‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 138 sur 293 · MURAILLES ET PORTES · texte numérisé non relu

MURAILLES ET PORTES

La première découverte des murailles de Pompéi date de novembre 1780, mais cette enceinte entièrement reconnue et en grande partie déblayée sous le règne de JMurat, de J812 à I8I/1, n'a été achevée de découvrir que par le gouvernement napolitain en 1851; elle l'orme un ovale s'étendant de l'est à l'ouest sur un diamètre de 93G mètres; le petit diamètre du nord au sud est de 591 mètres, et la circonférence totale est d'environ ^2,000 mètres. Suivant les principes indiqués par Vitruve, le rempart est en grande partie curviligne, et ne présente aucun angle saillant*. Il se compose d'un terre-plein terrassé, compris entre deux murs, et formant avec ceux-ci une épaisseur de 4'", 55. Le mur extérieur, dont la hauteur varie de 8 à JO mètres, selon les inégalités du sol, repose sur une base formée de quatre ou cinq assises placées légèrement en retraite les unes sur les autres, de manière à former talus ^ Ces assises inférieures sont formées de gros blocs de pépérin % d'un à deux mètres de longueur sur 0'",55 d'épaisseur, placés à joints verticaux, assemblés sans mortier et s'emboîtant souvent les uns dans les autres. La haute antiquité de ces constructions est encore attestée par les

lettres osques que portent un grand nombre de pierres et qui durent servir d'indication aux ouvriers. Ces lettres avaient été gravées avant que les pierres fussent mises en place; aussi les trouve-t-on tracées en tous sens, debout, de côté, et même quelquefois à l'envers.

La partie supérieure de la muraille est également inclinée en arrière; l'analogie frappante de son appareil avec celui de VAgger de Servius Tullius à Rome semble indiquer qu'il date de la même époque, c'est-à-dire du milieu du vi^ siècle avant J.-C.

En haut du talus extérieur règne une plate-bande, au-dessous de

1. «La figure d'une place ne doit être ni carrée, ni composée d'angles trop avancés; mais elle doit faire simplement une enceinte, afin que l'on puisse voir l'ennemi de plusieurs endroits; les angles avancés ne sont pas propres à la défense et sont plus favorables aux assiégeants qu'aux assiégés. » Vitr., L. I, c. 5.

2. Une des parties les mieux conservées de ces murailles est attenante à la porte d'Herculanum. Voy. la vignette en tête du chapitre.

3. Pierre grossière de nature volcanique et de couleur grise.

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huiiicllc s'avaiicciil de nombreuses gai*i:;()uilles , cl (jiic surmonte une r:in^'é(^ (le vvrncMW, piniKC. (!(^s créneiuix , j)ai" niKi disposilion loule parliciilière, présenlenl à l'intérieur un appendice faisant retour en c(|U(M're et protégeant le coté gauche des combattants.

Créneaux.

Le mur intérieur, suivant un usage qui se conserva longtemps en Orient où il fut retrouvé par les croisés, surpassait le premier d'une liautcur d'environ 2'", 60. Dans les parties regardant le nord et l'ouest, il était renforcé du côté de la ville par de nombreux contre-forts. Cette portion de la muraille, qui est surtout bien conservée entre la tour qui fait face à la rue de Mercure et la tour suivante en allant vers la porte du Vésuve*, paraît, ainsi que les créneaux, appartenir à une époque plus récente et où l'art de la construction était plus avancé, probablement au temps de la guerre sociale; en efTet, elle oflVe cet appareil appelé Isodomum y usité dans les derniers temps de la République romaine et formé de parallélipipèdes d'assez grande dimension régulièrement superposés à sec, pleins sur joints. Cette seconde rangée de créneaux, placée sur la muraille intérieure, semblerait n'avoir été qu'un ornement sans utilité; mais il paraît prouvé, par le témoignage des auteurs anciens, qu'en temps de siège on établissait derrière elle des plates-formes en charpente c|ui recevaient aussi des combattants. On montait sur les remparts par de larges escaliers à degrés très-hauts et très-étroits; le mieux conservé est celui qui existe près de la porte d'Herculanum (Pl.20).

Démantelées, ainsi que je l'ai dit, au temps de Sylla, les murailles furent réparées à l'époque de César et de Pompée ; on reconnaît facilement la précipitation qu'on mit à ces travaux ; les brèches furent simplement fermées à l'aide de cette maçonnerie grossière que les Romains

1. A partir de ce point la muraille disparaît, et renceinte n'est plus marquée que par un fossé moderne ; on la retrouve en approchant de la porte de Nola.

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