‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 162 sur 293 · rOMPKIA · texte numérisé non relu

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(lui scrvii" (le magasin soit pour la fariuc, soit pour les pains cuits. Dans la sall(j o on pc^lrissait la pâte et on faisait la cuisine. Les vases pour l'eau et les amphores contenant la farine (étaient encore en place. Dans Tuii (les anij;lcs l'Iait une pierre d'évier et dans l'autre sont des latrines, aujourd'hui peu reconnaissables, dont la pr(3scnce en pai'cil lieu ne doit point (Honncr, puisque cet usage s'est conserv(i encore dans beaucoup de maisons de Naples et de Uomc.

La boutique !\ communicjuait avec Valrium par une porte, mais elle ouvrait sur le prolfij/riirn par une large baie m(jnag(ie au-dessus d'un grand comptoir de maçonnerie dans lequel (étaient scellés six vases de terre cuite destinés à contenir l'huile et les olives que le propriétaire de la maison faisait vendre par son dispensator. Au fond do la boutique est un petit cabinet. Afin que les acheteurs arrêtés devant le comptoir gênassent moins le passage, on avait donné au prothyrum la largeur exceptionnelle de 3'", 25.

La boutique 5 entièrement isolée paraît, d'après les objets qu'on y a trouvés, avoir été occupée par un marbrier ; elle avait un puits mitoyen avec la boutique 6, qui, ayant un comptoir semblable à celui de la boutique l et le fourneau ordinaire, dut avoir une destination analogue; il est même assez singulier que le propriétaire de la maison ait loué une des boutiques qui en dépendaient à un marchand qui pouvait lui faire une fâcheuse concurrence. Cette boutique est accompagnée de deux arrière-boutiques 7 et 8, qui durent ne servir que de magasins ; la première a une sortie sur la ruelle de Mercure.

Au centre de la façade est la porte d'entrée que flanquaient suivant l'usage deux pilastres surmontés de chapiteaux de fantaisie sculptés dans une pierre de lave tendre et grise. Nous avions vu encore en place un de ces chapiteaux où était représenté un Satyre enseignant à un jeune Faune à jouer de la syrinx; aujourd'hui tout a disparu. A droite du prothyrum 9 est le vestibule 10, salle d'attente pour les clients; ce vestibule a quatre ouvertures : la première, sur la rue , était fermée autrefois par des portes quadri valves ou pliantes ; la seconde donnait sur le prothyrum et sans doute demeurait toujours ouverte ; la troisième conduisait à Vatrium les clients qui y étaient admis ; la dernière enfin ouvrait sur la petite chambre il, qui fut la demeure du portier ou celle de l'intendant.

\.\i(rium A est toscan, avec un compluvium de pierre; au milieu était une base sur laquelle posait un superbe groupe de bronze, Hercule alieiijnant à la course lu biche au.c ptods iVairuin^ qui jetait l'eau par les naseaux dans une conque de marbre grec. Ce morceau, l'un des plus précieux (jui soient sortis des fouilles de Pompéi, est aujourdliui au musée de Palerme. Derrière cette base était une table de cipollinu, dont les pieds de rouge antique avaient la forme des serres dun aigle.

Les pièces 12, 13 et 14 étaient des chambres à coucher pour les esclaves, ou plutôt pour les hôtes, à en juger par l'élégance de leur décoration. La première surtout était remarquable par sa frise ornée de refends avec de petites colonnes ioniques portant un entablement à triglyphes et denticules, le tout en relief et de stuc.

La pièce 15 était un procœlon , ou antichambre servant en même temps à la chambre li et à la grande pièce 16 qui fut probablement éclairée par le haut, et dans laquelle Mazois croit voir un IricUnium d'hiver, supposition que le voisinage du four du boulanger pourrait rendre assez probable. Cette pièce n"a conservé aucun de ses ornements. 17 et 18 sont deux ailes, alœ, décorées de refends de diverses couleurs avec des moulures et une corniche en stuc ; derrière la première est une pièce 20 surélevée de deux marches, qui par un degré donnait accès à des latrines. Sous Taile 17 et près du tahlinum était une espèce de niche qui servait de laraire, comme l'indiquaient les peintures dont elle était décorée. A l'autre aile est attenant un cabinet contenant une banquette de maçonnerie et éclairé par une petite fenêtre ouverte sur le péristyle du venereum; c'est dans ce réduit que se tenait sans doute ïatriensisj, esclave préposé à l'entretien et à la surveillance de Vûtrium^; peut-être aussi cependant pouvait-il servir aux audiences particulières que le patron donnait aux étrangers admis dans Vatrhnn et qui attendaient assis dans les ailes; nous pensons toutefois que la chambre "20 avait plutôt cette destination. Entre l'aile 18 et la chambre 12 est un corridor 19 qui donne accès au venereum et à gauche duquel se trouve

1. L'atriensis occupait dans la famille un rang supc-rieur à celui des autres esclaves, témoin

ce passage de Cicéron : c Dans une grande famille il y a des esclaves plus élevés, tels que les

atrienses , et d'inférieurs, tels que les mediastini-n In magnâ familiâ sunt alii lautiores servi

ut atrienses: alii inferiore loco ut mediastini.

Pacad. L. V, -2.

On nommait mediastini les esclaves employés aux plus bas offices, tels que les mai'mltons, etc.

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la l()p;(' où se l(MKiil rosclave char<;-c d(3 la garch) de celle cnccinlc inlcr- (lile au public.

Au foud de Valrium est le /((hlinum H, à droile duquel est le corridui- (1. A «2;auclic csl uue salle I), coininuni(iuant avec le labliniun et avec le |)()rli(iue; on a cru y voir uu Iriclinium d'élé, mais je pense que ce lui i)lutol uue bibliothèciue ou une i)inacotlièquc, pièces qui ordinairement élaient voisines du lahlininn , ainsi que nous l'avons vu chez Pansa. Sa décoration est semblable à celle des (ihr, mais un peu plus riche. On y reconnaît aussi sur la muraille une porte peinte comme celle (jue nous avons vue à l'édifice d'Eumachia. Derrière le (abliimni ouvert au fond presque dans toute sa largeur au-dessus d'un mur d"appui, ou podium haut de 0"\95, régnait, au lieu de péristyle, une simple galelie E E soutenue par quatre colonnes et un pilier et ouverte sur le xyste ou parterre. Les chapiteaux des colonnes sont de fantaisie et conservent encore des traces de peinture ; on y voit des guirlandes peintes en rouge se détachant sur un fond bleu.

A gauche du portique se trouve en retour un njjmphée ou bain domestique singulièrement placé en un tel endroit, et à côté sont un petit fourneau pour l'eau destinée à réchauffer le bain, et une petite pièce 21 qui fut sans doute un cabinet de toilette.

A l'autre extrémité du portique est un passage conduisant à la cuisine 22, où était un fourneau dont on ne voit plus que les restes d'un jambage. Près de l'entrée du passage existent à droite un escalier et une petite chambre 23. Cette partie de la maison est la plus ruinée.

A gauche est un vestibule 21, où se trouvent une sortie dérobée, posticum^ et un cabinet d'aisances. En avant du portique E E et en retour s'étend le xyste ou parterre F G H ï élevé de quelques marches et dont la forme irrégulière a permis de dessiner d'équerre les autres parties de l'habitation. A l'une des extrémités du xyste se trouve une citerne, piUeal^ I , et à l'extrémité opposée est l'élégant triclinium d'été H. Celui-ci était recouvert d'une treille dont la muraille présente encore les traces ; les murs étaient décorés de riches peintures où l'on retrouvait tous les attributs d'une salle de festin, mais qui aujourdUiui ont presque entièrement disparu. Les trois lits en maçonnerie qui entouraient le monopodium ou table à un pied existent encore.

La muraille du xyste faisant face au portique est ornée dans toute

MAISONS HT nOL'TIOUliS.

sa longueur d'une caisse de pierre qui recevait des arbustes, et, au-dessus, (le paysages avec des treillages, des fontaines, des guirlandes et des oiseaux, le tout partagé par des pilastres, genre de peinture que Yitruve nomme topia, et (jue IMine nous apprend avoir rté inventé sous Auguste par le peintre Ludius*. Dans le panneau le plus voisin du tricUiùnm est une fontaine dont la partie inférieure, composée d'une vasque de marbre posée sur un piédouclie de maçonnerie, était seule en relief, le reste étant simplement peint sur la muraille, et représentant une colonne surmontée d'un cerf. L'eau était jetée dans le bassin par une tête de lion en bronze qui a disparu ; mais on voit encore le tuyau qu'elle renfermait.

Triclinium de la Maison de Salluste.

De toutes les pièces que nous avons visitées, il n'en est aucune qui paraisse avoir pu être la cliambre à coucher du maître d'une habitation aussi élégante ; il est probable que cette chambre fai-ait partie du premier étage, qui n'existe plus.

Revenons maintenant dans Yalriumj, et pénétrons-dans cet appartement secret, ce venereum ou aphrodisium consacré aux orgies, que nous trouvons si souvent mentionné dans Horace, dans Pétrone, dans Suétone, dans Juvénal et dans tant d'autres écrivains de l'antiquité-. Après avoir franchi le corridor 19, qu'une porte fermait à chaque extrémité, on se trouvait dans un péristyle KLM formé de huit colonnes octogones peintes en rouge, entourant de trois côtés un parterre X. Les murailles

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