Vazer. Max, L. Il, c. 4, S
2. La loi Roscia fut portée l’an de Rome 685 (68 ans av. J.-C.) par Lucius Roscius Otho, tribun du peuple; elle défendait de prendre place sur l’un des quatorze gradins réservés aux chevaliers quand on n’avait pas 400,000 sesterces de biens (environ 80,000 francs).
« Ainsi le décida l’orgueilleux Othon, qui établit parmi nous des distinctions, »
Sic libilum vano qui nos distinxit Olhoni.
JuvéNaL, Sat. III.
« Acquérez, dit ailleurs le satirique latin, la somme en vertu de laquelle la loi d'Othon permet de s'asseoir sur l’un des quatorze gradins de l’amphithéâtre. »
ARS OA effice summam
Bis septem ordinibus quam lex dignatur Othonis. Sal. XIV.
L'an de Rome 695, dix ans seulement après la promulgation de la loi, les chevaliers ayant, dans une représentation, accueilli froidement César et applaudi Curion à outrance, il fut question, dit Cicéron (lettre 45, à Atticus), d’abolir la loi Roscia et de retirer ainsi aux chevaliers leur privilége.
Il était passé en usage de désigner par le mot quatorze seul les gradins réservés, et nous lisons dans Suétone: «De la scène il alla s'asseoir dans les quatorze, en passant par l'orchestre. »
Sessum in quatuordecim e scena per orchestram transit. Vie de César, c. XXXIX.
3. Suétone lui-même contredit ce qu’il avance ici: «Claude, dit-il, assigna des places aux
sénateurs qui, avant lui, n’en avaient point de marquées, promiscuè spectare solilis. » Vie de Claude, c. XXI.
4. 11 parait que ce décret ne fut pas exécuté sous les successeurs d’Auguste, car nous lisons également dans Suétone : « Claude permit aux députés des Germains de s'asseoir dans l'orchestre, ayant vu avec quelle simplicité et quelle confiance ces envoyés, qu’on avait fait placer parmi le peuple, étaient allés se mettre à côté des ambassadeurs des Parthes et de l'Arménie assis parmi les sénateurs, disant qu’ils ne leur étaient inférieurs ni en qualité ni en courage. »
Ibid., c. XXV.
pourraient se placer à l’amphithéâtre; il ne permit aux femmes de voir les combats de gladiateurs que du lieu le plus élevé, tandis qu’elles étaient accoutumées auparavant à rester confondues avec les autres spectateurs. Îl n’accorda qu'aux seules vestales une place séparée au théâtre, et vis-à-vis la tribune du préteur. Il éloigna tellement les femmes de la vue des athlètes, que, dans les jeux qu’il donna comme pontife, le peuple lui demandant un couple de lutteurs, il le remit au lendemain, et proclama qu'il ne trouvait pas bon que les femmes vinssent au théâtre avant la cinquième heure du jour‘. »
Vous voyez que, chez les Romains comme chez les Grecs, les. gradins supérieurs et la galerie, dont je parlerai tout à l'heure, étaient réservés aux femmes, aux esclaves et aux hommes vétus de gris, expression qui servait à indiquer la dernière classe de la plèbe. « Nous arrivâämes, dit Titus Calphurnius, Tit. VIT, nous arrivâmes à des places où la tourbe en haiïllons, et mêlée à des femmes, jouissait du spectacle. » Voir le spectacle du gradin le plus élevé, de summd cave spectare, était un proverbe qui désignait la plus misérable condition. Sénèque, en parlant de mots qui ne conviennent qu’à la canaille, les appelle verba ad summam caveam spectantia.
Le dernier rang de gradins était lui-même ordinairement surmonté et entouré d’un portique qui servait de refuge au public en cas de pluie, et qui avait l'avantage d'arrêter et de renvoyer la voix des acteurs *. Cette galerie, quelquefois divisée en loges, venait souvent se raccorder avec un autre portique ménagé derrière la scène. C'était là qu'étaient placés les modillons qui recevaient les poutres destinées à soutenir le velarium. On sait que les théâtres des anciens n'étaient pas couverts; il n’y avait d'exception que pour les plus petits, appelés Odéons. Le velarium, en grec raoaréraoua, était donc indispensable pour garantir les spectateurs de l’ardeur du soleil. Selon Pline, c’est en Campanie que prit naissance l’usage de couvrir ainsi les théâtres; Quintus Catulus l’introduisit à Rome, et Lentulus Spinther fut le premier qui y employa