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La plupart de ces panneaux sont détruits

130 POMPHIA.

porlicr // on pliilùl à une boutique, (|ui dût cti'c un thermopole, car on y trouva une ina«2;nirKjuc bouilloire de bronze et ses murailles étaient élégannnenl décorées, cl à une porte .v, large de !2"',15 ouverte à l'angle S.-O. de rédilice à ccMé de la fontaine / qui a doiuK' Ui nom à la rue de la FouldinC'iV Abondance , et (|ui présente sur son ci[)pe, place non au miiicMi du bassin, mais vers la gauche, une liguie scul[)tée tenant une corne d'abondance. La porte .v, (jue surmonte rinscription dont j'ai parlé pagei!2f|, et la façade de la boutiqu(î u, forment les deux dernières travées de l'album // r.

La porte de l'escalier r, voisine de la niche d'Eumachia, conserve encore son seuil de pierre calcaire avec ses crapaudines ; elle était pour la symétrie répétée en camaïeu jaune, à gauche de cette môme niche. Cette porte feinte x est très-intéressante, parce que, presque seule, elle nous a fait connaître la disposition des portes en bois de Pompéi , dont aucune n'est parvenue jusqu'à nous ^ ; elle a 2 mètres de large sur o'",25 de haut. Sa largeur est partagée en trois panneaux contenant chacun deux compartiments longs et étroits. Au milieu est figuré un très-petit anneau qui aurait servi à la tirer.

On a pu se convaincre par l'examen auquel nous venons de nous livrer combien cet édifice ressemble peu à aucun de ceux que nous a légués l'antiquité et, par suite, combien il est difficile d'en déterminer d'une manière positive la destination. Recourant à l'inscription de la statue d'Eumachia élevée par les foulons, on a conclu avec quelque vraisemblance que si les foulons avaient érigé une statue à la fondatrice de l'édifice, c'est que cet édifice avait été destiné par elle à leur usage. L'opinion qui a prévalu est donc que ce monument fut un lieu de réunion de la corporation, ou, comme on disait chez les Romains, du collège des foulons ou marchands de draps et de laines, corps de métier qui fut sans doute un des plus importants et des plus riches de Pompéi. Voyons donc dans l'édifice qui nous occupe une sorte de bourse, et tout s'explique : le Ghalcidique est destiné à ce que chez les modernes on nomme la petite bourse j, c'est-à-dire la réunion des spéculateurs avant et après la clôture; des crieurs, placés sur les deux tribunes qui

1. On conserve dans le temple de Mercure une empreinte en plâtre coulée dans le creux laissé dans la cendre par une porte en bois carbonisée par l'éruption.

FOUUM. lai

s'y trouvent , vendent sur éclianlillou des laines et des étoiles. J.a bourse se tient pendant Tété sous le p()rli(|ue; quand le temps est iVoid ou pluvieux, dans le cry[)to-portique ; enfin, dans riiémicycle, aux pieds de la statue de la Piété ou de la. Concorde peuvent siéger des juges, des prud'hommes, chargés de décider des différends survenus entre les commerçants. Il est plus dilTicile de se rendre compte de remploi des cuves placées dans V Impluvium ; on a pensé qu'elles purent servir à des prêtres attachés au collège des foulons pour laver les linges sacrés, ou bien à abreuver des moutons amenés dans cette enceinte pour faire apprécier leur toison, à purifier des échantillons de laine, etc. ; mais nous devons avouer qu'aucune de ces suppositions ne nous semble complètement satisfaisante, et que si de nouveaux documents ne viennent pas à être découverts, nous devons renoncer à l'espoir d'être fixés sur la question.

Continuant le tour du Forum, on trouve après le temple de Mercure (page 65) l'édifice qu'on désigne sous le nom de la Curie.

Curie (Pl. L). Ce monument fut découvert de 1817 à 1818. Sa forme tout à fait inconnue jusqu'à ce jour, l'absence complète d'inscriptions, de statues , de peintures qui puissent fournir quelques indices, enfin sa ruine presque totale, rendent sa destination fort incertaine. On le prit d'abord pour un temple, puis le voisinage du temple d'Auguste fit penser à quelques antiquaires qu'il avait pu être destiné à la réunion des Augustals; mais il n'y avait aucune communication entre les deux édifices, et d'ailleurs aucune preuve n'était apportée à l'appui de cette supposition. Les auteurs qui ont cru voir ici un comitium, lieu où le peuple votait pour l'élection des magistrats, n'ont pas réfléchi que le plan de ces ruines ne s'accorde nullement avec les renseignements laissés par les écrivains de l'antiquité. Jusqu'à plus ample informé., nous croyons donc devoir nous en tenir à l'opinion généralement reçue qui reconnaît dans cet édifice une Curie ou Senaculum, lieu consacré aux assemblées des principaux magistrats de la ville , sa position sur le Forum rendant cette hypothèse assez vraisemblable^.

La Curie se composait d'une grande salle rectangulaire A. richement décorée, large de 18 mètres, longue de 20, terminée au fond par

i. VlTRLVE. L, V. C. 2.

POMPKIA

un hémicycle H; sa conslniction en bi'iquos h plat et en petites pierres (le tuf. disposées en o/iiis irliciilahim ' oi revêtues de marbre, ne permet pas de douliM" (in'ellc ne dale de répocpie de la domination romaine; malheureusement, de tous ces marbres il ne reste que quelques parties de dallage, une moitié de base du pilasli-e ((, el un fragment de cliam-

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Plan (le la Curie.

branle b. Au milieu de la salle, sui' un pavé de marbre et sur un degré, s'élève un massif carré G, qui fut un autel ou le piédestal d'une statue. Deux autres piédestaux se trouvent dans deux grandes niches ou renfoncements carrés D E placés aux deux côtés de l'édifice et durent également porter des statues % à moins que, comme Gau le suppose, ce n'aient été des autels destinés à Faccomplissement de certains rites religieux usités dans les assemblées politiques. Le même auteur croit , et cette conjecture est parfaitement admissible, que l'architrave de ces niches était soutenue par deux colonnes, comme on l'observe aux chapelles du Panthéon de Rome; en effet, on voit encore dans le sol les dés de pierre qui les portaient. Dans le renfoncement E se trouve l'entrée de plusieurs salles F, placées derrière l'hémicycle, et dont la destination n'est pas moins problématique que celle de la salle principale. On pourrait pourtant, dans l'hypothèse de la Curie, y voir un dépôt pour les archives. En avant des huit autres niches, Cj, d, e, f, g, h, i, ky le soubassement de briques faisant une légère saillie semble former autant de piédestaux; enfin, un piédestal plus grand / occupant le fond de l'hémicycle portait une statue assise, ou plutôt, à en juger par sa largeur qui n'est pas moindre de /i'",85, put servir de tribunal aux magistrats qui présidaient l'assemblée.

i. Nous avons déjà dit qu'on appelle ainsi un mode de construction essentiellement romain, consistant en briques ou en petites pierres carrées disposées de manière à ce que la surface de la muraille présente l'apparence d'un filet.

2. Le 21 août 1818, on trouva dans cet édifice une statue drapée sans tête, et les jours suivants des fragments de plusieurs autres statues.

FOULM. 133

Le dernier édifice que présente le côlé oriental du Forum est le P\iNTiii':o.\ ou TivMrLK d'Algistk (page ()9). Enli'e ce monument et le temple de Jupiter est un large passage, principale entrée du Foj'um , ouvrant sur la rue des Augustals, en face de la rue du Forum et décorée d'un

A lie DR Tuio.MrnE {Vl. !2) découvert en mai 1818. Cet arc, le plus grand des quatre existant au Forum, n'a qu'une seule ouverture de 4'", 15, renfermant deux degrés coupés eux-mêmes par trois bornes*. Les piliers ont chacun 5'", 15, ce qui donne 10'", 45 pour la largeur totale du monument. Il était construit en i3riques au-dessus d'un soubassement de pierres calcaires, revêtu de marbre et décoré des deux côtés de colonnes et de niches. De tous ces ornements il ne reste du côté sud ou du Forum qu'une base de colonne à chaque pilier, (^elle de

Grand Arc de Triomphe.

gauche, assez bizarrement engagée dans le mur du temple de Jupiter qui la masciue en partie, est surmontée d'une portion de fût cannelé; celle de droite ne porte point de colonne, mais elle est attenante à un fragment de moulure assez considérable. Du côté nord regardant la rue du Forum, on voit au pied du pilier de gauche et réunies par une

1. Nous avons dit, page 121, que cette entrée longtemps crue accessible aux voitures ne l'était pas plus que les autres, ainsi que Tout prouvé des fouilles récentes qui ont fait retrouver les marches et les bornes; d'ailleurs le pavé en dalles rectangulaires du passage entre les deux temples ne porte pas la moindre trace de roues.

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luoiilure de marl)re doux l)ascs dont une porlaiil un commencement de fût. Sous Tare cs( une moulure d'ini profil diiïéreiit parlant du pilastre d'anjAlc; enfin le pelil côté orientai du nioiunnenl consei've des fraj^ments d'une plinthe et d\in j)ilaslre cannelé. Tous ces ornements sont d'un assez mauvais slyle, et on les attribuerait volontiers à une époque de (h'cadence, si la date de iadcsiruclion de Pompéi n'élail pas connue. Les niches du côté septentrional sont très-profondes et étaient revêtues intérieurement de stuc et de marbre. Un bout de tuyau trouvé dans l'une d'elles et un réservoir ménagé dans le massif du monument ont fait supposer que les slatues qu'elles contenaient avaient pu surmonter des fontaines. Ces statues n'ayant point été red'ouvées, nous devons croire qu'elles avaient été renversées par le tremblement de terre. Sui' le petit côté de l'arc, derrière le temple de Jupiter, est une peinture représentant le serpent symbolique, peinture dont nous avons parlé, page 82. Cette peinture est aujourd'hui presque effacée \

Signalons en passant les restes d'un autre arc de triompiil

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Arc de la i-uc de Mercure.

(Pl. 38), accompagné d'une fontaine, et faisant face au premier; il est situé à l'entrée de la rue de Mercure, au bout de la rue du Forum. Il est comme le premier construit en briques, et n'a de même qu'une seule arcade de 3 mètres d'ouverture. La largeur totale du monument est de 6'", 50 et sa hauteur actuelle de 9'", 50. II paraît avoir supporté une statue équestre en bronze que l'on supposa avoir été celle de Caligula

\. Le 13 avril 1818, on trouva, sur le sommet de l'arc non encore déblayé, cinq monnaies dor, soixante et une d'argent, six de bronze de grand module, une patère, une grande épingle et un plat de bronze.

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