Macrob., Saturn., HI, 8. — Varro, Deling. lat., VII
43H POMI'IIA.
(Ml loi'l (l'y voii" A/iolhni cl /hi/thnc: nous y rcronnaissons pliilnl la (illc (Iti n»i (rOrclioini'iics Plih-^yas , (loroiiis, ciui fui mvvr d'Ii^sculapo et dont Tanioin" j)()ur Apollon lui si mal ivcompcnsti * .
Coiili}j;ii(' »i la, maison du (laniill(\ v\ faisant fac(3 au T/co dclla Maschcrciy est la
Maiso.n d'IIklkniî: va Paius, n" 7 (Ti,. joî)). Son j)lan est trèsiiT('p;uliei', et Valn'inn est une espèce de demi-péristyle. F.cs peintures de la pièce située à droite; du invl/ij/nnii sont fort ellacées; on y reconnaît cei)endant encore Apollon cl Daphné , une Néréide sur un hippH'ampc , deux tèles d'honnne^ et une femme assez élégamment velue.
Dans le péristyle, près de l'œn/.v, sont peints les serpents avec le sacrifice à Fornax, que l'on trouve plus ordinairement dans les cuisines. L'œcus est pavé en partie de beaux marbres, cipollino, jaune et gris antiques; quatre disques de brèche rose sont entourés de marbre violet, de pavonazzetto. Cette salle a conservé, dans plusieurs médaillons, les têtes de Ganymède, de Pan, de Bacchus, de Pandore, etc., et en outre au centre de ses murailles trois compositions importantes. La peinture du fond représente Ariane abandonnée, motif bien souvent reproduit^ mais remarquable ici par les détails du vaisseau très-complets et nettement dessinés. A droite est un autre sujet également commun à Pompéi, JJda montrant à Tyndare Castor, Pollux et Hélène dans un nid. La peinture de gauche est la plus belle, et c'est à elle que nous avons cru devoir emprunter la désignation de cette demeure jusqu'ici innommée. Hélène est assise, coiffée d'un diadème dont chaque fleuron est une perle; Paris, debout devant elle, l'engage à fuir avec lui, et un charmant Amour, appuyé sur les genoux de la femme de Ménélas, semble l'encourager; trois jolies suivantes assistent à cette scène de séduction.
En faisant quelques pas dans le Vico délia maschera, on trouve vis-à-vis l'une de l'autre, aux n"' 6 et 11, deux blanchisseries analogues à celle que nous avons vue dans la Via del Lupanare.
Maison dc balcon. Casa del balcone pensile (Pl. 140). Cette habitation, qui fait suite à celle d'Hélène et Paris, a été fouillée comme elle en 1862, et porte le n** 9 de la rue à laquelle elle a donné le nom qu'elle
1. Ovide, Métam., L. II. Nous verrons que ie sujet ô.' Apollon et Coronis avait déjà été trouvé à Pompéi dans une maison qui lui a dû son nom.
MAISONS I<T BOUTIOUKS.
doit cllc-nirinc à un dnlail de sa consiruclion, doni on connaissait déjà quelques exemples, mais nulle j^ail aussi bien caractérisés, si ce n'est dans les peintures antiques. A la façade, cette maison avait en saillie, non pas un balcon ])i'oprement dit, |)uis(pfuii balcon est ordinairement découvert, mais plutôt un étage porté par des j)()uti"cs et s'avançant de plus d'un mètre sur la rue. Les poutres étaient en grande partie carbonisées, mais leur forme était suffisamment conservée pour que M. Fiorelli ait pu les faire copier et rétablir le mœnianum\ tel (ju'il était à la dernière heure de Pompéi.
Maison du Balcon.
La partie antérieure de cette habitation paraît avoir été occupée par divers locataires, inquilini, et la demeure du propriétaire s'en trouvait séparée par une porte placée au fond du prolhyrum, A droite de celui-ci est une grande pièce aux murailles brutes et sans revêtement, éclairée par la lucarne fermée d'une grille bien conservée, que l'on voit à droite de notre dessin ; nous pensons que ce dut être une écurie , à moins qu'elle n'ait été un magasin de matières grossières , aussi bien
1. « Les Mœniana sont ainsi appelés du censeur Maenius, qui le premier fit avancer des poutres sur le Forum au delà des colonnes pour agrandir la place réservée au-dessus d'elles aux spectateurs. »
Mœniana apdlala sunt à Mœnio coisore , qui piinnis in foro nllyà cnlunvuis ligna projecit , quo amplia^ rentur svperioro spcclacula. P. Festus. V° Mœniana,
IM)MI>i:i.\.
que d'autres pièces clans le niêinc état qui sont à gauche du prothyrum, h la suihî do l'escalier, (lelui-ci a ('lé rétabli en bois, comme étaient du reste la j)lnj)art de ceux de Poinpéi, dont liès-souvent les premiers dcG^rés étaient seuls en pi(M-r(\ Oiialor/.c marches conduisent au mœnianmn, qui était éclaiiV; j)ar(|uatre fenéli'es faisant face à r(îscalier et aux portes de trois chambn^^ indépendantes, ouvrant sur le corridor (Miiprunlé à la l'ue. (>\s chambres, pavées en opK.s signinum , pai-aissent avoir été décorées très-simplement, à en juger par celle qui seule a conservé ses peintures. Dans l'une d'elles fut trouvé le casque d'im gladiateur qui sans doute était venu l'habiter après avoir obtenu son congé, rude donatiis \
En sortant (\[i prot/iynim, on entre dans un atrium assez irréguliè-
Fontaine de la Maison du Balcun.
rement distribué. C'est à droite, dans l'angle, que se trouve le cornpluvium, entouré d'un plateus peint en rouge. En tête est une jolie fontaine composée d'un piédestal portant une charmante statuette de
\. On remettait au gladiateur, comme signe de son congé, une baguette nommée rudis. De là l'expression proverbiale rude donari cfui signifiait être retiré des affaires.
«Tu veux, Mœcènes, que moi, vieil athlète ayant reçu mon congé, je me hasarde encore dans la lice.»
donatam Jam rude rptceris,
Mœeenas, iternm onliquo me includere Indo.
HoR., Ep. I. 1, V. 'i..
V Amour, la main droite posée sur sa (êlo\ et tenant de la gauche une coquille ayant au centre un tuyau, qui jetait l'eau dans une jolie coupe carrée portée par un piédouche cannelé. Dans l'angle gauche du piédestal, on voit aussi une embouchure avec une petite tête de Jupiter en bronze; enfin, du sommet des deux piliers, qui portaient peut-être quelque animal et qui sont placés aux côtés de la fontaine, sortent deux tuyaux qui semblent indiquer deux petits jets d'eau venant se croiser devant la statue.
Derrière la fontaine est une table de marbre dont les deux pieds, terminés en grilTe de lion, sont ornés de petites têtes réunies par des festons. Un troisième pied carré et sans sculpture est adossé à la fontaine. De ce côté on voit monter et entrer dans la plinthe du piédestal et dans le bras de la statue deux tuyaux dérivant d'un grand appareil de distribution qui existe sous la table, dans une sorte de coffre. On y compte trois robinets de bronze prenant l'eau sur un conduit principal que ferme un quatrième robinet beaucoup plus fort. Ces robinets sont revêtus de ce bel oxyde couleur lapis-lazuli, qui rend si reconnaissables les bronzes de Pompéi. On voit aussi un grand tuyau de plomb qui, partant de là, traversait la rue sous le pavé, reparaissait sur le trottoir opposé et conduisait l'eau dans d'autres maisons.
A droite de l'atrium sont trois chambres, et sur une muraille une peinture avec un ours et un sanglier. Dans une espèce d'exèdre ouverte au fond , on voit les restes d'une autre peinture représentant un Poète lisant devant une assez nombreuse assemblée ; une matrone drapée et une jeune fille demi-nue paraissent l'écouter avec attention.
Dans la cuisine , située à gauche de Y atrium, sont des latrines qui ont été restaurées. La cave enfin a une voiite ogivale dans laquelle sont percés des soupiraux ; au fond est une sorte d'auge qui contenait de la chaux.
Avant de quitter le Vico del halcone, signalons encore, au n" 11 , une petite blanchisserie dont le fourneau porte une grande chaudière de plomb très-bien conservée et en forme de capsule, et, au n° l/i, une loge de courtisane, une cella meretricia, ouverte directement sur la rue,
\. Cette figure n'est que dégrossie par derrière et, bien qu'elle soit isolée, elle semblerait avoir été destinée à une niche; nous aurons à faire la même remarque à une fontaine analogue que nous trouverons dans le péristyle de la maison d'Holconius.
442 POMIM'IA.
sans jiiicmies (IrpiMidaiiccs . ol al)solument seinhlablc à celles ({iic nous a\ons vues dans le nouveau lujxinar.
Au V/rn (Ici bnU'unc fait suite, de Taulre coté de la ru(ille d'Eumachia, une inij^asse à l'enlréc de laquelle s'élève un de ces piliers pour les eaux dont j'ai déjà parlé et qui longe la nun'aille méridionale du Panthéon. Au fond, en face d'une poite latérale de ce monument, est à gauche l'entrée de la
* Maison dk Vkms kt Mars (Pi.. 9!2), fouillée en 1820, et qui doit son nom à une peinture très-bien conservée trouvée dans son lablinum le 2^1 juin \ et représentant Vénus et Mars assis avec deux Amours, dont lun tient Tépée et l'autre le casque du dieu de la guerre. \ùalruim est très-vaste. Dans le xyste, entre deux viviers de forme oblongue, était une table de maii)re dont le pied était orné d'une figure de génie. Dans une boutique à droite du prothynnn est un ])uits de 35'", 25 de profondeur dont l'eau n'a tari qu'en 18/i9.
Revenant à la ruelle d'Eumachia et tournant à droite, on y trouve à gauche la nouvelle
Maison de la chasse (Pl. 141) -. Les peintures des murailles de y atrium ont presque toutes disparu, mais sur le soubassement on voit encore des vases^ une perdrix rouge, des lions poursuivant des taureaux, des chiens chassant un sanglier et un chien gardant des brebis. Plusieurs chambres entourant Vatrium sont assez bien décorées. Le compluvium est sans ornements et seulement encadré d'une bande de mosaïque qui contournait aussi un petit puteal situé dans l'angle à droite en entrant.
Dans les fauces , qui sont à droite du lablinum , est un corridor aboutissant à une cuisine où l'on voit encore en place un grand seau de fer fixé à la muraille et le tuyau qui servait à le remplir. A droite est peinte une femme tenant une baguette.
Le tablinum, situé selon l'usage au fond de Vatrium, est entièrement ouvert devant et derrière, et pavé en mosaïque. Les peintures de la muraille de droite sont bien conservées ; on y voit sur des panneaux rouges deux femmes tenant des masques,- et au milieu, sur
i. PoMp. Ant. Hist., IV, p. '23.
2. Celte maison est assez mal nommée; ses peintures représentent bien des animaux, mais on n'y voit rien qui ressemble à une chasse.
MAISONS I;T norïKU'KS. 443
fond l)hiii(' , un jj,rand suj(3l , Uncvlnis (rouraiil An'diic ciuloiiinc (hais nii' (le Ad.ros : un Salyrc souItno sa drajxîi'ie pendant fju(3 Silène et d'autres suivants de l^accluis la rcgard(uit avec admiration. Les peintures de la paroi de i2,auelie n'existent plus.
Derrière le tablinuin est le périslyle dont la disposition est sin^'ulière; il n'a de j)()ili(jU(; (pie devant le tabUimin, au côté droit et à la moitié du l'ond ; il reste; donc sans portique la muraille de gauche et la moitié de celle du fond qui y est attenante. Sur cette moitié est peint un lion couché auprès d'un cerf qui paraît s'inquiéter médiocrement de ce terrible voisinage; dans l'arrière-plan on distingue un chien courant. Sur toute l'étendue de la muraille de gauche, on voit peints, de grandeur naturelle, un ours altaquant un sanglier^ et à droite un lion qui semble allendre la fin du combat pour dévorer vainqueur et vaincu. Au milieu de Varea est un petit bassin de marbre avec jet d'eau. Un pluteus peu élevé et peint d'un rouge très-vif réunit les trois colonnes du portique de droite et les deux formant le demi-portique du fond. Derrière celui-ci est un grand œcus pavé en mosaïque ouvrant à droite par une large fenêtre sur un xyste, et à gauche, par une petite porte sur une pièce fort simple qui semble avoir servi de procœton k une chambre bien décorée qui avait une seconde entrée sur le péristyle. Des peintures de VœcuSj, il ne reste qu'un cartel contenant le buste, deux tiei's nature, de Bacchus vêtu d'une peau de panthère et couronné de lierre, et derrière lui une tête jeune, coiffée d'une sorte de turban jaune et dont il serait impossible de déterminer le sexe.
Un escalier de cinq marches, que l'on trouve de suite à droite en entrant dans le péristyle par les fauces , descend dans un assez vaste jardin ou xyste carré, où sont à gauche une grande auge de maçonnerie et une plus petite placée devant, communiquant entre elles par un tuyau de terre cuite. Dans le xyste, devant une grossière peinture murale représentant un bocage et des oiseaux, est un peu à gauche du centre un petit autel de maçonnerie couvert d'une grande tuile à rebords; sur le devant de celui-ci est peint un plat contenant des figues, une pomme de pin et deux branches d'olivier ; derrière le plat est une élégante aiguière; les peintures latérales, d'une exécution plus que médiocre , présentent à gauche un autel, un arc, un carquois et deux chiens, et à droite une corbeille portée par une console.
444 POMIM'IA.
Le xyste a, sur le Vicolo dcUa maschera, une sortie qui y porte le iV 12.
l*rcs(iuo (3n fac(^ de la maison de la (lliasse est la *1Maison dk i-A l^':(:iii':iisi:. délia juscalrice (IM-. 9»^), découverte eu 48'2i2 et 1S'2.'^. Dans V(ilrit()}i est une caisse à (leurs en nnaçonnerie, et au fond dans une petite chambre on voyait trois peintures, VEnlèvement d'f}uroj)(\ Narcisse^ et Vénus péchant à la Uf/nc/^ qui a donné le nom à la maison; de Vénus seule il reste encore quelques traces.
Parcourant dans toute sa longueur la Via degli Scheletri qui, ainsi que nous l'avons dit\ doit son nom aux squelettes qui y furent trouvés en 1803, on arrive à la rue du Lupanar, ei l'on y trouve à gauche, entre les n"*' 26 et 27, une grande muraille de 5'", 75 de largeur dont toute la partie inférieure jusqu'à la hauteur de l'",50 est occupée par deux énormes serpents s' approchant d'un autel sur lequel sont une pomme de pin, deux œufs et quelques fruits (Pl. 143). Dans le fond rouge on lit cette inscription peinte en gros caractères : Otiosis hic locus non est ; discede, morator, « Ce n'est point ici la place des oisifs; flâneur, éloignetoi. )) Cette inscription s'accorderait peu avec les diverses suppositions qui ont été émises au sujet de la maison voisine, désignée généralement sous le nom de
Gaupona, cabaret (Pl. H2). Au-dessus de la porte n° 26 est en saillie une sorte de poutre de pierre que l'on a prise sans trop d'apparence pour une image phallique et qui n'était peut-être destinée qu'à soutenir une enseigne. Il n'en a pas fallu davantage pour que la petite pièce à laquelle la porte donne accès et même la maison attenante avec laquelle elle communique seulement par une fenêtre et dont l'entrée est sur le Vico del balcons^ fussent regardés non pas seulement comme une taverne, mais même comme un lupanar. Cependant dans la maison rien n'a été trouvé qui justifie cette conjecture aussi incertaine que celle d'Overbeck, qui dans la boutique voit simplement une pharmacie*.
C'est juste en face de cette boutique et derrière les nouveaux bains que se trouve la