AQVA MARINA KT BAL
AQVA. DVLCI. lA.WAlUVS L.
i( TliiMiiii-s d'caii (le inciTt, haiii d'eau douce (!(! M. (Irassiis i"'ni^i; Jamuii'iiis,an'i;iii("lii, direrleur. »
iNous avons préféré conserver le nom de Maison de Cicéron, bien qu'il ne soit pas prouvé que cette demeure soit réellement celle dont rillustre orateur parle souvent sous le nom de Poiiipeianum *, de laquelle il data plusieurs de ses lettres % et où il composa une grande partie de ses traités de Of/iciis, de Divinatione et de Senectute. De là il écrivait à Atticus : « Je suis ici dans un endroit très-agréable, mais surtout fort retiré; un homme qui compose est à l'abri des importuns ^ » Dans le second livre des Académiques, intitulé Lucullus , on lit au chap. m : « Nous étions arrivés à la villa d'Hortensius, près de Bauli, ayant décidé que si le vent le permettait nous nous rendrions par mer, Lucullus à sa campagne de Naples , et moi à mon Pompeianum, » Et plus loin, cliap. xxv : a Pour que notre vue ne nous trompe pas, jusqu'où peut-elle s'étendre? Je vois d'ici la campagne de Catulus près de Gumes ; je ne vois pas celle que j'ai à Pompéi ; il n'y a pourtant pas d'obstacle qui nous en cache la vue , mais mon regard ne peut porter aussi loin, sed intendi longiiis acies nonpolest. »
Cette dernière circonstance s'applique assez bien à la maison qui nous occupe et qui est du petit nombre de celles de Pompéi que rien
1. (( J'auiiu beaucoup mes maisons de Tusculum et de Pompéi. »
'rnsculanuin cl Pomi eicunim vnidè me délectant.
Ep. 28. Ad AUicuin. Édit. Nisard.
« Vers les calendes, je serai soit à ma maison de Formics, soit à celles de Pompéi. »
Nos circiter kal. aut in Formiano oimus uul Pompeiuno.
Ep. 30. Ad Atticuni.
2. Epist. 190, 709, 710, 711, 712, 737, 738, 739, 740, 767, même édit.
3. Hœc loca venusla sunt, abdita certè, et, si quid scrihere velis, ab arbitris libéra.
Ep. 738.
MAISONS i; ï iu)i Tinriis. 303
ne sépare de Hauli. Du reste son ('tciidue, la i-iclicsscî de ses |)(îiiitiii-es, parmi lesquelles figuraient les huit ihuiseuses , les t/iuifrc (/roupes de (Jontaurcs et les douze pchls lùuincs dunsmil sur lu corde tant de fois reproduits par la gravure, la l)eaulé de ses mosaïques, dont faisait partie la précieuse scèiw (hédlrule signée par Dioseoride de Samos \ enfin le magnificence de ses marbres, la rendaient digne de l'opulent orateur. Découverte à dilVérentes reprises de 17/|9 à 1778, cette maison occupait un large espace dont la plus grande partie /" a été remblayée plus tard, et nous ne voyons aujourd'hui qu'une cour a formant un (juadrilatère irrégulier - où se trouvent quelques bassins en maçonnerie, et qui ouvrait par une porte aujourd'hui murée sur un xyste b entouré de portiques avec des terrasses comme à la villa de Diomède, portiques encore praticables en grande partie, quoiqu'ils ne soient pas dégagés à l'extérieur.
Sur la rue des Tombeaux se présentent ensuite une rangée de boutiques c et une citerne d. Devant les boutiques régnait un portique ; dans celle qui est la plus voisine de la citerne aujourd'hui recouverte, est un comptoir en maçonnerie qui la fait reconnaître pour un theruiopole. En avant de celui-ci s'élevait une treille ombrageant des bancs pour les buveurs ; des trous avaient été pratiqués dans le trottoir pour recevoir les poteaux qui la soutenaient. Près de cette boutique est une porte de la maison e, fort large, avec une chaussée pavée rejoignant celle de la rue. « A l'entrée de cette porte, dit Mazois, sont deux cônes tronqués engagés dans le mur; quelques personnes croient qu'ils renfermaient chacun un pied de vigne ; mais ne serait-ce pas plutôt deux de ces simulacres coniques nommés agijei que l'on plaçait aux portes des maisons, et qui étaient ordinairement consacrés à Bacchus et au Soleil , divinités qui, indépendamment de leurs autres attributions, présidaient encore aux rues? »
La porte de la maison de Gicéron n'est séparée du tombeau et de l'hémicycle de Mamia que par une petite rue. C'est sur le mur qui existait à droite à l'entrée de cette rue, qu'étaient peints les deux serpents dont j'ai parlé page 81.