‹ Pompeia décrite et dessinéeChapitre 86 sur 293 · PoMP. Am. Hist., ni · texte numérisé non relu

PoMP. Am. Hist., ni

2. Diverses autres inscriptions se trouvaient sur les murs extérieurs de la basilique; les unes sont effacées, les autres ont été portées au musée. Ces inscriptions ont été recueillies et publiées par un archéologue anglais, Wordsworth, sous ce titre : Inscriptiones Pompeianœ or spécimens and faC'Similes of ancient inscriptions discorvered on the icall of buildings at Pompei. Lo.ndox,

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Ireinhlonieni de terre; ses colonnes, ses murailles avaient été en grande paiiiiî renvers('(\s el nulle part ell(\s n'avaient conservé Icmu- hauteur priniili\(\ On (>sl donc, sur i)eaucoup de poinis, réduit aux conjectures. D'ahoi-d. et c'esl par là surtout ((ue la l)asili([ue de Pompéi s'éloigne des règles tracées par Vitruve, il nous paraît hors de doute que la nef du milieu N ne fui jamais couverte et qu'on ne doit y voir qu'une espèce (V(ir('(( ou {riini)lnn'nin. Les |)reuves ne nous manquent pas à l'appui de cette assertion, ({ui cependant a été combattue par plusieurs auteurs. Si le centre de l'édilice eut été couvert, les (juatre colonnes i i ii n'eussent point été placées à chacune de ces extrémités, tandis qu'évidemment elles continuent le porticiue k l m ii cfui environnait Varra. En outre le sol de cette aroa, autrefois dallé en marbre, se trouvait à un niveau inférieur à celui du portique ; au pied du degré qui porte les colonnes règne un caniveau de terre cuite destiné à conduire les eaux pluviales dans une citerne où l'on puisait l'eau par une margelle oaputeal o, ([ui existe encore dans l'entre-colonnement qui fait face à l'entrée latérale du nord ^ Cette margelle même est un nouvel argument à l'appui de notre opinion ; eiàt-elle été placée de manière à intercepter le passage de la porte au centre de l'édifice, si cette porte n'eut eu pour unique destination de permettre d'entrer sous les portiques? Ajoutons enfin qu'on a trouvé d'élégants fragments de chéneaux et des antéfixes ornés de têtes de lion, de masques et de palmettes qui ne peuvent avoir appartenu qu'à l'entablement du portique du côté de Varea.

Cette disposition une fois admise, d'autres difficultés se présentent. Le portique était soutenu par vingt-huit colonnes qui s'éloignent absolument des règles de Vitruve, suivant lesquelles ces colonnes devaient avoir une hauteur égale à la largeur des portiques. Ici, elles n'ont pas moins de ii mètres de hauteur, tandis que les portiques n'ont que 5'", 85 de largeur. Contre les murailles sont appuyées des colonnes engagées, d'ordre corinthien, hautes seulement de 6"', 90, ce qui, au premier abord, pourrait faire supposer que, contrairement à un usage presque constant, le toit aurait été incliné à l'extérieur, on qu'un plafond aurait reposé à scellement sur le fût des grandes colonnes, ce qui

1. A notre dernière visite à Pompéi, nous avons trouvé, avec un vif regret, le sol de la basilique récemment nivelé dans toute son étendue, ce qui a fait disparaître ces divers détails, si utiles à l'intelligence du monument.

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oùt ctô (lu pln> mauvais clîet. Ce(l(3 inégalité ciit été encore plus choquante si, comme à l'ordinaire . les colonnes du milieu eussent été surmontées d'un second ordre. Voici ce qui nous paraît le plus vraisemblable : le second ordre n'existait pas, et Vitruve lui-même s'était permis cette innovation dans la construction de la basilique de Fano ; nous-mêmes avons pu naguère en voir un exemple dans la i)asilique de 8aint-Paul-hors-les-Murs, à Home. Au-dessus des colonnes engagées dans la muraille et de leur corniche, dut régner une sorte d'attique avec des pilastres atteignant la hauteur de l'architrave des grandes colonnes, et alors sur les colonnes et sur les pilastres purent reposer des termes en charpente portant un toit à deux rampants. Nous regrettons que l'état des ruines de la basilique ne permette pas de vérifier ce que notre supposition peut avoir de juste ou d'erroné.

Les grandes colonnes sont d'ordre ionique, et leurs chapiteaux olTrent beaucoup d'analogie avec ceux du temple de Vesta, à Tivoli, monument de l'ancien style italique ; ils doivent sans doute appartenir à peu près à la même époque, c'est-à-dire au commencement du dernier siècle avant Jésus-Christ."

Coupe d'une colonne.

La construction de ces colonnes est très-remarquable; elles sont composées d'un noyau de briques rondes de 0'",03i d'épaisseur, entourées de dix briques pentagonales superposées, pleins sur joints ; les angles extérieurs de ces pentagones forment les arêtes d'autant de cannelures, et le nombre de celles-ci est doublé par dix autres arêtes prises dans le stuc dont la colonne est revêtue. Les chapiteaux en tuf volcanique offraient encore les traces d'un enduit dont l'application, faite avec le plus grand soin, donnait aux ornements et aux moulures mie fmesse que n'avait pas la pierre, plus grossièrement travaillée. Quant aux murs et aux colonnes engagées, ils étaient construits en blocage et en briques ordinaires revêtues de stuc colorié.

Le nu de la muraille est décoré de refends peints à l'imitation de

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marbres do dilTcrcnlcs couleurs; le soubassement est formé de deux larges bandes. Tune rouge, l'autre noire, séparées par des filets jaunes, rouges, vcils cl blancs. Sur le stuc dur et biillanl, des oisifs avaient li'acé au pinceau ou à la pointe luie foule d'inscrij)tions toutes devenues illisibles '. Quel(iu(\s-unes nous on! été conservées par les auteurs qui on! encore pu les copier avant leur destruction ; je n'en citerai qu'une seule, trouvée le Î28 octobre 1(S1o, cjui, malgré le solécisme qu'elle renferme {sih'f pour sitiat), rappelle par sa forme et sa concision les épigrammes de IMartial :

SVAVIS VINARIA SITIT UOCO VOS VALDK SITIT.

« Suavis lu marchande de vin a soif; je vous en pi-ie, qirellc ait donc bien soif,

pour boire loul son vin '-. »

La peinture n'avait pas été appelée seule à la décoration de l'intérieur de la basilique ; la sculpture y jouait aussi un grand rôle, si l'on en juge par les statues, les hermès, les vasques et môme les fragments de statues équestres qui y ont été trouvés.

Au fond de l'édifice est une tribune p qui, au lieu de s'arrondir en hémicycle, se présente sous la forme d'un grand stylobate élevé de 2 mètres au-dessus du sol du portique, orné de demi-colonnes, et présentant à sa façade six petites colonnes isolées, également d'ordre corinthien. Ces colonnes avaient été renversées par le tremblement de terre, et l'on a retrouvé et déposé sur le devant de la tribune plusieurs bases et chapiteaux de marbre qui devaient remplacer les anciens. L'opinion la plus généralement reçue est que ce stylobate servait de tribunal au duumvir chargé de rendre la justice. L'entre-colonnement du milieu étant plus large que les autres, on pouvait en efî'et y placer la chaise curule du magistrat. Si telle fut réellement, et des preuves nombreuses se réunissent pour le faire croire, la destination de cette tribune, il faut avouer que sa disposition était bien peu commode ; on ne pouvait y monter que par des escaliers, sans doute en bois, dont il

1. C'est ainsi que s'étalaient au-dessus du tribunal même de Verres des inscriptions satiriques contre sa favorite, la trop fameuse Pipa, de quâ muliere versus plurimi suprà tribunal et

suprà prœtoris caput scribebantur.

CiCEco. In Verrem. DI, 33.

2. Plusieurs autres épigrammes plus vives ne pourraient être répétées ici.

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ne reste plus do traces, et le magistrat se trouvait cache aux yeux de tous ceux qui ne se pressaient pas immédiatement à ses j)ieds dans l'étroit portique, i)ar deux colonnes de ce porti(|ue et par un grand [)iédeslal 7, revêtu de marbre blanc, qui dut |)oiie'.- une statue équestre de bronze doré dont des fragments furent retrouvés épars dans la basilicpie en décembre J8I0 et dans les premiers mois de i81/j. '. Malgi'é cette découverte, quelques auteurs ont pensé que ce piédestal pourrait bien avoir été un autel sur lequel, selon l'usage, le duumvir, avant l'audience, aurait fait serment de juger selon la loi et sa conscience. Cette supposition ne nous semble pas admissible, le piédestal n'ayant pas moins de 2'", 25 de hauteur.

Enfin, sous la tribune, et ce n'est pas un des moindres arguments en faveur de roi)inion qui veut y voir un tribunal, se trouve un véritable cachot auquel on descendait par deux petits escaliers r qui existent encore. Les murailles sont d'une grande épaisseur et les deux soupiraux qui ouvrent à l'extérieur du monument étaient garnis de barreaux de fer. Ce souterrain, long de 8"\30 et large de k mètres, recevait en outre de l'air par deux trous ronds ouverts dans la voûte.

TniBUNAUx (Pl. 0). Nous arrivons enfin au quatrième côté du Forum; il est occupé en entier par trois grandes salles entièrement isolées par des ruelles qui fermaient sur le Forum par de petites portes, de manière que les bâtiments ne présentassent pas d'interruption. La construction de ces édifices dut être antérieure à celle du Forum, car aucun des trois n'est placé dans son axe '. Leur destination est fort incertaine ; on y a vu des temples, des chapelles, un trésor, parce que dans la salle du milieu on a trouvé plusieurs coffres vides en pierre et ({uelques pièces de monnaie d'or et d'argent. L'opinion qui a prévalu et qui, en eiïet, paraît être la plus probable, est que ces trois édifices furent des tribunaux affectés au jugement des affaires d'importance secondaire; nous allons voir que leur disposition est bien appropriée à cette destination. Les trois salles sont de grandeur inégale et diversement décorées, mais toutes trois sont de forme rectangulaire et ont à l'extrémité un renfoncement avec un soubassement qui dut porter le

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