‹ Ponts en maçonnerieChapitre 76 sur 133 · DES DIVERS TYPES DE CINTRES · texte numérisé non relu

DES DIVERS TYPES DE CINTRES

Généralités ; objet et divisions du chapitre. — Définitions : fermes, principales pièces constitutives des cintres. — Types élémentaires pour voûtes de moins de 10 mètres d'ouverture. — Principes. fondamentaux à observer pour la composition d*un cintre, dimensions des pièces, mode d'emploi des bois ; compression dans le sens des fibres ou normalement à cette direction ; conséquences. — Retrait des bois et coefficient d'élasticité ; séchage et tassement. — Tableaux numériques. — Divers types de cintres. — Cintres d contrefiches isolées : Cintres des ponts de Grosvenor et de Glocester en Angleterre ; du pont Annibal^ en Italie ; des viaducs de Nogent-sur-Marne et du Gœschtal ; du pont de Cabin-John, aux États-Unis. — Cintres à eonirefUhes arcuboutées : Cintres des ponts de Chalonnes et de Montlouis, sur la Loire; de Figeac, sur la Pique ; de Claix sur le Drac. ^ Cintres d eonirefUhes radiales : Cintres des ponts deSt-Waast, du nouveau pont de Lavaur, du pont Antoinette, du pont du Castelet, du viaduc de Nice. — Cintres retroussés : Conditions générales à observer ; types théoriques pour voûtes surbaissées et voûtes en plein cintre ; cintres des ponts de Neuilly, de Gravant, de la Dora, de StrSauveur, de Sau-» mur et de divers autres ouvrages. Cintres avec passage central pour la navigation : cintre du nouveau pont au change, à Paris ; cintres divers. ~ Cintres suspendus : Cintre de l'aqueduc de Roquefavour'; circonstances pouvant motiver des applications plus importantes de ce type de cintre ; projet de traversée de la Seine entre Quillebeuf et Port- Jérôme. — Cintres pour voûtes biaises : conditions principales à observer. — Déformations des cintres et taS'* . sements en résultant pour les voûtes ; formule empirique pour l'évaluation de ces tassements avec l'emploi de cintres retroussés.

Les cintres ont à remplir un rôlo assez important dans la construction des voûtes, et par suite des ponts en maçonnerie^ pour qu'il y ait lieu de traiter avec quelque développement

tout ce qui s'y rapporte. Nous leur consacrerons donc ce chapitre, pour en étudier les dispositions d'ensemble suivant les divers types auxquels ils appartiennent, exposer les méthodes de calcul servant à déterminer les dimensions des diverses pièces dont ils sont composés, et décrire enfin sommairement les principaux appareils en usage pour préparer et effectuer le décintrement des voûtes.

Tout le monde connaît l'objet et la composition générale d'un cintre. C'est un ouvrage en charpente comprenant un certain nombre de fermes parallèles, analogues sous certains rapports à celles en usages pour supporter la couverture de bâtiments ordinaires. Les fermes sont reliées transversalement par des moises qui en maintiennent l'écartement ; elles supportent des pièces spéciales, posées également dans le sens transversal, qu'on désigne sous le nom de couchis, à l'aide desquelles on compose une sorte de plancher courbe, offrant extérieurement, en relief, la forme exacte de la douelle de la voûte à construire.

On y ajoute, pour les cintres de quelque importance, des

pièces de contreventement destinées à compléter la rigidité de l'ensemble ; mais qui n'ont à résister, le plus souvent, qu'à des efforts insignifiants et n'ont qu'une importance secondaire.

On peut dire aussi d'un cintre qu'il doit, comme un pont en bois ou en métal, être exclusivement composé d'éléments distribués suivant un plan rationnel, ayant chacun un rôle bien déterminé à remplir ; à l'exception des pièces de contreventement, tous ces éléments peuvent être calculés avec exactitude, en raison des efforts qu'ils sont destinés à supporter.

On ne saurait trop recommander, à cet égard, 4e se tenir en garde contre les systèmes empiriques, soi-disant justifiés par l'expérience, offrant un entre-croisement de pièces dans lequel on a peine à se reconnaître et dont la distribution semble être l'effet du hasard plutôt que le résultat d'une étude sérieuse. Il est rare de ne pas constater, en y regardant d'un peu près, qu'il manque à ces sortes de cintrés des éléments indispensables pour Compléter la triangulation des fermes et en assurer les bonnes conditions de résistance, tandis qu'on y a introduit une quantité de pièces surabondantes qui, loin d'ajouter à la solidité de

Touvrage, ne servent le plus souvent qu^à en dissimuler la faiblesse.

La forme rudimentaire d'une ferme de cintre est à peu près celle que représentent les dessins suivants, relatifs à une voûte de 6 à iO mètres d'ouverture.

Page 1