Voy. la fable de Lotis. Ovine, Fastes, L. I
306 POMPETA.
La seconde maison (PL. 118), que Dyer ‘ décrit sous le nom de
Maison pu TRIGLINIUM avait son entrée principale sur cette même rue , et c'est sur le seuil du prothyrum qu'existe en mosaïque le mot SALVE, que nous avons reproduit en tête de notre avant-propos. Aux côtés du prothyrum sont deux salles pavées en mosaïque dont l’une présente sur son seuil en fort mauvais état deux serpents entrelacés noirs sur fond blanc. L’atrium toscan a conservé une partie de son pavé en mosaïque, et surtout de l’élégant encadrement qui entourait le compluvium ; quant aux peintures qui le décoraient, elles ont toutes disparu. Au fond de l’atrium se trouvent un corridor qui conduit aux communs aujourd'hui ruinés, une petite chambre à coucher occupant la place ordinaire du tablinum qui se trouve reporté vers la droite et que nous devons reconnaître dans une salle pavée en mosaïque, ouvrant par une large baie sur le péristyle. En outre un corridor, fauces , et une petite salle percée de deux portes réunissaient également l’atrium au péristyle. A droite, avant le corridor, se trouve la porte d’une antichambre précédant une salle de bain dont la baignoire en pierre existe encore. Près de cette porte sont une niche pour un chien de garde et les restes d’un escalier qui conduisait à l'étage supérieur. Enfin, sous le corridor même, est un puleal de terre cuite dont l'embouchure n’a pas moins de 0",60 de diamètre. Franchissant une porte dont le seuil de marbre blanc, orné de deux petites têtes de lion, avait dû former primitivement le dessus d’une table, on se trouve dans le péristyle. Celui-ci est un quadrilatère irrégulier entouré de quatorze colonnes composites réunies à leur base par un pluteus; sous le portique sont encore, au soubassement, quelques belles peintures représentant divers animaux : loups, cerfs, tigres, lions,
chèvres , rennes, etc., sortant à mi-corps du milieu de fleurs gigantesques, et plusieurs sphinx accroupis paraissant servir de cariatides. Dans es panneaux de la muraille on voit quelques héros peints en camaïeu jaune, et, au-dessus, des médaillons où sont représentés des poissons, des crustacés et du gibier. Au centre de l’area est une vaste piscine partagée en deux parties inégales ; la plus petite servait de baignoire, ainsi que l’indiquent les degrés par lesquels on y descendait; la seconde est presque entièrement remplie par un gros massif carré en maçonnerie
1, Powpert, p. 346,
qui porta probablement une fontaine monumentale. Parmi les pièces qui entourent le péristyle, trois seulement méritent d’attirer l'attention: l’une est une petite chambre adossée à l’atrium, présentant dans son pavé les faibles restes d’un labyrinthe en mosaïque blanche et noire ; les deux autres sont placées au fond du péristyle et adossées aux murailles de la ville. Celle à droite est une vaste pièce que nous pensons avoir été le véritable ériclinium et qui est pavée en mosaïque ‘; l’autre au centre du péristyle est celle que Dyer désigne comme le ériclinium. Sa position semblerait indiquer plutôt un œcus ou exèdre, mais il nous semble difficile de voir autre chose qu’un sanctuaire, un sacrarium, dans cette salle au milieu de laquelle s'élevait un autel en l’honneur des divinités dont les images occupaient trois niches en forme de coquilles ménagées dans la muraille. A côté reste encore une dernière pièce, exhaussée de quatre degrés, à laquelle nous n’oserions assigner une destination positive, mais qui paraît avoir été un cabinet d'étude ou une bibliothèque. Outre les squelettes d’un homme et d’un chien, on a trouvé dans cette maison plusieurs objets précieux, parmi lesquels un croissant d’argent et divers ornements de femme, une provision d'huile dans des vases de verre, des châtaignes, des dattes, des raisins et des figues sèches. Enfin derrière la maison, au pied des remparts, étaient couchés dix autres squelettes dont un avait quatre anneaux au même doigt, des boucles d'oreilles, un collier, deux bracelets et une lanterne de bronze à la main. A côté de la Maison des Vestales est la
*MAISON DU CHIRURGIEN (PL. 23). Découverte en 1770 et 1771, cette habitation a dû son nom à un grand nombre d’instruments de . chirurgie qui y furent trouvés et qui sont déposés au musée de Naples. Parmi ces instruments on en à reconnu plusieurs encore en usage aujourd’hui, tels que des ventouses ou cucurbitulæ, des scalpels, des spatules, des lancettes, des ciseaux, des tenailles et un speculum dont un mécanisme à vis, aussi simple qu’ingénieux, faisait écarter ou rapprocher simultanément les trois branches. On a trouvé aussi dans cette habitation un fourneau en fer tout incrusté de lapilli, auquel s’'adaptaient à volonté quatre vases couverts en bronze et plusieurs vases de
1. Une vaste baie aujourd’hui ouverte dans la paroi de cette salle permet d'apercevoir une des parties les mieux conservées des murailles de Pompéi.
verre, dont un très-haut de forme rectangulaire et à goulot très-étroit et un autre du même genre, mais cylindrique, enfin des poids fort singuliers en plomb et de forme rectangulaire portant gravés d’un côté le mot : EME, achète, et de l’autre HABEBIS, tu auras’. Les chambres de cette habitation assez vaste étaient ornées de peintures et de pavés en mosaïque. Au fond, à droite du xyste, est un cabinet où lon voit encore un jolie peinture représentant la Toilette de Vénus *. La façade de cette maison est remarquable par sa construction, ainsi que plusieurs des murailles intérieures ; au lieu de briques ou de moellons, on y à employé de grands blocs de concrétions calcaires produites par les eaux du Sarno.
* DouanE ou Poips PUBLIC (PL. 24), découverte en mai 1778. Auprès de la maison du chirurgien, une large porte donne entrée à une grande salle pavée en mosaïque, au fond de laquelle est un piédestal qui dut porter une statue, peut-être celle de la Justice. Les objets trouvés dans cette salle ont fait penser que c’était un bureau de douane, telonium, ou de poids public, ponderarium. On y a recueilli en effet des balances à deux plateaux, des romaines de bronze, et surtout une grande quantité de poids de toutes sortes, les uns en plomb, les autres en marbre ou en basalte, la plupart ronds, et portant leur valeur indiquée par des inscriptions, telles que G. PON., PON. TA., etc., ou par des points en creux ou en relief *. Sur le fléau de l’une des balances on lisait :
IMP. VESP. AMG TIX. C. IMP.
AVG. T. VI. C EXACTA IN CAPITO.
« Sous le huitième consulat de Vespasien, empereur Auguste, et sous le sixième de Titus, empereur Auguste, vérifié au Capitole. »
Deux degrés de marbre conduisaient à une arrière-cour où étaient
des écuries, et qui avait une porte cochère sur la rue de Narcisse. On
1. Un poids semblable a été trouvé dans la maison de Polybe en mai 1808; un autre avait déjà été découvert ailleurs le 24 janvier 1761 ; enfin on en trouva en mars 1830, trente-huit autres dans la rue de Mercure; sur ceux-ci le mot HABBEBIS était ainsi écrit.
2. Quatre peintures, aujourd'hui au musée, ont été enlevées des parois de la maison du chirurgien en 1784; elles représentent un peintre peignant un busle, une téte, une bacchante et une caille.
3. On doit remarquer que souvent les poids et mesures empruntaient la forme des objets qu’on vendait dans les boutiques où ils étaient employés ; c’est ainsi qu’au musée de Naples on en voit un ayant la forme d’un porc, qui dut appartenir à un charcutier, un osselet gigantesque qui servit dans une boucherie, etc.
y trouva quelques boucles de harnais, les restes d’un char à deux roues, et deux squelettes de chevaux ayant chacun au cou trois clochettes de
bronze.
* FABRIQUE DE SAVON (PL. 25), découverte en 1788. Dans la première pièce on a trouvé un tas de chaux d'excellente qualité et des débris de savon, et dans une salle au fond sept bassins de niveau avec le sol ayant servi à la fabrication.
* TAVERNE DE PHosgus. (PL. 26), dans laquelle on découvrit une caisse percée au couvercle pour servir de tirelire, les squelettes d’un homme et de deux animaux. Parmi plusieurs inscriptions peintes sur le
mur extérieur, on put déchiffrer celle-ci :
M. HOLCONIVM PRISCVM C. GAVLVM RVFVM II VIR.
PHOEBVS CVM EMPTORIBVS
SVIS ROGAT.
«Phæbus et ses pratiques invoquent M. Holconius Priscus et C. Gaulus Rufus, Duumvirs. »
On trouve ensuite une CITERNE PUBLIQUE (PL. 27), destinée à suppléer les fontaines
| Citerne publique.
lorsque l’eau venait à leur manquer dans les temps de sécheresse. C’est une édicule voûtée , ouverte d’un côté, et auprès de laquelle se trouve un petit autel consacré aux Lares compitales. En avant de cet autel est une
fontaine devant laquelle nous tournons à gauche dans la rue de Narcisse,
Maison DES AmAZONES (PL. 28). Le plan de cette petite habitation
| où nous trouvons, après plusieurs habitations insignifiantes, la
| est assez singulier ; en effet, elle présente d'abord une petite cour carrée
dont le compluvium élait remplacé par une mosaïque blanche et noire, maintenant presque détruite, tandis que le reste du pavé de la cour est en opus signinum parsemé de morceaux de marbres de diverses couleurs. Les murs offrent dans le bas un combat de coqs et au-dessus on voit encore quelques restes de jolies figures de danseuses qui se détachaient sur un fond amarante. À la place ordinaire est un petit éablinum où est peint dans une espèce de niche, un bel Apollon tenant son carquois. Au fond est une sorte d’atrium toscan ayant à ses côtés deux pièces élégamment décorées. Dans la première à droite on voit encore Bacchus assis sur un tonneau ; le pendant, Silène près de son âne, est presque effacé; dans la seconde à gauche, une composition, fort endommagée, bien que la pièce ait été couverte d’un toit, Vénus, l'Amour et les Grâces, existe entre les deux charmantes Amazones à cheval auxquelles la maison doit son nom.
À côté de cette habitation on voit le posticum ou porte dérobée de la Maison des Danseuses, dont nous trouverons l’entrée principale sur la rue de Modeste, puis la
* Maison De Narcisse (PL. 29). Découverte en 1811, cette maison doit son nom à une gracieuse peinture qui y fut trouvée ‘. Son plan est très-simple ; le vestibule ou prothyrum est flanqué de deux chambres ayant l’une et l’autre l’entaille faite dans la muraille pour le chevet du Hit, et ouvrant sur un alrium toscan au milieu duquel étaient une table ronde en marbre portée par un pied cannelé et un compluvium également en marbre à l'angle extérieur duquel est à droite l'embouchure d’une citerne. Au fond de l’atrium est le tablinum qui conserve encore sur sa muraille de gauche de jolis restes d’architectures peintes et d’arabesques où figurent des masques et des oiseaux. Le pavé est en opus signinum semé régulièrement de petits cubes de marbre blanc. Aux côtés du tablinum deux corridors ou fauces donnent accès à un portique en équerre soutenu par trois colonnes et formant péristyle de deux côtés seulement. Le pavé est également en opus signinum , mais les petits cubes blancs y forment des dessins réguliers assez élégants. Ce portique enferme un petit xyste à droite duquel est un laraire, simple niche
de briques. Sous la galerie à gauche sont plusieurs chambres ; celle du