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CINTRE DU POJST DE COLLONGES

A^TûP.

Elévation d'uue demi-ferme.

. Dans ces canditions le cintre devient un pont en bois corn* posé d'une seule travée, d^ouveriure généralement assez grande, destinée à porter une charge considérable. Les règles concernant la construction des ponts en bois ou en métal lui sont applicables ; on est d'ailleurs libre d'adopter tel ou tel type, sans autre préoccupation que celle relative aux assemblages plus ou. moins commodes ou difficiles qu'il comporte.

Quel que soit ce type, un cintre retroussé bien conçu doit satisfaire aux ponditions fondamentales qm suivent : .

En premier lieu, il faut le composer de deux semelles, à la façon d'une poutre, la semelle supérieure courbe étant formée de l'ensemble des vaux solidement et invariablement reliés les uns aux autre/s au moyen d'assemblages avec plaques métalliques, du genre de ceux appliqués par M. Séjourné à ses cintres, et la semelle inférieure constituée en général au moyen de moises embrassant la triangulation dont nous allons parler.

La semelle supérieure travaille toujours à la compression ; la semelle inférieure peut travailler soit à l'extension seulement, si elle est droite, soit en même temps à la compression et à l'extension si elle est courbe ; elle comporte du reste une division en plusieurs étages, s'il y a utilité.

En second lieu, il est indispensable que l'intervalle entre les deux semelles soit occupé par une triangulation continue, composée de pièces de bois travaillant à la compression telles que contrefiches ou bras et de pièces tendues, poinçons ou tirants, en bois ou en fer, solidement assemblés sur les semelles. En outre, eu égard à la distance comprise entre celles-ci, on doit s'attacher à donner aux pièces de bois comprimées la moindre longueur possible, pour en éviter le flambement.

On connaît les graves inconvénients de l'emploi du bois pour les pièces tendues; il faut donc, à moins de circonstances particulières imposant cet emploi, ne pas hésiter à recourir au fer qui, sans être en définitive plus coûteux, est beaucoup plus commode à assembler et comporte une bien plus grande sécurité si l'on a soin de se servir de tiges rondes filetées à leurs extrémités, po^r recevoir des écrous disposés

CHAPITJIE IV — CINTRES

comme nous avons déjà eu l'occasion de le dire. Au moyen de ces écrous, on a la faculté de régler exactement la longueur des tirants au moment du montage du cintre, pour ne leur faire supporter qu'une tension initiale très faible, au début de la construction de la voûte^ condition à peu près im* possil;^le à réaliser avec des tirants en bois ' .

Le dessin suivant représente un cintre retroussé pour voûte circulaire surbaissée. Il procède du type bien connu des bowstrings, à triangulation simple et bras verticaux.

Pour réduire le tassement il convient de relier les semelles à chaque poteau de rive par une contrefiche ôblique^au moins. Ces conirefiches sont figurées en traits pleins sur le dessin, tandis que nous indiquons en traits pointillés deux autres contrefiches qui pourraient être utiles, sans être indispensables, mais qui exigeraient l'emploi de bois de grande longueur et qu'il faudrait soutenir en leur milieu au moyen de moises partant du sommet des supports.

Le dessin suivant est celui d'un cintre du même type pour voûte en plein cintre.

Pour ne pas exagérer la longueur des contrefiches centrales, la semelle inférieure est placée au quart de la montée à par^r de la clef; plus bas se trouve disposé un second étage de moises formant semelle auxiliaire, pour reporter la charge

1. Les cintres ainsi composés se calculent exactement comme des ponts en bois ou en métal. Voir à ce sujet les volumes de TEncyclopédie traitant de la construction des ponts métalliques et de la statique graphique.

sur les conirefiches de rive et les poteaux. L'étude d'un cintre semblable ne saurait présenter aucune difficulté ; on calculerait d'abord la poutre supérieure comme un bow-string ordinaire, puis la poutre inférieure réduite à deux mailles puisqu'elle ne reçoit à chaque extrémité que la charge transmise par deux bras verticaux, dont Tun est soutenu par une contrefiche oblique reliée au poteau de support. Les deux tirants verticaux figurant dans la partie centrale de la semelle auxiliaire n*ont d'autre objet que de la soutenir, pour l'empêcher de fléchir sous son propre poids, et n'ont pas à intervenir dans les calculs.

Les longues contrefiches obliques des naissances sont moisées, en leur milieu, avec les premiers vaux.

On pourrait remplacer le cintre précédent par un cintre ayant la forme d'un croissant, en composant la semelle infé-. rieure d'une série de moises successives constituant dans leur ensemble un contour curviligne ou tout au moins polygonal continu.

Les contrefiches sont radiales, ce qui en faciliterait l'assemblage avec les vaux et les moises inférieures. Le calcul d'un cintre ainsi disposé s'effectuerait à Taide des formules indiquées dans le traité àespo7its métalliques pour les arcs articulés aux naissances ; il ne présenterait ni plus de difficulté, ni plus de complication.

' On. ne doit Voir, du reste, dans les trois dessins qui pFécè«4 debt^ que de simples croquis destinés à faire comprendre le» dispositions proposées pour rezécationdes cintres retroussés ; mais on n'a entendu indiquer ni VécaKement^ ni lés dimen*-. sîdns desrbois; nous n'avons même pas figuré les pièces de contreventement^Bt en cas/de projeta dresser, létude devrait être complétée dans tous ses détails.

Au siècle dernier, on a fait grand usage des cintres retroussés ^mais soit qu'on ne se fût pas rendu compte de Tutilitédes pièces tendues, soit qu'on ne sût pas les assembler solidement avec les autres parties de la charpente, on les avait radicale- «n&nt supprimées. Le résultat a été que les cintres ainsi cons-^ truits, à grand renfort de boisi étaient extrêmement lourds, sans qu'on pût parvenir à leur donner la solidité et la rigidité nécessaires. Aussi n'était-il pas rare de les voir se rompre sous la charge pendant la construction des voûtes ; s'ils résistaient, les affaissements auxquels ils donnaient lieu atteignaient; dans tous les cas, d'énormes proportions ; les courbes d'intrados s'en trouvaient complètement modifiées et s'il n'y avait pas dislocation de- la maçonnerie c'est simplement parce que celleci était exécutée avec un mortier de chaux grasse à prise très

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lente; qui conservait jusqu'à la fin des travaux une grande

plasticité.

. Le dessia suivant est celui du cintre du pont de Neuilly

construit par Perrooet (archedc 39" d'ouverture).

CINTBE DU PONT W NEOILLY (1774)

. Ed .examinant là composition d'une fermé on voit qu'elle eompi'end quatre arcs polygonaux formés, chacun, d'un seul cours de pièces de bois et reliés ensemble par des moises pendantes faisant office de contrefiches radiales. Il est aisé de comprendre qu'en supprimant les arcs intermédiaires et disposant entre les deux arcs extrêmes une triangulation continue, avec tirants en fer assemblés avec les abouts opposés des moises pendantes, on eût diminué de moitié le cube des bois employés tout en obtenant des conditions de rigidité et de solidité bien autrement satisfaisantes.

Les tassements constatés au pont de Neuilly furent de O^Sl pendant la construction et de 0'°26 au décinirement, soit en tout de 77 centimètres; c'était toujours à des résultats analogues qu'on aboutissait avec des cintres disposés d'après le même type, aussi ne tardèrent-ils pas à être abandonnés et ce n'est pas sans quelque surprise qu'on les voit employés eu-

1. Voir dans le Tome premier le tableau delà page 374, indiquantes taseemeale d'un COTtun nooibre de pools.

core quelquefois dans le courant du siècle présent, prés de cent ans après que les incoavénienla en ont été bien reconnus. Le dessin suivant représente un de ces cintres, offrant les mêmes dispositions et par suite les mêmes défauts que le cintre du pool de Neuilly; c'est celbi du ponl de Gravant, de Id'SO d'ouverture et Ô^SO de flèche.

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