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Pour. Ant. Hisr., III

2. Diverses autres inscriptions se trouvaient sur les murs extérieurs de la basilique; les unes sont effacées, les autres ont été portées au musée. Ces inscriptions ont été recueillies et publiées par un archéologue anglais, Wordsworth, sous ce titre : Inscriptiones Pompeianæ or specimens

and fac-similes of ancient inscriptions discorvered on the wall of buildings at Pompei. LoNpow,

tremblement de terre ; ses colonnes, ses murailles avaient élé en grande partie renversées et nulle part elles n’avaient conservé leur hauteur primitive. On est donc, sur beaucoup de points, réduit aux conjectures. D'abord, et c’est par là surtout que la basilique de Pompéi s'éloigne des règles tracées par Vitruve, il nous paraît hors de doute que la nef du milieu N ne fut jamais couverte et qu’on ne doit y voir qu'une espèce d’area ou d’impluvium. Les preuves ne nous manquent pas à l’appui de cette assertion, qui cependant a été combattue par plusieurs auteurs. Si le centre de l'édifice eût été couvert, les quatre colonnes 2 à à t n’eussent point été placées à chacune de ces extrémités, tandis qu’évidemment elles continuent le portique 4! mn qui environnait l’area. En outre le sol de cette area, autrefois dallé en marbre, se trouvait à un niveau inférieur à celui du portique ; au pied du degré qui porte les colonnes règne un caniveau de terre cuite destiné à conduire les eaux pluviales dans une citerne où l’on puisait l’eau par une margelle ou puteal o, qui existe encore dans l’entre-colonnement qui fait face à l’entrée latérale du nord'. Cette margelle même est un nouvel argument à l’appui de notre opinion ; eût-elle été placée de manière à intercepter le passage de la porte au centre de l'édifice, si cette porte n’eût eu pour unique destination de permettre d’entrer sous les portiques? Ajoutons enfin qu'on à trouvé d’élégants fragments de chéneaux et des antéfixes ornés de têtes de lion, de masques et de palmettes qui ne peuvent avoir appartenu qu’à l’entablement du portique du côté de l’area. Cette disposition une fois admise, d’autres difficultés se présentent. Le portique était soutenu par vingt-huit colonnes qui s’éloignent absolument des règles de Vitruve, suivant lesquelles ces colonnes devaient avoir une hauteur égale à la largeur des portiques. Ici, elles n’ont pas moins de 11 mètres de hauteur, tandis que les portiques n’ont que 5",85 de largeur. Contre les murailles sont appuyées des colonnes engagées, d'ordre corinthien, hautes seulement de 6",90, ce qui, au premier abord, pourrait faire supposer que, contrairement à un usage presque constant, le toit aurait été incliné à l'extérieur, on qu’un plafond aurait reposé à scellement sur le fût des grandes colonnes, ce qui 1. A notre dernière visite à Pompéi, nous avons trouvé, avec un vif regret, le sol de la basi-

lique récemment nivelé dans toute son étendue, ce qui a fait disparaître ces divers détails, si utiles à l'intelligence du monument,

eût été du plus mauvais effet. Cette inégalité eût été encore plus choquante si, comme à l'ordinaire, les colonnes du milieu eussent été surmontées d’un second ordre. Voici ce qui nous paraît le plus vraisemblable : le second ordre n'existait pas, et Vitruve lui-même s'était permis celte innovation dans la construction de la basilique de Fano ; nous-mêmes avons pu naguère en voir un exemple dans la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs, à Rome. Au-dessus des colonnes engagées dans la muraille et de leur corniche, dut régner une sorte d’attique avec des pilastres atteignant la hauteur de l’architrave des grandes colonnes, et alors sur les colonnes et sur les pilastres purent reposer des fermes en charpente portant un toit à deux rampants. Nous regrettons que l’état des ruines de la basilique ne permette pas de vérifier ce que notre supposition peut avoir de juste ou d’erroné.

Les grandes colonnes sont d'ordre ionique, et leurs chapiteaux offrent beaucoup d’analogie avec ceux du temple de Vesta, à Tivoli, monument de l’ancien style italique ; ils doivent sans doute appartenir à peu près à la même époque, c'est-à-dire au commencement du dernier siècle avant Jésus-Christ.

Coupe d'une colonne.

La construction de ces colonnes est très-remarquable ; elles sont composées d'un noyau de briques rondes de 0",034 d'épaisseur, entourées de dix briques pentagonales superposées, pleins sur joints; les angles extérieurs de ces pentagones forment les arêtes d’autant de cannelures, et le nombre de celles-ci est doublé par dix autres arêtes prises dans le stuc dont la colonne est revêtue. Les chapiteaux en tuf volcanique offraient encore les traces d’un enduit dont l'application, faite avec le plus grand soin, donnait aux ornements et aux moulures une finesse que n’avait pas la pierre, plus grossièrement travaillée. Quant aux murs et aux colonnes engagées, ils étaient construits en blocage et en briques ordinaires revêtues de stuc colorié.

Le nu de la muraille est décoré de refends peints à limitation de

marbres de différentes couleurs ; le soubassement est formé de deux larges bandes, l’une rouge, l’autre noire, séparées par des filets jaunes, rouges, verts et blancs. Sur le stuc dur et brillant, des oisifs avaient tracé au pinceau ou à la pointe une foule d'inscriptions toutes devenues illisibles ‘. Quelques-unes nous ont été conservées par les auteurs qui ont encore pu les copier avant leur destruction; je n’en citerai qu'une seule, trouvée le 28 octobre 1813, qui, malgré le solécisme qu'elle renferme (sitit pour siiat), rappelle par sa forme et sa concision les épigrammes de Martial :

SVAVIS VINARIA SITIT ROGO VOS VALDE SITIT.

« Suavis la marchande de vin a soif; je vous en prie, qu’elle ait donc bien soif, pour boire tout son vin ?. »

La peinture n’avait pas été appelée seule à la décoration de l’intérieur de la basilique ; la sculpture y jouait aussi un grand rôle, si l’on en juge par les statues, les hermès, les vasques et même les fragments de statues équestres qui y ont été trouvés.

Au fond de l'édifice est une tribune p qui, au lieu de s’arrondir en hémicycle, se présente sous la forme d’un grand stylobate élevé de 2 mètres au-dessus du sol du portique, orné de demi-colonnes, et présentant à sa façade six petites colonnes isolées, également d’ordre corinthien. Ces colonnes avaient été renversées par le tremblement de terre, et l’on a retrouvé et déposé sur le devant de la tribune plusieurs bases et chapiteaux de marbre qui devaient remplacer les anciens. L'opinion la plus généralement reçue est que ce stylobate servait de tribunal au duumvir chargé de rendre la justice. L’entre-colonnement du milieu étant plus large que les autres, on pouvait en effet y placer la chaise curule du magistrat. Si telle fut réellement, et des preuves nombreuses se réunissent pour le faire croire, la destination de cette tribune, il faut avouer que sa disposition était bien peu commode ; on

ne pouvait y monter que par des escaliers, sans doute en bois, dont il

1. C’est ainsi que s’étalaient au-dessus du tribunëätl même de Verrès des inscriptions satiriques contre sa favorite, la trop fameuse Pipa, de qu muliere versus plurimi suprà tribunal et

Suprà prætoris caput scribebantur.

Cicero. In Verrem. TT, 33.

2. Plusieurs autres épigrammes plus vives ne pourraient être répétées ici.

ne reste plus de traces, et le magistrat se trouvait caché aux yeux de tous ceux qui ne se pressaient pas immédiatement à ses pieds dans l'étroit portique, par deux colonnes de ce portique et par un grand piédestal q, revêtu de marbre blanc, qui dut porte” une statue équestre de bronze doré dont des fragments furent retrouvés épars dans la basilique en décembre 1813 et dans les premiers mois de 1814 !. Malgré cette découverte, quelques auteurs ont pensé que ce piédestal pourrait bien avoir été un autel sur lequel, selon l'usage, le duumvir, avant l’audience, aurait fait serment de juger selon la loi et sa conscience. Cette supposition ne nous semble pas admissible, le piédestal n'ayant pas moins de 2",95 de hauteur.

Enfin, sous la tribune, et ce n’est pas un des moindres arguments en faveur de l’opinion qui veut y voir un tribunal, se trouve un véritable cachot auquel on descendait par deux pelits escaliers r qui existent encore. Les murailles sont d’une grande épaisseur et les deux soupiraux qui ouvrent à l'extérieur du monument étaient garnis de barreaux de fer. Ce souterrain, long de 8",30 et large de 4 mètres, recevait en outre de l'air par deux trous ronds ouverts dans la voûte.

Trisunaux (P£. O). Nous arrivons enfin au quatrième côté du Forum; il est occupé en entier par trois grandes salles entièrement isolées par des ruelles qui fermaient sur le Forum par de petites portes, de manière que les bâtiments ne présentassent pas d'interruption. La construction de ces édifices dut être antérieure à celle du Forum, car aucun des trois n’est placé dans son axe ?. Leur destination est fort incertaine ; on y à vu des temples, des chapelles, un trésor, parce que dans la salle du milieu on a trouvé plusieurs coffres vides en pierre et quelques pièces de monnaie d’or et d'argent. L'opinion qui a prévalu et qui, en effet, parait être la plus probable, est que ces trois édifices furent des tribunaux affectés au jugement des affaires d'importance secondaire; nous allons voir que leur disposition est bien appropriée à cette destination. Les trois salles sont de grandeur inégale et diversement décorées, mais toutes trois sont de forme rectangulaire et ont à l'extrémité un renfoncement avec un soubassement qui dut porter le

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