arbitrages par lesquels se terminent les dilfércnds des particuliers. »

L’usage des basiliipies fut, ainsi que je l’ai, déjà dit, commun aux (irees et aux Romains; mais Vitruve ne nous apprend pas qiielkîs différences caractérisaient cette sorte d’édifice clu'Z les deux peuples, ce qui sembli*-

LES DEUX FORUM

rait indi(|unr qu’il n’un existait i)oint de notables. Après avoir fait olwervcr les dissemblances do fonne el do construction qui distinguaient te Forum romain de \' Agora des Grecs, il pas.se sans faire aucune autre remarque à la description de la Basilique.

« Les basiliques, dit Vitruve*, édifices adjoints au Forum, doivent être situées dans l’endroit le plus chaud, afin que ceux qui y viennent trafiquer pendant Thiver n’y re-ssimtent pas autant la rigueur de cette saison. l,eur largeur doit être au moins de la troisième partie de leur longueur et de la moitié au plus , à moins que l’emplacement ne permette pas d’observer celte proportion. .S’il y a trop d’espace en longueur, on fera des Clialcidiques aux extrémités. I.a hauteur des colonnes des Ixisiliqucs doit être égale à la largeur des portiques, et cette largeur sera de la troisième partie de l’espace du milieu. Le.s colonnes de l’étage supérieur doivent être plus petites que celles d’en bas. Ce second ordre sera posé sur un piédc.stal continu qui forme appui, pluleus , ou balustrade assez élevée |)our empêcher ceux qui sont dans les galeries hautes d’ètre vus par les marchands qui occupent la partie inférieure. Quant aux architectures, aux frises et aux corniches, elles auront les proportions qu’on leur donne dans les autres édifices. Les basiliques peuvent réunir tout ce qu’il y a de beau et de majestueux dans l’archileclure. »

La forme et kl disposition des basiliques étaient en effet les plus avantageuses qu’on pflt imaginer pour de grandes .salles, et leur construction réunissait le double mérite de la solidité et de l'économie. D’après la description de Vitruve, on pourrait croire (|ue les ba.siliqucs n’étaient jamai.s. divisées qu’en trois nefs, et c’est ainsi que nous les présentent tous ceux qui en ont restitué le plan d’aprfis ces données; H en était ainsi en général, mais nous avons des exemples de basiliques ayant quatre rangs de colonnes et par conséquent cinq nefs. lorsque, sous le règne do Constantin, le christianisme put enfin se montrer au grand jour et secouer la poussière des catacombes, il s’empara avec empressement des basiliques romaines, édifices purement civils, et qui n’avaient pas été, comme les ùimples, souillés par le culte des faux dieux. Leur disposition parut même si favorable, que, jusqu’au xi" siècle, on ne s’en écarta que fort peu. On .sait que plusieurs de cx»s premières basiliques chrétiennes sont parvenues

Il(i

l’U.Ml’KI A.

jusqu’il lions; Siiiiil-I’iuil, Siiint-I.miivnl, Saiiite-A};ui^s hors les murs de Home, avaient pu nous donner une idée exacte de la basili(|ue niilique ; la basilique de Pompi'i *, qui fut achevée de découvrir en ISlô, nous présente ces édifices sous un nouveau jour, car en |)lusieiirs points elle s'écarte des règles tracées par \ itruve, et par coiisérpieiit du (ilaii ordinaire de ces monuments, c’est-à-dire d’un parallélogramme reclaiigle leriiiiné par un hémicycle -, et divisé par deux rangées de colonnes surmonliVs d’un second ordre formant galerie.

La surface occupée par la basilique de Poinpéi est longue, au midi, de ri7‘",ü8 et au nord de ; nous dirons bientôt d’où provient cette

dilTérence; la largeur est de 27"’,3ô. L’édifice était isolé de trois côtés par

rl4B •!« U'fiMlllqaB.

des rues plus ou moins larges, et la façade tournée à l'orient était raccordée avec l’alignement du forum a h, h l’aide d’un vestibule, d’une sorte de Chalcidiqiie ’ c, de profondeur inégale à scs deux extrémités, qui ont l’une 5'", 15, et l’autre seulement 4"', 55. On y pénétrait par cinq portes d d (pii, imur se fermer, tombaient dans di's rainures entaillées dans les pilastres (|ui les séparaient, et répondaient exactement à ces e.spôccs de trappes que dans les châlcaux du moyen ûge on a appelées herses ou snrrazines. Nous verrons que c’est de la même manière que se fermaient les portes extérieures de l’ompéi. Deux piédestaux ee, adossiisaiix piliers du milieu, et les restes d'une statue en bronze doré trouvée en ce lieu, annoncent que cette entrée était richemeni décorée.

A l’extrémité méridionale de la façade se trouve un ('scalicy /■entièrement indépendant de la basiliipie ; il était du nombre de ceux (pie nous

* V. la vijruflte eu da chapitre.

^ Vilmw ne fait pris mculioo de cet hécnyoycî»\ mais nous savons qn’il exista et par les .lulres auteurs, et p.ir les monument« mêmes.

* V. jmjrp loi.

I,i;s DF.l'X KOltUM.

avons mentionnés comme servant h monter aux galeries supi^ieures <’n l'onim. Outre l'entrée principale, la basilique avait doux petites portes latérales g h, percées au milieu des grands côtés. A l’extérieur et li droite de la première de ces portes, le mot bnssitica est gravé plusieurs fois <i la pointe ; on a protégé par une tuile ces précieuses inscriptions.

Quatre degrés régnent dans toute la largeur du vestibule r; ils sont partagés par quatre colonnes, dont deux sont engagées dans des piliers rectangulaires. Entre ces colonnes s’ouvrent cinq portes, ou plutôt cinq baies, car on n’y voit aucune trace de fermeture; elles correspondent aux cinq portes de la façade d d et donnent accès fi l’intérieur de la basilique. L’ édifice, malheureusement, avait été bouleversé par le tremblement do terre; ses colonnes, ses murailles avaient été en grande partie renversées, et nulle part elles n’avaient conservé leur hauteur primitive. On est donc, sur beaucoup de points, réduit aux conjectures. D’abord, et c’est parlé surtout que la basilique de Pompéi s’éloigne des règles tracées pur Vitruve, il nous parait hors de doute que la nef du milieu N ne fut jamais couveile, et (|u’on ne doit y voir qu’une espèce d’orea ou d'impluvium. Les preuves ne nous manquent pas à l’appui de celte ass«>rtion, qui cependant a été combattue pai- plusieurs auteurs. Si le centre de l’édifice eût été couvert, les quatre colonnes ii i i n’eussent point été placées é chacune de ses extrémités, tandis qu’évidemment elles continuent le portique A l m n qui environnait l’aren. Nous voyons en outre que le sol de cette area, autrefois dallé en marbre, se trouvait à un niveau inférieur à celui du portùjue, qu’au i>ied du degré qui porte les colonnes règne un caniveau de terre cuite destiné ù conduire les eaux pluviales dans une citerne où l’on puisait l’eau par une margelle ou putcal o, qui existe encore dans l’enlre-colonm;mentqui fait face à l’entrée latérale du nord. Celte margelle même e.st un nouvel argument à l’appui de notre opinion ; eût-elle été placée de manièn; à intercepter le passage de la porte au centre de l’édifice, si cette porte n’eût eu pour unique destination de permettre d’entrer sous les porti(pies? Ajoutons enfin tpi’on n trouvé d’élégants fragments de chéneaux et des antéfixes ornés de têtes de lion, de masques et de palmcttes qui ne peuvent avoir appartenu qu’à l’entablement du portique du côté de Varea.

Cette disposition une fois admise, d’autres difficultés se présentent. Le |Mn1iquc était soutenu par vingt-huit colonnes qui s’éloignent absolument des règles de Vitruve, suivant l(.'squelles ces colonnes devaient avoir une

IIK

rOMPEIA.

haiileur égale à la largeur des portiques. Ici, ellc.s n’ont pas moins de H”' de hauteur, tandis que les portiques n’ont que 5", 85 de largeur. Contre les murailles .sont appuyées di^ colonnes engagées, d’ordre corinthien, hautes seulement de ft",tK), ce qqi, au premier abord, pourrait faire supposer que, contrairement à un usage presque constant, le toit aurait été incliné à l’extérieur, ou qu’un plafond aurait reposé à scellement sur le fût des grandes colonnes, ce qiii eût été du plus mauvais effet. Cette inégalité eût été encore plus choquante si, comme à l’ordinaire, les colonnes du milieu eussent encore été surmontées d’un second ordre. Voici ce qui nous paraît le plus vraisemblable : le second ordre n’existait pas, et Vitruve lui-même s’était permis cette innovation dans la construction de la basilique de Fano ; nous-même avons pu naguère en voir un exemple dans la basilique de Saint-Paul hors les murs, à Rome. Au-dessus des colonnes engagées dans la muraille et de leur corniche, dut régner une sorte d’attique avec des pilastres atteignant la hauteur de l’urrJiitrave des grandes colonnes, et alors, sur les colonnes et sur les pilastres purent reposTT des fermes en charpente portant un toit à deux rampants. Nous regrettons que l’état des ruines de la basilique ne permette pas de vérifn^r ce que notre supposition peut avoir de juste ou d’erroné.

Les grandes colonnes sont d’ordre ionique, et leurs chapiteaux offrent Ireaucoup d’analogie avec ceux du temple de Ve.«ta, ù Tivoli, monument de l’ancien style italique, et doivent sans doute appartenir à peu près à la même époque, c’esl-è-rlire nu commencement du dernier siècle avant Jésus-Christ.

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La construction de ces colonnes est très -remarquable; elles sont composées d’un noyau de briques rondes de Ü",Ü3A d’épaisseur, entoun'xjs de di,\ briques pentagonales superposées, pleins sur joints; les angles extérieurs de ces pentagones forment les arêtes d’autant de cannehirps, et le nombre tic celles-ci est doublé par dix aulres arêtes prises

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dans 1« stiic dmil la colonne est revêtue. Les diapiteauX en tuf volratii(|U(i ollVaienl encore les traces d'un enduit dont l’application, faite avec le plus grand soin, donnait aux ornements et aux nwulures une finessi; (pie n’avait pas la pierre, plus grossièrement travaillée. Huant aux niur.s et aux colonnes engagées, ils étaient construiUs en blocage et en bricjues ordinaires revêtues de .stuc colorié.

Le nu de la muraille est décoré de refends jieints à rimifidion de marbres da dilTérentc.s couleurs; le souba.s.scment ejsl formé de deux larges bandes, rime rouge, l’autre noire, .séparées par des iilels jaunes, rouges, verts et blanc.s. .Sur le stuc dur et brillant , des oisifs avaient tracé au jiinceau ou è la pointe une foule d’inscrfptions toutes dexenues illisiblc.s Quckjues-uncs nous ont été conservées par les auteurs (|ui ont encore pu les copier avant leur destruction ; Je n’eil citerai cju’unc seirie qui, malgré le. solécisme qu’elle renferme {silit pour siti'o/), rappelle pur sa forme et ■sa concision les épigrammes de Martial :

SVAVIS VISABIA SITIT 11000 VQS VAI.DK S I T I T.

« Huavis ia rarrrclamlf. vin. a je vous en plie, quVUe ait iJtme l•ien suif, pouf boîtY tout son vin. »

La peinture n’avait pas été appelée .seule à la décoration de l’intérieui' de la basiliipie; la .sculpture y jouait aussi un grand l'ôle, si l’on Pu juge par les, statues, les hermes, les vasques et même les fragments de stalims équestres (|ui y ont été trouves. ,

-4u fond de l’édifice est une tribune p qui, au lieu de s’arrondir en hémicycle, se présente sous la forme d’un gi'and stylobale élevé de 2"' au-dessus du sol du portique, orné de demi-colonnes, e| présentard h sa façade six petites colonnes isolées, également d’ordre corinthien. Ces colonnes avaient été renversées par le tremblimient de terre, et l’on a retrouvé et déposé sur le devant dè la tribune plusieurs bases et cha[)lteaux de marbre qui devaient remplacer les anciens. L’opinion lu jilus généralement reçue est que ce stylobate .servait de tribunal nu dnuinvir chargé de rendre la ju.stice. léentre-colonuement du milieu étant plus large que les autres, on pouvait en effet y placer la chaise cunile du magistrat. Si telle fut réellement, et des preuves nombreuses se réunis.seiit pour le faire croire, la de.slination de cette tribune, il faut avouer (pie sa di.sposilion était bien |ieu commode; on ne pouvait y nionhu' (pie par des

l'OMTKIA,

lîn

escaliers, sans doute en bois, dont il ne reste plus de traces, et le magistrat se trouvait caché aux yeux de tous ceux qui ne se pressaient pas iminédiatement à ses pieds dans l’étroit porticpie, par deux colonnes de ce |K)rtique, et par un grand piédestal r/, revêtu de marbre blanc qui dut |W)rter une statue é((ucstre ou une figure colossale assise. Quelques auteurs |)cnsent toutefois que ce piédestal pourrait bien avoir été un autel sur lequel, selon l'usage, le duumvir, avant l’audience, aurait fait serment de juger selon la loi et sa conscience. Cette supposition ne nous semble i>as admissible, le piéde.stal n’ayant pas moins de 2"', 25 de hauteur.

Enfin, sous la tribune, et ce n’est pas un dos moindres arguments en faveur de l’ojnnion qui veut y voir un tribunal , se trouve un véritable cachot au(|ucl on descendait par deux petits escaliers r qui existent encore, l.es murailles sont d’une grande épaisseur, et les deux soupiraux qui ouvrent ii l’extérieur du monument étaient garnis de barreaux de fer. lai souterrain, long de 8”,50 et large de li°', recevait en outre de l’air par deux trous ronds ouverts dans la voûte.

Tribixvix (I’l. O). Nous arrivons enfin au quatrième coté du Forum ; il est occupé en entier par trois grandes salles entièrement isolées par des ruelles, qui fermaient sur le Forum par de petites portes, de manière (|ue les bâtiments ne présentaient pas d’interruption. La construction de ces édifices doit être antérieure h celle du Forum, car aucun des trois n’est placé dans son axe*. Leur destination est fort incertaine; on y a vu des temples, des chapelles, un trésor, parce que dans la .salle du milieu on a trouvé plusieurs coffres vides en |)ierre et (pielques pièces de monnaie d’or et d’argent. L’opinion qui a prévalu et qui, en effet, paraît être la plus probable, est que ces trois édifices furent des tribunaux affectés au jugement des affaires d’importance secondaire; nous allons voir que leur disposition e.st bien appropriée à cette destination. l.es trois salles sont de grandeur inégale et diversement décorées, mais toutes trois sont de forme rectangulaire et ont à l'extrémité un renfoncement avec un soubassement qui dut porter le siège du juge. La porte (|ui fait face îi ce tribunal donne .«ous le portupie du Forum, qui, en cet endroit ayant deux rangs de colonnes et une double largeur, |)ouvait servir de lieu de conférence aux plaideurs et aux avocat.*.

* On voit IVntrvc de deux do r»*s sali»»? h unnrlic ilc la viio do l.i Ita^iliifiio quo nous avons tlonn**o oti U'i<‘ do CO ch.i]dtri'.

LES DEUX EOHUM.

La première salle a est In plus Kraiide de toutes; elle n t)"',y5 sur Au fond est un hémicycle de 5"‘,'20 de diamètre, temiiaé par une |>etite niche carréi^ Six mitres niches sont réparties sur les deux grands côtés de la salle et continrent des statues (|ui avec un revêtement de marbre dont on a retrouvé les empreintes sur la muraille, complétaient la décoration. Couverte de Iwlles dra|)eries, la partie inférieure du tnr.se de runo des .statues gît encore sur le .sol. Celui-ci était entièrement pavée de grandes

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dalles de yris antiiiiie qui sont encore pres(|ue toutes en )>lace. L’entrée de cette sidlc était a.s.sez singulière ; on montait deux degrés |)our arriver à la porte, large de S”, 82, et on en de.scendait deux autre.s, immédiatement après le seuil. On .se trouvait alors dans une espèce de vestibule en contre-bas large de 2 "', 40 , qui occupait toute la largeur de réditice, et (|ue 1a ditTéifiicc de niveau distinguait seule de lu grande salle à laquelle on montait par deux autres marches.

On entrait dans la .seconde salle b par deux escaliers placcsi aux extrémités d'un jierron de de longueur sur 1 ”,()() de largeur et l”'de

hauteur. La porte, large de 3", 15, donne accès à la salle, longue de 14“', 40 sur y"', 00. Au fond e.st une grande niche n'ctangulaire de 3"', 70 de diamètre. La décoration con.si,ste en une suite de piéde.staux adossés aux deux grandes murailles, et ayant dô porter des statues ou plutôt des colonnes.

1.U façade de la troisième .«aile r était ornée d’un souba.s.semenl de marbre haut de 1"',30, pré.sentant au milieu une porte de 3"’, 85 de large è laquelle ou motitait par deux degrés de marbre blanc. La sjdle entière, la plus petite des trois, O'", 35 sur 12", 20, est |)avéc du même marbre; elle avait il droite une ]>etito porte ouvrant sur la ruelle (|ui l’i.solait de la précédente. Ou reconnaît sur les murailles qméques traces d'un revêtement de marbre africain. Au fond e.st un hémicycle de 5'".40 de diamètre.

.* POMl'KI

lié

Cet (klillee, mi lieu d’élrc enti(>remeiit eoiislruit en 'briques comine les (leux autres, est formé en partie de |)etits moellons de tuf ; rontrc son mur oriental, et au coin de In rue de l’École est un escalier d dont les marches en maçonnerie, recouvertes du plaques en terre cuite, conduisaienf au |«)rli(|ue supérieur du l’orum.

I,es vertes et riaules montagnes * f|ui s’étendent demère ces ruines font partie de la chaîne des monts l.actarir, qm s’(Hend jus<|u’nu promontoire de Sorrenle.

Knlin, en avant dirs tribunaux, dans l’axe du Forum et de la ruelle qui sépare les sidies b ('I c, s’élève h' (juatrième arc de triomphe e ( PI. û ) ; jilus simple encore que les autre.s, il n’avait (pi’une seule ouverture et ne présente plus (|u’une ma.s.se de briipies di’pouillée des marbres et des |)ilaslres dont elle était décori'c. I,a grande profondeur de cet arc fait présumer (|u’il dut être surmonté d’un quadrige-.

Pompéi avait un .second Forum dont nous avons déjA dit (pielqiuïs mots ; c’est c(.'lui (|ui est silué dans le quartier oriental de la ville l't au milieu duquel .s’élevaient le temple grec, et le TiidrnUil que nous avons décrits (pages 38 et 40).

Paoeyi.ÉK m: Font m triaxci oairk. En face de la rue d('s Théâtres se présentent les restes du portique ou propyh'-e (Pi.. P) (pii servait d’entrée h cette place que .sa fonne a fait nommer le Forum triangulaire. Ce propylée, dont nous avons donné le de.ssin en tête (hi chapitre 1", e.st une constmctiim remanpiable par l’élégance et la noblesse de .son .style; il était formé de huit colonnes d’ordre ionique grec de de hauteur ;

elles étaient en piern' volconi(iue, recouvertes de stuc et peintes en jaune. Le chapiteau olïre une particularité qui ne se trouve guère que dans des monuments remontant h une haute antiquité, tel (pi’un d(3s plus anciens tombeaux de la Sicile, celui de Théron k ,4grigente; ses quatre faces sont semblables, et toutes quatre présentent les volutes caractéristiques de l’ordre ionique, tandis qu’ordinairement les volutes ii’existent qu'’aiL\ faces antérieures et postérieures, ej sont réunies sur les cfités par un ornement appelé roufainel. La largeur totale de la façade du propylée est hors oeuvre de l(i"',r>0; sa profondeur e.st de 4'", 55. .Son plan est un

^ V. In vignHh’ *»n 1»*U' <iii rha^tilrp. '

» V ibid. ...

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