Tout était porté au palais de Portiei
17 juin de là même année, et ils ne furent pas repris pendant la première restauration de Ferdinand 1°", de 1800 à 1806.
Nommé roi de Naples par décret impérial, Joseph Napoléon fit, le 11 mai 1806, son entrée solennelle dans cette ville qu'il devait quitter le 23 mai 1808 pour monter sur lé trône d’Espagne. Pendant ce règne de deux années, les travaux recommencèrent à Pompéi le 5 octobre 1807, et avec quelque énergie, grâce à l'intérêt que portait à ces recherches le toutpuissant ministre de la police, Christophe Saliceti; 6,000 ducats (25,000 francs) y furent affectés, et les surveillants et ouvriers atteignirent le nombre de 156: mais il faut ajouter que parmi eux on comptait quantité d'enfants et que ce chiffre ne fut pas toujours maintenu. Enfin en 1808 commença pour Pompéi la plus heureuse des périodes. Murat fut appelé au trône de Naples et la nouvelle-reine, Caroline, si différente de celle qui Favait précédée, prit en quelque sorte sous sa direction ces travaux qu'elle venait visiter presque toutes les semaines ; 2,000 ducats (8,500 francs) y furent consacrés par mois et le nombre des travailleurs, tant ouvriers civils que sapeurs du génie, dépassa parfois six cents, surtout en 1812 et 1813.
Après la seconde rentrée de Ferdinand 1®, en juin 4815, les travaux continuèrent quelque temps avec une certaine activité: mais dès 1819 nous voyons le nombre des ouvriers réduit à quinze ou vingt; en 1891 il n’est plus que de trois ou quatre, et trop souvent même faute de fonds les fouilles sont complétement suspendues. Elles marchèrent lentement, mais enfin-elles marchèrent sous les règnes de François 1 et de Ferdinand II. Rien ne marqua le passage de François II sur le trône de Naples : les travaux furent entièrement suspendus du 1% janvier au 19 décembre 1860. Enfin sous le règne de Victor-Emmanuel II et depuis qu’en 1860, la direction des fouilles à été confiée au savant commandeur Fiorelli, une nouvelle ère de prospérité s’est ouverte pour Pompéi et nous trouvons dans les premiers mois de 1861 jusqu’à 500 ouvriers employés aux fouilles. Malheureusement cette ardeur ne s’est pas soutenue ; mais si on peut regretter que des fonds plus considérables ne soient pas consacrés à ces recherches, l'intelligence, la régularité avec laquelle elles sont conduites, la propreté et l'entretien des parties découvertes, l’organisation toute militaire des gardiens qui en a fait un corps honorable, enfin la création de l’école d'archéologie établie à Pompéi même mériteront au gouvernement italien la reconnaissance et les éloges de tous ceux qui s'intéressent à la science archéologique.
Les différentes couches qui recouvrent La ville des Morts, comme l’appelait Walter Scott, forment une hauteur totale de 5,50 environ composée de cendres, de lapillo et d’un peu de terre végétale, dont l'épaisseur varie de 0,22, à 0",60. Le travail est donc très-facile, le lapillo se remuant à la pelle et presque sans le secours de la pioche. Aussi notre impatiente curiosité
s'étonne-t-elle de ne pas voir pousser les travaux avec plus d'activité ; il nous tarde d'avoir le mot de tant d’énigmes que les découvertes qui restent à faire doivent plus tard expliquer ; mais peut-être aussi est-il heureux de voir procéder avec soin au développement des bandelettes qui recouvrent encore cette cité-momie. Cette lenteur même est une garantie pour la conservation tant des monuments mêmes que des objets si précieux qui s’y rencontrent à chaque pas. D'ailleurs si, tout en déplorant le sort des infortunés Pompéiens, nous ne pouvons nous défendre d’une sorte de jouissance secrète en retrouvant, après dix-huit cents ans, une ville que le Vésuve nous a conservée pendant tant de siècles, il y aurait peut-être un égoïsme coupable envers les générations futures à regretter ne ne pas contempler aujourd'hui la totalité de la ville. En effet, à moins d’une nouvelle catastrophe, ce que nous voyons maintenant, ne pouvant plus échapper au Sort commun, doit bientôt disparaître pour toujours ; mais si les excavations continuent à être faites avec la même lenteur, il est réservé à nos descendants d’hériter de ce que nous n’aurons pu leur ravir. Les générations à venir auront même sur nous cet avantage, qu’en jouissant du spectacle de leurs nouvelles découvertes, elles pourront rétablir à l’aide de nos travaux ce qui aura disparu et composer ainsi un ensemble complet dont nous sommes privés.
Peinture de la maison de Castor et Pollux.