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tites colonnettes portant chacune un vase; deux autres enfants de plus petite proportion avec les yeux d'argent, ayant un vase sur l'épaule; deux enfants tenant des dauphins sous le bras; enfin un vieux Silène couronné de lierre, la barbe longue, le corps velu, les pieds chaussés de sandales; il est à cheval sur une outre de peau de bouc dont il tient les deux pattes dans ses mains; de la large ouverture du col l’eau s’élançait en abondance ‘.
Outre les nombreuses sculptures que nous avons déjà mentionnées, on trouva encore dans cette habitation un admirable Mercure au repos en bronze *, deux daims, un porc et un corbeau également en bronze, et, parmi les marbres, un Homère, une Minerve étrusque dont Winckelmann faisait le plus grand cas, un buste de Ptolémée Soter, deux Bacchus indiens, une statue attribuée à Sylla, le groupe trop fameux du Satyre et de la chèvre”; enfin le merveilleux chef-d'œuvre connu sous le nom d’Aristide, mais que beaucoup d’archéologues croient être une statue d’Eschine *.
Les peintures pour avoir été en plus petit nombre n’en étaient pas moins dignes de cette splendide demeure. En 1746, on y trouva quatre précieux monochromes sur marbre qui, après avoir orné à Portici le salon particulier de la reine, sont passés au musée de Naples. Les trois
premiers représentent Silène, une scène de tragédie composée de trois
figures *, et Thésée délivrant Hippodamie des mains du Centaure Eurythus $. Le quatrième camaïeu, le plus admirable de tous, et peut-être la plus pure de toutes les peintures antiques parvenues jusqu’à nous, offre Deux jeunes femines jouant aux osselels, en présence de trois de leurs compagnes ”. Au-dessus d'elles sont écrits leurs noms : ATAAIH, AHTO, NIOBH, DOIBH et IAEAIPA, et plus haut encore, celui de l’artiste Alexandre d'Athènes, AAEZANAPOS AGHNAIOS ETPAEN,
Parmi les nombreux et riches ustensiles recueillis dans cette habitation, nous devons mentionner deux candélabres ornés de griffons dévo-
. Herc. ET Powr., VI, pl. 64, 98, 99, 100, VIII, pl. 38. , 1bid., NI, pl. 36, 37, 38 et 39.
. Ibid., VIII, pl. 56. C. Famin., cab. sec., pl. 1.
bi, NI DIT.
. 1bid., II, pl. 46.
. Ibid. 1 p.418:
+ 1bid., I, pl. 11e
rant un taureau et un daim, deux autres richement ciselés, un trépied, des crotales‘, un grand vase de bronze, un autre à trois pieds en forme de coquille avec un manche se terminant en grifle, un petit cadran solaire plaqué d'argent de la forme d’un jambon, un lit et un bisellium de bronze décorés d’animaux en bas-relief et d'incrustations d'argent, enfin une grande quantité d'objets de verre et de grains.
Voilà certes bien des trésors inappréciables recueillis dans une seule fouille, et pourtant la villa Herculanienne nous réservait une découverte plus intéressante encore ; je veux parler de celle qui l’a fait désigner sous le nom de maison des Papyrus.
Le 3 novembre 1753, dans une pièce de peu d’étendue, et dans quelques autres endroits de l'habitation on trouva une bibliothèque de mille sept cent cinquante-six volumes, qui, quoiquen apparence réduits à l’état de charbon, peuvent cependant encore être déroulés et lus*. Dans la salle spécialement consacrée à leur conservation, les manuscrits étaient déposés dans des armoires à hauteur d'homme appliquées contre les murailles, et dans un meuble placé au milieu de la pièce. Le bois des armoires était carbonisé, et Winckelmann rapporte que dès qu’on y portait la main, il tombait en poussière.
Cinq cents manuscrits environ ont été déroulés jusqu'à ce jour; malheureusement aucun n’est d’une bien grande importance littéraire et la bibliothèque paraît avoir été composée presque exclusivement d'ouvrages philosophiques, la plupart écrits en grec. Les volumes connus et publiés sont le traité d'Épicure sur la nature, ceux de Philostrate sur l’orgueil et de Métrodore sur les sensations, neuf traités du philosophe Philodème sur la musique, les vices et les vertus,