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la lettre en tète du chapitre

2. Perse tourne en ridicule un magistrat de province qui se croyait un personnage important parce qu'il avait le droit de faire briser les mesures fausses d'un édile :

Sese aliqucm credens, Ilalo rjuod honore supinus,

Fregeril heminas Areti œdilis iniqn-as.

Sot. I.

I3.S POMPHIA.

Poin[)L'i aii\ (luuiuvirs dv justice. La siiiTacc clc la pieri-c préscnlc cin(| cavili's ciri iilaires assez semblables à celles de nos roiirncaux potagers; elles sont rangées sur une seule Iii!,iie par ordi'e de capacité, depuis la plus petite à gauche, large à son embouchure de O'MOl rA profonde de ()"'.l<Sr). jusqu'à la plus grande à droite dont le diamètre est de ()'"., ')! (S et la hauteur de O'".,'),"). Ces cavités sont un peu renllées au centre; le fond arrondi est percé d'une ouverture circulaire qui, pour les mesiu'es destinées aux solides, se fermait avec une coulisse de bronze, et pour celles réservées aux li(iuides avec un bouchon; ces ou\ertures [)ermettaient de videi* facilement les mesures. Deux mesures j^lus petites, l'une de 0"',095, l'autre de 0'",I06 de diamètre, creusées aux deux angles de la i)ierre, rendaient les liquides par des robinets placés aux extrémités de l'inscription. Quelques fragments de bronze scellés au plomb indiquent que les mesures étaient fermées par des couvercles de métal. Le nom particulier de chacune d'elles était inscrit autour de Tembouchure, mais les caractères paraissent avoir été effacés à dessein. Une seconde pierre du même genre reposant également sur deux jambages est placée à 0"',55 au-dessus de la première; elle n'est percée que de deux cavités de 0'",25 de diamètre. Ces pierres si curieuses ayant été portées au musée de Naples, on les a remplacées à Pompéi par la copie grossière et inexacte de l'une d'elles.

Outre ces étalons de mesures, on avait encore découvert au Forum, dans l'une des boutiques de la façade du temple d'Auguste, deux petites tables posées de même l'une sur l'autre et contenant aussi des mesures.

Suivant la muraille du temple de Vénus et traversant la rue de la Marine, on trouve à l'angle S.-O. du Forum un des principaux monuments qui le décoraient, la

Basilique (Pl. N). Tite-Live nous apprend que la Basilique, dont l'origine est purement grecque, ainsi cjue son nom même l'indique, ne fut connue des Romains qu'après la première guerre de Macédoine, c'est-à-dire environ 200 ans avant J.-G. Dans le principe, la Basilique (Ba(7i>.£u<;, roi ; olîco;, maison) dépendait de l'habitation de.s rois, et c'est sans doute parce que, dans ces temps reculés, les princes y rendaient eux-mêmes les jugements, que plus tard, lorsqu'un édifice spécial fut consacré à l'administration de la justice, cet édifice conserva le nom de basilique. La dénomination de cour royale appliquée chez les modernes

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ù ccrlains tribunaux pourrait l)ion avgir une origine seniblai)lt'. Cette portion de la demeure royale consistait, selon \'itruve, en de grande» salles somptueusement décorées et capables de recevoir de nombreuses assemblées : (( 11 doil s'y trouver, dil-il en (l('cii\ant les j)alais de son temps, des bibliothèques et des hasilif/ucs qui aient la magnificence (ju'on voit aux édifices publics, parce que dans ces demeures il se fail des assemblées pour les alTaires de l'Elat et pour les jugements et arl)itrages par lesquels se terminent les dill'érends des particuliers \ »

L'usage des basiliques fut, ainsi que je Tai déjà dit, commun aux Grecs et aux Romains ; mais A'itruve ne nous apprend pas quelles dilî'érences caractérisaient cette sorte d'édifice chez les deux peuples, ce qui semblerait indiquer qu'il n'en existait point de notables. Après avoir fait observer les dissemblances de forme et de construction qui distinguaient le Forum romain de l'^^ora des Grecs, il passe sans faire aucune autre remarque à la description de la Basilique.

(( Les basiliques, dit Vitruve % édifices adjoints au Forum, doivent être situées dans l'endroit le plus chaud, afin que ceux qui y viennent trafiquer pendant l'hiver n'y ressentent pas autant la rigueur de cette saison. Leur largeur doit être au moins de la troisième partie de leur longueur et de la moitié au plus, à moins que l'emplacement ne permette pas d'observer cette proportion. S'il y a trop d'espace en longueur, on fera des Ghaîcidiques aux extrémités. La hauteur des colonnes des basiliques doit être égale à la largeur des portiques, et cette largeur sera de la troisième partie de l'espace du milieu. Les colonnes de l'étage supérieur doivent être plus petites que celles d'en bas; ce second ordre sera posé sur un piédestal continu qui forme appui, pîuteus^ ou balustrade assez élevée pour empêcher ceux qui sont dans les galeries hautes d'être vus par les marchands qui occupent la partie inférieure. Quant aux architraves, aux frises et aux corniches, elles auront les proportions qu'on leur donne dans les autres édifices. Les basiliques peuvent réunir tout ce qu'il y a de beau et de majestueux dans l'architecture. »

i. C'était aussi quelquefois dans les basiliques que professaient les philosophes : (t A la prièrfr de mes amis, dit Apulée, j'avais prononcé une dissertation publique ; une foule nombreuse avait rempli la basilique où j'avais parlé. Ingenti celebritate basilicain {qui locus auditorii erat\ corn- Vlentes » Apologia.

14!) PO.MIMMA.

La foi-iiK; ci la disposition des basiliques élaicnt en (3iïet les [)lus avaiila<i;eiises (ju'oii pùi imaginer puiir de grandes salles, ci leur conslruclioii réunissait le double nxh'ile de la solidité et de l'économie. D'apivs la description de Vitriive, on pourrait croire ({ue les l)asiliqucs n'étaient jamais divisées ([u'cn trois nefs, et c'est ainsi que nous les présentent tous ceux (|ui en ont restitué le plan d'après ces données ; il en était ainsi en généivd, mais nous avons des exemples de basiliques ayant (piatre ran<^s de colonnes et par conséciuent cin({ nefs. Loi'sque, sous le règne de Constantin, le christianisme put enfin se montrer au grand jour et secouer la poussière des catacombes, il s'empara avec empressement des basiliciucs romaines, édifices purement civils et qui n'avaient pas été, comme les temples, souillés par le culte des faux dieux; leur disposition parut même si favorable, que, jusqu'au xi*" siècle, on ne s'en écarta que fort peu. On sait que plusieurs de ces premières basiliques chrétiennes sont parvenues jusqu'à nous; Saint-Paul, Saint- Laurent, Sainte-Agnès-hors-les-Murs de Rome, avaient pu nous donner une idée exacte de la basilique antique ; la basilique de Pompéi S reconnue dès iSOG, mais qu'on n'acheva de découvrir qu'en 1815 % nous présente ces édifices sous un nouveau jour, car en plusieurs points elle s'écarte des règles tracées par Vitruve, et par conséquent du plan ordinaire de ces monuments, c'est-à-dire d'un parallélogramme rectangle terminé par un hémicycle % et divisé par deux rangées de colonnes surmontées d'un second ordre formant galerie.

La surface occupée par la basilique de Pompéi est longue au midi de 67'", 08, et au nord de 66'%G0 ; nous dirons bientôt d'où provient cette différence ; la largeur est de 27'", 35. L'édifice était isolé de trois côtés par des rues plus ou moins larges et la façade tournée à l'orient était raccordée avec l'alignement du forum a b, à l'aide d'un vestibule, d'une sorte de Ghalcidique ^ c, de profondeur inégale à ses deux extrémités, qui ont l'une 5'", 15 et l'autre seulement 4'", 55. On y pénétrait par cinq portes d cl, calaractœ^ qui, pour se fermer, tombaient dans des

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