Pour Defrutum
2. Des vins cuits seuls pouvaient se conserver aussi longtemps.
« Les vins de Pompéi sont arrivés à toute leur bonté au bout de dix ans; ils ne gagnent rien en vieillissant davantage. »
Naim Pompeianis summum X annorum incrementum est, nihil seneclä conferente. PRINE, 1: IV, C8.
pu servir aussi à passer les plats qu'on apportait de la cuisine voisine. Cette pièce, sur la destination de laquelle aucun doute n’est possible, est beaucoup plus longue que large, conformément à la prescription de Vitruve‘. Le pavé est en grande partie en opus signinum divisé en losanges par des lignes croisées formées de petits cubes blancs; au fond est un grand carré en mosaïque contenant une sorte de labyrinthe avec une étoile au centre. Sur les murailles noires sont reproduits deux sujets très-communs à Pompéi, Phryxus et Hlellé et le Réveil d'Ariane abandonnée. Sur un des murs du triclinium, à plus de trois mètres du sol, un esclave monté nécessairement sur un meuble ou sur une échelle avait tracé cette inscription : SODALES, AVETE; bonjour, camarades.
Dans la partie I du portique est une auge 31 que l’on pouvait remplir par une petite arcade ouvrant sur la cuisine 82, pièce longue et étroite où l’on voit un évier, un fourneau, un large bassin, une citerne et une grande table de marbre grossièrement équarrie présentant au bout un creux qui pût servir de mortier pour piler le sel et les épices. Enfin, à l’extrémité droite de la cuisine sont des latrines 38.
Dans le plan de la maison d’Holconius figure sous le n° 34 un établissement qui n'avait avec elle aucune communication, mais qui occupait l’angle de la rue des Théâtres sur laquelle la même habitation avait plusieurs boutiques, 35 et 000; c’est la
BOUTIQUE DU TEINTURIER, laberna offectoris, n° À. Cet établissement avait sur chacune des rues une entrée avec un seuil de pierre volcanique conservant les traces de portes pliantes. Fiorelli a pu faire mouler la partie inférieure de l’une de ces portes sur l'empreinte qu’elle avait laissée et nous la reproduisons plus loin d’après le dessin dont il a accompagné la savante description de la {aberna offectoris *.
Le pavé de la boutique est en opus signinum; sur les parois blanches, des lignes rouges et noires forment des encadrements. Au fond est l'atelier, espèce de corridor où l’on reconnaît les traces d’un escalier de bois et où sont un fourneau et des vasques revêtues d’un ciment fort dur entamé cependant par les acides jusqu’à la hauteur à laquelle s’é-
1. «La longueur des salles à manger doit être double de leur largeur. »
Tricliniorum quanta latiludo fuerit, bis tanta longiludo fieri debebit. Vin eV iC:8 2. Giornale degli scavi, 1861, p. 9 et PI. IL,
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levaient les liquides employés pour les teintures. On ne trouva rien
dans cette boutique, qui paraît avoir été explorée et recouverte lors des
premières fouilles faites à Pompéi.
Porte de la Boutique du Teinturier.
Derrière, dans la boutique 35 ouvrant sur la rue des Théâtres sont plusieurs grandes jarres de terre, dolia, enterrées dans le sol.
À côté de la maison d’Holconius est une habitation désignée sous le nom de
Marson DE Mescinio n° 9 (PL. 147). La façade est composée de la porte d'entrée et de quatre boutiques. La première de celles-ci portant le n° 7 est prise sur un angle rentrant du terrain occupé par la maison d’Holconius ; elle avait été fouillée en 1855 et 1856, puis recouverte ; à cette époque, outre plusieurs inscriptions intéressantes et quatre squelettes humains, on y avait trouvé un anneau d'or avec une pierre gravée représentant un cheval, un bracelet d'argent brisé et quelques ustensiles de fer et de bronze; lorsqu'on la déblaya définitivement en 1861, on recueillit, le 12 mars, dans l’arrière-boutique et près d’un cinquième squelette, 57 monnaies d'argent dont 37 consulaires et 20 impériales’. La plus récente de ces dernières appartient à Titus sous lequel Pompéi fut détruite.
La seconde boutique, n° 8, a quelques restes de peintures représentant des animaux; lorsqu'on la dégagea en mars 1861, on y trouva à environ un mètre au-dessus du sol trois lampes de terre cuite sur l’une
desquelles est représenté un sanglier attaqué par un chien.
1. Fiorelli en a donné le catalogue dans le Giornale degli scavi, 1861, p. 95.
Cette boutique communiquait avec l’atrium. De l’autre côté du prothyrum est la troisième boutique portant le n° 10, fouillée en 1860; le seuil est en pierre volcanique et les murailles jaunes étaient ornées de petits paysages. À gauche en entrant on voit l'indication de l’emplacement d’une armoire; au fond est un petit laraire, à côté de la porte d’une arrière-boutique où étaient peints quelques griffons et animaux fantastiques.
La dernière boutique, n° 11, était celle d’un marchand de couleurs, pigmentarius ; lorsqu'on la déblaya en 1856, on y trouva une grande quantité de couleurs blanches, bleues, rouges et vertes, et un disque de marbre sur lesquels on les broyait.
La maison de Mescinio est très-ruinée; heureusement elle fut vue en un peu meilleur état au moment de sa découverte en 1860 et 18614, par Fiorelli qui en a donné la description‘. La porte était à trois ventaux dont on voit. l'indication sur le seuil. Le prothyrum assez long et montant est pavé de briques pilées semées de petits morceaux de marbre de diverses couleurs; des peintures qui le décoraient il ne reste guère qu'un dragon monstrueux peint en vert sur la muraille de gauche.
L'atrium tétrastyle avait des colonnes de briques avec un compluvium et une embouchure de citerne. Le pavé est également de brique pilée et, autant qu’on en peut juger par le peu qui reste, les murailles étaient peintes en rouge et décorées comme celles du prothyrum. Sous les portiques on trouva une petite caisse de bois avec ornements de bronze contenant quelques outils, une très-belle urne de bronze et un sceau portant le nom T. MESCINIONIS qui dût être celui du propriétaire.
Trois chambres existent au côté gauche de l’atrium; à droite, la place de la première est occupée par un corridor conduisant aux latrines et communiquant avec la boutique n° 8 où dut se faire le commerce de Mescinio. Toutes les chambres étaient entièrement vides à l'exception de la dernière à droite, où l’on trouva une sonnette rectangulaire, quelques charnières en os, une petite tasse de verre et une lampe de terre cuite portant, comme l’une de celles recueillies dans la maison d’'Holco-
nius, un masque scénique et la marque de fabrique STROBILI.