Voy. la vignette page
2, Les poëtes latins sont remplis d’allusions à cet usage :
« Boire du vin savoureux mis dans l’amphore sous le consulat de Tullus..….. »
Amploræ fumum bibere inslilutæ consule Tullo. HORACE, LIT 00:18:
« O bouteille née avec moi sous le consulat de Manlius! »
O nata mecum consule Mantio!
Id., L. III, od. 21, ad amphoram.
« Apporte des vins pressés sous le consulat de mon ami Torquatus. »
Tu vina Torquato move consule pressa meo.
Id., Epod., Carm. 13.
« Maintenant offrez-moi un Falerne fumeux pressé sous un ancien consul. »
Nunc mihi fumosos veteris proferte Falernos
Consulis.....
TIBULLE, L. Il, ele. 1.
«Le Massique est sorti des pressoirs de Sinuesse. Vous demandez sous quel consul? Il n’y en avait pas encore. »
De Sinuessanis venerunt Massica prelis ; Condila quo queæris consule? Nullus erat.
MarTiaL, L. XIII, epig. 3.
« Quant à lui, il boit du vin pressé sous un de nos anciens consuls (un consul aux longs
cheveux). »
Ipse capillato diffusum consule potat.
JUVÉNAL, Sat. V.
Le pilier portant l'inscription de Q. P. Proculus fait face au prothyrum de la
Maison Du CITHARISTE, del Citarista! n° 110 (Pc. 7h). On avait commencé à découvrir cette vaste et belle habitation le 48 octobre 1853;
les travaux, continués en 1854, furent suspendus pendant près de Ï P
quinze ans et n’ont été repris que le 10 novembre 1868; aujourd’hui les fouilles sont presque complètes. Le plan en forme d’équerre renferme une maison plus petite occupant le coin des rues de Stabia et de l’Amphithéâtre.Le prothyrum de la maison du Cithariste est flanqué à gauche de deux boutiques dont la plus éloignée a un fourneau, une arrière-boutique et une grande pièce au fond; l’autre a Simplement une arrièreboutique communiquant avec l’atrium. À droite du prothyrum est une seule boulique avec une arrière-boutique contenant un fourneau. Dans ces boutiques on à trouvé un assez grand nombre d'objets, tels que plusieurs vases de bronze à usage soit religieux soit domestique, deux fragments de moules à pâtisserie en forme de coquilles, quatre agrafes ou fibules, vingt-sept anneaux de diverses grandeurs, une monnaie trèsoxydée, plusieurs fragments de serrure et quelques petits ornements de meuble, le tout en bronze, divers outils de fer, quatre poids de plomb avec des poignées de fer, un poids rond en pierre, quelques vases communs de terre cuite, une petite tasse de terre rouge vernissée, une lampe à un seul bec, enfin un fragment d'inscription mutilée. Sur un des piliers de la porte de la maison on lit :
CAPRISIVM MSN ERSMOUVENRE,
« Je vous prie de faire duumvir Caprisius. »
Lorsqu'on à franchi le seuil élevé de trois degrés et conservant à gauche une grande crapaudine de bronze, on se trouve dans un prothyrum peu orné, mais long de 8",40 sur une largeur de 2",05; à sa droite est la loge du portier communiquant aussi avec l’atrium.
* Celui-ci est petit en proportion du reste de l’habitation ; son compluvium entièrement ruiné a été rempli et tout le sol est aujourd'hui
1. Cette habitation est celle que, dans les premières éditions de cet ouvrage, nous avions décrite sous le nom de maison d’Iphigénie. Le nom de maison du Cithariste a prévalu ; ila remplacé aussi ceux de maison d’Apollon Citharœde ou de L. Popidius Secundus.
nivelé. Les chambres, au nombre de deux de chaque côté, sont en trèsmauvais état et paraissent n'avoir jamais été très-ornées; il en est de même de la grande ala de droite. Entre celle-ci et le fablinum est un petit cabinet exhaussé de deux degrés.
L'ala de gauche est percée de deux portes : l'une, celle des fauces donnant accès au péristyle; l’autre, celle d’un corridor conduisant à des communs très-complets; ses murs présentent dans des cartels une tête de jeune Bacchant, un petit paysage et une marine. Sur le trumeau qui sépare les fauces du tablinum est un chien-loup à queue retroussée.
Dans cet atrium, on a recueilli deux monnaies de bronze, un petit morceau de pâte de verre et un petit autel de marbre autour duquel sont sculptés en bas-relief deux Amours soutenant une guirlande, deux oiseaux se becquetant, deux palmes croisées et un præfericulum, vase de sacrifice en forme d’aiguière que les Grecs nommaient OÙVOY On |.
Le tablinum, si toutefois on peut lui donner ce nom puisqu'on ne pouvait y entrer de l’atrium, est surélevé de 0",71 et garni d’un pluteus de marbre ; il est reporté vers la gauche hors de l’axe du prothyrum. Il ouvre sur les fauces, qui n’ont pas moins de 2",10 de largeur et dont le plan est incliné. Lorsqu'on a franchi ce passage on se trouve dans un péristyle entouré de dix-huit colonnes ioniques pleines et peintes en rouge dans le bas, blanches et cannelées dans leur partie supérieure et très-irrégulièrement espacées.
Au milieu de l’un des petits côtés de l’area est, près d’un puteal de lave, un bassin de marbre de forme semi-circulaire où l’on pouvait descendre par deux degrés placés à son côté droit. On voit les restes d’un conduit de bronze qui y jetait l’eau amenée par un tuyau de plomb partant du pied de la colonne voisine. Sur le bord du bassin furent trouvés, formant une espèce de chasse, un sanglier, un lion, deux chiens, une biche et un serpent de bronze qui ont été déposés au musée dans
le même ordre. C'est aussi près de cette fontaine que fut découverte le
1. Les principaux vases en usage dans les sacrifices étaient, outre le præfericulum, l’acerra, boîte à encens, le thuribulum, encensoir, le simpulum ou simpuvium, espèce de cuiller à manche recourbé qui servait à puiser dans les vases à étroite embouchure, le guttum, qui versait le vin goutte à goutte, enfin la patera, employée. aux libations et à recevoir le sang des victimes.
8 novembre 1853 une statue de bronze de la plus parfaite conservation et qu'un plectre qu'elle tient dans la main droite sembla désigner comme un Apollon; on s accorde aujourd'hui à y reconnaître simplementun joueur de Iyre,un Cithariste. Cette figure, aujourd’hui au musée, est du plus beau travail, bien qu’on puisse trouver que ses formes un peu lourdes, ses épaules un peu carrées paraissent mieux convenir à un jeune athlète qu’à un Dieu. Les cheveux retombent en boucles sur les épaules ; les yeux sont en émail, et les pieds posent sur une plinthe circulaire de bronze entourée de moulures et d’oves. Du même côté du péristyle est une grande exèdre dont les peintures sont presque entièrement détruites et dont le frontispice était soutenu par deux colonnes.
Péristyle de la Maison du Cithariste.
Au mur de gauche, près de l'escalier montant à la maison voisine, est un réduit profond de 1",50 et large de 2",30, une espèce de petite «la pavée de grands carreaux de Cipollino séparés par des bandes de
Porta-santa ; cette pièce, dont la voûte est décorée de stucs, paraît n’avoir jamais été fermée.
1. Plectrum, Iäxrpov, instrument très-court dont on se servait pour faire vibrer les cordes de la lyre.
Au côté droit du péristyle est un grand mur percé de six fenêtres et de deux portes ouvrant sur le second péristyle; après la seconde porte est un renfoncement qui dut être une armoire.
Le fond du péristyle est occupé par trois grandes pièces communiquant entre elles par de larges portes percées tout contre le mur de façade. Dans la première pièce à droite est une grande peinture représentant le Jugement de Pris; les déesses sont vêtues et Pâris assis paraît consulter Mercure. Trois pièces situées à droite ont leurs entrées sur celle-ci; les deux premières, de grandeur inégale, n’ont rien de remarquable ; la troisième, qui n’est pas encore déblayée, paraît n’avoir été autre chose qu'un poshicum. Au fond sont également trois portes; la première à droite ouvre sur un cabinet qui fut garni de tablettes. La pièce du milieu, bien décorée, conserve trois peintures; à droite sont deux personnages, l’un assis, l’autre debout, tous deux jouant de la lyre ; c’est évidemment une lecon de musique; on voit distinctement le plectre dans la main du musicien, qui est assis et plus âgé que l’autre qui semble l’écouter avec attention. Le sujet représenté au fond de la salle est Apollon appuyé sur la lvre et un bras sur la tête, comme le célèbre Apollino de Florence ; auprès de lui est le corbeau qui l’avertit de linfidélité de Coronis; enfin la troisième peinture, à gauche, offre Hector debout devant le vieux Priam assis.
La dernière pièce, élevée d’un degré, est assez grande, mais n’aque des peintures fort simples.
tevenons à la pièce qui occupe le milieu du fond du péristyle et que précède une sorte de vestibule. Ses peintures sont assez mal dessinées ; au fond est un personnage assis devant sa tente; à gauche sont deux héros tenant l’un une branche de laurier, l’autre une pique renversce ; la peinture de droite paraissant représenter /phigénie en costume de prêtresse est d’une roideur et d’une exécution barbare qui rappellent les œuvres des artistes du x° siècle.
La salle voisine, plus grande et pavée en mosaïque blanche, dut être le triclinium; son soubassement offre sur fond noir des poissons, des canards, des légumes, etc.; les autres décorations ont entièrement disparu. On y trouva, à environ 0",80 du sol, des pattes de lion et une pomme en os, une tête de Satyre couronnée de pampres, enfin un
morceau de bronze cylindrique. Tous ces objets paraissent avoir décoré
un meuble de bois qui ne s’est pas conservé et que Minervini pense avoir dû être un lit de repos.
À gauche du péristyle est un escalier de dix marches établissant une communication avec la maison du Compluvium de mosaïque que nous avons visitée rue de la Casina dell’ Aquila; à droite, au contraire, on descend par un degré près duquel est une conduite de terre cuite dans un second péristyle dont les colonnes doriques, de beaucoup plus
petite proportion, sont au nombre de vingt, cinq en largeur et sept en
longueur en comptant deux fois les colonnes d'angle; elles sont réunies
par un pluteus creux qui contenait des fleurs encadrant agréablement le viridarium que formait l’area. Au fond de ce péristyle sont trois pièces de grandeur très-inégale, pavées en mosaïque. Celle de gauche est un procæton ouvert ayant une porte sur la chambre du milieu vers le fond de laquelle deux demi-colonnes forment une sorte d’alcôve. La troisième pièce est énorme et paraît avoir été un triclinium d’été; elle est ouverte par devant et son frontispice est soutenu par deux piliers carrés; tous ses ornements ont disparu.
A l'extrémité opposée du péristyle sont deux autres pièces communiquant entre elles; les murailles de la première ont pour toute décoration des refends de diverses couleurs ; une peinture à été enlevée de la paroi droite de la seconde; celle de gauche est méconnaissable, et celle du fond, dont il manque la partie supérieure, représentait Adonis au repos.
Plusieurs autres peintures ont été trouvées dans cette cette habitation, parmi lesquelles une Ariane abandonnée rencontrée par Bacchus et une grande et superbe composition représentant Oreste et Pylade amenés caplifs devant Iphigénie. Ces peintures ayant été détachées au moment même de leur découverte et avant que l'air eût pu exercer sur elles sa fatale influence, ont conservé tout leur éclat et sont au nembre des plus intactes que l’on puisse admirer au musée; malheureusement dans la dernière la tête d'Iphigénie n'existait plus.
Une double découverte très-précieuse a eu lieu les 19 et 24 novembre 1868 dans les pièces les plus reculées de cette habitation : c’est celle de deux beaux bustes de marbre dans lesquels M. G. de Petra à
1. Bullettino archeologico Napolitano, nuova serie. Février 1854.
reconnu les têtes de Brutus et de Pompée'. L'un de ces bustes avait eu l'épaule gauche brisée et rattachée par une fiche de bronze; à l’autre manquait une partie du nez et des oreilles, mais il à pu être restauré de la manière la plus satisfaisante par le sculpteur de Crescenzo.
En sortant de la maison du Cithariste et tournant à gauche dans la rue de l’Amphithéâtre, on voit à droite sur une muraille cette inscription en lettres rouges :
Q. POSTVMIVM PROCVM AED. of SEXTILIVS VERVS FACIT.
« Sextilius Verus fait cette inscription, et prie Q. Postumius Procus, édile, de lui être favorable. »
Traversant des champs de vignes qui recouvrent la partie de Pompéi encore ensevelie, nous passerons sur l'emplacement de la grande
* Maison DE JurrA FéLzix. Cette belle habitation, fouillée en 1756, a malheureusement été remblayée; elle méritait d’être conservée par sa beauté, son étendue et la richesse de sa décoration. On y a trouvé un grand nombre d'objets d’art parmi lesquels les plus précieux étaient plusieurs statues de marbre et de terre cuite, et des bijoux d’or et d’arsent. Sur une des murailles, découverte le 8 février 1756, était peinte cette inscription aujourd’hui au musée qui donne une haute idée de la richesse de Julia Félix :
IN PRAEDIIS IVLIAE SP. F. FELICIS LOCANTVR BALNEVM VENERIVM ET NONGENTVM TABERNAE PERGVLAE CENACVLA EX IDIBVS AVG. PRIMIS IN IDVS AVG. SEXTAS ANNOS CONTINVOS QUINQYE SO D: Li EeNr Ci
« Dans les propriétés de Julia Félix, fille de Spurius, on loue du 1°" au 6 des ides d'août, pour cinq années consécutives, un bain, un venereun, 900 boutiques, treilles et chambres hautes. »
On complète ainsi les sigles qui forment la dernière ligne : St quis domt lenocinium exerceat non conducito.
Un grand sacrarium en forme de niche, trouvé dans celte maison,
a été porté tout entier au musée; son intérieur présente diverses pein-