Voy. la lettre en tête du chapitre
MAISONS HT HOUilOl KS. .{Hi
Revenant an carrefonret tonrnant îi droite dans la rne de la Fortune, on trouve, ininiédiatement derrière le temple de cette divinité, la
* Maison dks moules de tki\i\k cditic (dollr fornir <li crcAa) , n" 2 (Pl. Gl), Dans cette niaisoti, fouillée en 185!2 et 1H33, on a en elïet trouvé plusieurs moules de ce genre aujourd'hui au Musée, ainsi qu'un joli candélabre à grilles de lion. Dans la boutique adroite du /irol/njrum, boutique contiguë au temple de la Fortune, on a découvert ti-ois doubles hermès en bronze avec têtes de Faune et de Bacchante d'un travail exquis, une statuette d'homme nu et une petite tête de cheval de même matière, plusieurs vases de terre, des boutons de porte, etc. Dans la seconde chambre à droite de Vatrium on voit encore quelques peintures médiocres, V Enlèvement d'Europe^ Narcisse^ des Amours, etc.
Maison de la Muraille Noire {délia parete nem),n'' /j (Pl. 62). Cette maison, découverte de 1832 à 1833, doit son nom aux charmantes peintures sur fond noir qui décorent l'exèdre. F.es principales de ces compositions sont des sacrifices à Priape, à Minerve et à Junon, et un petit Amour cherchant à s'emparer d'un panier que porte une jeune fille ailée. Dans le triclinium, à gauche de l'exèdre, on voit Apollon jouant de la lyre en gardant les troupeaux d' Ad mêle ; un pâtre paraît l'écouter avec admiration. Le péristyle, entouré de seize colonnes doriques sans bases, a tout son côté gauche formé seulement de six demi-colonnes engagées dans la muraille portant un entablement de stuc composé d'une frise peinte en rouge, de denticules et d'une corniche oi"née de petites têtes de lion servant de gargouilles. Dans Varea sont deux bassins ; l'un est en pierre et de forme semi-circulaire; l'autre plus petit, carré et en marbre blanc, est pavé de carreaux des marbres les plus précieux, parfaitement conservés. Le tablinum et la pièce voisine ont leurs pavés de mosaïque presque intacts ; on doit regretter qu'il n'en soit pas de même de leurs peintures. On a trouvé dans cette maison un très-grand nombre de vases de cuisine en bronze de diverses formes et un médaillon de marbre présentant en relief d'un côté une tête de guerrier et de l'autre une tête de femme. Ces médaillons, qu'on rencontre assez fréquemment à Pompéi, paraissent avoir servi d'ornements aux péristyles où ils étaient suspendus dans les entre-colonnements.
Maison des Chapiteaux a figures {dei capitelli figurati) , n*' 6 (Pl. 63), fouillée en 1832 et 1833. Elle a pris cette dénomination des
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belles tries de Isiuikî el de liaecliante sculptées sur les chapiteaux des pilastres d(i la porte d'entrée. Près du comphiritnn est une large ouvertiiic (jui est lerniée par une dalle, et (|ui permet de se rendre compte de la disposition de la citerne dans hufuelh; on puisait |)ar un puleal de marbre. \ai j)avé du ((ihliinnn présente au centre une supei'be l'osace de mosaïque blanche et noire, et sur le seuil une guirlande de pampi-es. ('.outre le pilier qui sépare le tahliiuon du corridor connïiunicjuant au péristyle est le nKissif en maçonnerie sur le([uel reposait le colVre-foit. Le péristyle est très-beau et entouré de trois côtés de portiques soutenus par quatorze colonnes ioniques ; le (piatrième côté est fermé par une muraille avec des demi-colonnes en saillie portant encore une partie de rentablemcnt de stuc. Un laraire est adossé à cette muraille.
Derrière cette maison, dont elle dépendait, est, sur la rue des Augustals, la demeure d'un pâtissier, pistor dulciarius\ On y a trouvé quelques peintures et plusieurs de ces petits moulins qu'on nommait pistrillœ et qu'un seul homme suffisait pour mettre en mouvement. Le
Four à réverbère.
four qu'on y voit encore est d'une forme particulière; c'est un véritable four à réverbère composé de deux cavités superposées ; le feu se mettait dans la cavité inférieure , et la chaleur se répandait par une ouverture dans la cavité supérieure où l'on déposait les gâteaux. Deux de ceux-ci ont été trouvés et portés au Musée de Naples; l'un est une sorte de couronne, et l'autre a presque la forme d'une brioche. En face, de l'autre côté de la rue de Fortune, est la Maison du Faune, n* 55 (Pl. 6[\) . Cette maison, découverte en 1830 en présence du fils de Gœthe, fut entièrement déblayée dans l'espace de deux années ; elle est une des plus vastes, et, surtout pour les mosaïques,
\. Pistordulciarius qui panes et mellita concinnabat edulia.
Apul., Métam.j L. X.
MAISONS KT UOLTIOLKS.
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la plus richement décorée de toutes celles de l^onipéi. De même (juc l;i maison de Pansa, elle occupe une île entière, formant prescjue un rectangle régulier de 80 mètres de long sur 35 mètres de large. La quantité considérable d'amphores qu'on y a trouvées , les emblèmes bachiques qui s'y présentent de toutes parts, semblent indi(juer que son propriétaire faisait un important commerce de vins, auquel il devait sans doute son opulence. Les amj)hures portaient des inscriptions grecques ou latines.
Cette habitation présente sur la rue de la Fortune deux prothyrum 1 et î2 ouvrant sur deux atrium distincts A B G D et F G H 1 . et quatre boutiques 3,4, 5 et G. La première avait une arrière-boutique 7 et communiquait avec V atrium A B C D par deux portes aujourd'hui murées, dont l'une donnait directement dans Vatrium et l'autre dans l'arrière-boutique. La boutique 4. dans laquelle est l'embouchure d'une citerne, ouvrait aussi sur Vatrium. La boutique 5 est isolée et contient
Plan de la Maison du Faune.
un escalier qui conduisait à une chambre placée au-dessus; enfin la boutique 6 ouvrait sur le prothyrum 2 par un petit escalier dont le palier était formé d'un massif d'amphores noyées dans la maçonnerie, genre de construction dont on rencontre de nombreux exemples à Pompéi. Mazois pense qu'il est possible que quelqu'une des boutiques 3. 4 et 6 ait pu servir d'antichambre , tandis que les autres étaient destinées au commerce de vins du propriétaire. Dans le trottoir de la rue. en avant du. prothyrum 1. est incrusté dans Vopus signinum le mot hâve, écrit en grandes lettres de mosaïque , composées de carrés-longs de marbre rouge, jaune, blanc et vert. La porte est. comme à l'ordinaire, accompagnée, de deux pilastres; sa largeur est de 2'". 90. Le prothyrum ^ profond de 5™, 45, était divisé en deux parties inégales par une seconde porte; la plus petite, comprise entre les deux portes et voisine de la rue , était sans ornements et restait probablement ouverte dans la jour-
AUH von VIA \.
née'. On entrait dans la si.'conde pai'tie du j)r()(/ii/nnii en gi'avissani deux degrés, dans Ies(in(»ls on voit encore entaillée la place des gonds et des verrous. L(^ pavé est un plan incliné montant vers la cour; il est formé d'ini assemblage de petits triangles de marbre blanc, noir, rouge, jaune et vert. Les murailles, comme toute celles de l'iiabitation, présentent des i-eiends en stuc grossièrement peints à l'imitation de marbres'-'; ici ils s'élèvent jus(iu'à la hauteur de 'J",/|0 et sont surmontés d'une petite moulure en stuc. Au-dessus , de chaque côté, est une corniche saillant de ()"',/iO aulrelois posée sur des consoles en forme de sphinx et de lion ; elles portent chacune une petite façade de temple , formée de ([uatre colonnettes cannelées et d'autant de pilastres placés aux côtés d'une porte feinte, le tout en stuc. Après avoir franchi le prothyrum, on se trouve dans Vatrium toscan A BG D, large de J0"',70 et profond de 11'", 65. Les murailles présentent une particularité fort remarquable : pour les préserver de l'humidité, on avait placé sous le stuc des lames de plomb attachées par des clous de fer semés avec une telle profusion, qu'on en compte près de deux cents dans un mètre carré; leurs têtes saillantes servaient en même temps à retenir le stuc. Cette précaution se retrouve dans divers autres parties de l'édifice, et notamment dans le grand triclinium 34. Au milieu de V atrium est un bea^n compluviwn Ede 3'", 80 sur 2'", 75, dont le fond est formé de losanges des marbres les plus rares, assemblés avec un art merveilleux. Au centre est un petit piédestal creux, qui portait le charmant Faune de bronze, haut de 0™,78, l'un des plus précieux ornements du musée de Naples^ La chambre 8, la première qui se présente à la droite de V atrium j, est pavée en mosaïque ; elle offre sur deux côtés et en équerre une espèce d'estrade ayant pu porter deux lits, élevée de 0'",06, pavée de cubes de
1. « Quoi! s'écrie le bonhomme Theuropide revenu à ['improviste d'un long voyage, la porte de ma maison est fermée pendant le jour ! »
Sed qxiid hoc ? obclusn janua'st inteidius !
Plaute, Mostellarîa, Act. II, se. 2.
'2. 11 est assez singulier que dans cette habitation, si riche en mosaïques, en marbres et en bronzes, les peintures aient été plus négligées que dans la moindre des maisons de Pompéi. Les stucs, composés de poudres de marbre blanc, sont de grandes tables appliquées après coup sur la muraille, comme on Teùt fait d'un revêtement de marbre, et fixées par des crampons. Vitruve (L. VH, c. 6) donne à ces stucs le nom de Marmoratum.
3. Hebc. et Pomp., pi. 69. Le Faune a été découvert en octobre 1830.
MAISOxNS ET BOUTIQUES. 369
marbres de diverses couleurs, et de 0"',()3 de diamètre. La pièce suivante 9 comuiuniquait avec Valriiun F G 11 I par une grande porte à la gauche de laciuelle est percée une espèce de meurtrière encore fermée en partie par un verre à vitre très-épais. La pièce voisine 10 appartient au second atriinuy bien qu'ayant une porte sur celui où nous nous trouvons. 11 et 12 sont les alœ ; la première est pavée en morceaux irréguliers de marbre imitant la brèche ; au centre était une mosaïque excessivement fine, aujourd'hui au musée, olTrant dans le haut un chat dévorant une caille j, et au-dessous deux canards , plusieurs ;;e/i75 oiseaux morts, des poissons et des coquillages. Cette ala prenait jour sur Y atrium voisin par une large baie. LV//a 12, pavée de la même manière, a conservé au centre une jolie mosaïque de 0'",60 en carré, présentant sur fond noir trois pigeons blancs tirant des jjerles d'une cassette entrouverte. Les deux chambres à coucher d3 et H n'offrent rien de remarquable. Au fond de Y atrium est le tablinum 15 ouvert presque de toutes parts; il était orné à l'entrée de deux grands pilastres cannelés; sa profondeur est de 5"',i0 sur 5'",89 ; son pavé, élevé de 0'",15 audessus du niveau de celui de Yatrium, présentait à l'entrée une sorte de seuil en mosaïque d'une grande finesse, représentant des masques tragiques entremêlés de guirlandes de fleurs; ce seuil a été porté au musée. Le milieu du pavé est composé de losanges de marbre noir, vert et blanc, encadrés de filets jaunes, noirs et verts, et enfin d'une frise de mosaïque blanche et noire; Tensemble du pavé paraît à l'œil être un assemblage de dés posés sur leur angle. A la droite du tablinum est un beau tricliniam 16 ouvert dans toute sa largeur sur le péristyle; c'est au milieu de son pavé qu'a été trouvée une des plus belles mosaïques du musée de Naples, Acratus ou le génie de Bacchus à cheval sur une panthère\ A gauche du tablinum est une chambre 17 ouvrant de même par une large baie, et par une porte sur le péristyle. Au milieu de son pavé était une autre belle mosaïque représentant des poissons et des crustacés sur un rocher.
Revenons maintenant au prothyrum 2 ; nous y trouvons à gauche l'entrée d'une chambre 18 que l'absence de toute décoration désigne comme ayant été la loge du portier, cella ostiarii. L'atrium FG H I est