Herc. ET Powe., VII pl. G et
« Aujourd’hui, dit Pline, on consacre en or ou en argent, où du moins en bronze, dans les bibliothèques, ceux dont l'esprit immortel parle encore en ces mêmes lieux; on va même jusqu’à refaire d’idée les images qui n'existent plus; les regrets prêtent des traits à des figures que la
tradition n’a point transmises, comme il est arrivé pour Homère. » PLINE, XXXV, 2.
découvrit une rue droite, large de 5°,20, qui conduisait du Théâtre et de la Basilique au port. Cette rue est, comme celles de Pompéi, pavée en polygones de lave, et bordée de trottoirs et de maisons ; mais comme elle n’était point une des principales, nous n’y trouvons pas de boutiques, et les habitations n’y présentent généralement que leur posticum ou sortie de derrière.
En descendant dans les fouilles, on voit d’abord à gauche sur le trottoir un puteal tout usé par le frottement de la corde ; puis à droite une maison qui n’est découverte qu’en partie et à laquelle on n’a pas donné de nom. Son entrée, qui n'était qu’un posticum , était précédée d’un porche soutenu par deux colonnes. Après avoir franchi le seuil de marbre, on trouve dans le pseudothyrum, à droite, un petit réduit et la loge du portier ; à gauche, une petite chambre où l’on a découvert et laissé en place des amphores, plusieurs mortiers, une moitié de moulin, une petite table de marbre carrée adossée à la muraille, enfin un plat qui était raccommodé par des attaches de fer”. Le péristyle, large de 48 mètres, n’est découvert qu’en partie; aussi ne peut-on savoir si le quatrième côté était muni d’un portique ; des trois côtés que nous voyons, celui du S. adossé à la rue et celui de l'O. présentent seuls des portiques formés de colonnes cannelées et revêtues de stuc. Du côté oriental, le portique était remplacé par un grand œcus ouvert, soutenu à son entrée par trois piliers et pavé en mosaïque grossière. Les murs étaient ornés de peintures architecturales et de quelques petits sujets tels que des boucs, des masques de théâtre, un petit paysage sur fond noir, etc.
Au-dessus des murs de cette salle on voit encore dans la lave les restes des poutres qui portaient le toit de l’étage supérieur, aujourd'hui détruit. Les parois du péristyle étaient également peintes. Au milieu de l’area est un bassin qui, comme le péristyle lui-même, n’est découvert qu'à moitié ; c'était un baptisterium où l’on pouvait prendre des bains froids, car il était assez profond, et en tête, au milieu d’un hémicycle,
étaient des marches pour y descendre.
1. Nous avons dit qu’on nommait ainsi un vestibule qui se trouvait dans l’axe de la maison et diamétralement opposé au prothyrum, page 260.
2. Nous avons déjà signalé à la Fullonica un grand vase de terre, un dolium , ainsi raccommodé par les anciens, page 325.
Enfin, dans l’angle S.-0. est une petite chambre qui était ornée de peintures et adossée à la rue.
En face de cette habitation, de l’autre côté de la rue, est la
Maison Du SQUELETTE. Elle est ainsi nommée parce qu’à son étage supérieur on trouva des restes humains auprès d’un vase de bronze. Le prothyrum, accompagné de la loge du portier, conduit à latrium toscan. À gauche sont deux petites salles dont la première est pavée en mosaïque; la seconde, qui n’est pas entièrement dégagée, pourrai bien avoir fait partie d’un bain. Au fond de l’atrium est l'entrée du tablinum qui n’est pas fouillé; enfin à droite un corridor conduit à plusieurs chambres et cabinets dont les murs n’ont conservé que peu d’élévation. Dans la dernière pièce, au bout de ce corridor, sont deux piles en maçonnerie qui durent porter un fourneau; j'hésite d’autant moins à reconnaître dans cette pièce une cuisine, que les murailles ne portent aucune trace de peintures ou d'ornements.
A la première maison que nous avons décrite succède la plus importante de celles mises à découvert par les fouilles modernes, la
Maison p’ArGus. Cette belle habitation n’est malheureusement