‹ Ponts en maçonnerieChapitre 91 sur 133 · CINTRE DU PONT DE SAINTES AU VEUR · texte numérisé non relu

CINTRE DU PONT DE SAINTES AU VEUR

Elévation d'une ferme.

Ou bien ce pylône ne sert à rien et il fallait alors le supprimer, ou bien il était nécessaire et dans ce cas c'est à tort que la partie centrale du cintre, vers la clef, a été disposée exactement comme si le pylône n'existait pas. Il est à pré-* sumer qu'on a simplement voulu se réserver ainsi une sorte de moyen de salut, si le cintre venait à fléchir outre mesure pendant la construction ; mais quelques tirants auraient suffi pour obtenir le même résultat, et réaliser même des garanties de sécurité beaucoup plus grandes, tout en permettant de supprimer les pièces inutiles de la charpente et de réduire la dépense dans une assez forte proportion.

Les cintres du pont de Saumur sur la Loire, construit en 1764, dont le dessin suivant représente une demi-ferme, procèdent d'idées plus judicieuses, mais dont l'application n'a pas été bien faite :

Il y a là une véritable poutre Bollmann renversée; les vaux sont soutenus par une série de contretiches arcboutées prenant toutes leur point d'appui vers les naissances. On voit de suite que rinconvénient capital de cette disposition est d'exiger remploi de pièces faisant des angles beaucoup trop grands

avec la verticale, ce qui augmente dans une énorme proportion léâ efforts auxquels elles doivent résister et Ate toute rigi< dite à Tensemble de la charpente.

aNTRE DU PONT DE SAUMUR (ITW)

i^lWgj^'^'^^^^g^;?^

1««,40 Elévation d'une demi-ferme.

Les mêmes observations s'appliquent en partie au cintra adopté pour la construction du pont de Collonges (arche de 40 niëtres, page 524),

C'est d'après ce même type qu'avaient été disposés les cintres du pont de Waterloo, construit. en 1817 sur la Tamise, à Londres.

CINTRE DU PONT DE WATERLOO A LONDRES (I8t7)

Elévation d'une ferme.

Quant aux cintres suivants^ si nous en donnons encore les dessins, c'est qu'en pau^eille matière il est d'un grand intérêt

g I — DIVERS TYt»ES 833

de cctnnaltre les types qu'il faut bo bien garder d'imiter, en même temps que ceux qu'on peut prendre pour modèles.

CINTBB DU PONT DORLÉAJSS (t760)

Elétalion à une ferme CINTRE DU POhT DE TiLSITT SUR LA SAONE A LYON (1804)

ElÉvation d'une [erme.

CINTRE DU PONT SUR LA PE6ANA (lUIie)

ElèvaUoD d'une ferme,

La plupart de ces cintres ont pu remplir couvenablemeot l'objet qu'on avait en vue, mais il serait difficile de justifier l'élévation des dépenses qu'ils ont sans doute occasionnées.

Il n'est pas toujours nécessaire, lorsque les circonstances exigent la'construclioQ d'un cintre relroussé, de ne prendre des points d'appui que dans le voisinage immédiat des culées et de ne réserver qu'une hauteur très réduite entre la clef et les pièces horizontales les plus basses de la charpente ; fort souveot il suffit de laisser libre, an centre de l'arche à construire, un passage d'une largeur et d'une hauteur déterminées, suivant que les besoins de la navigation ou d'autres circonstances spéciales l'exigent.

534 G1ÏA.P1ÏRE IV — CINTRES

Les dispositions des cintres peuvent alors s'en trouver beaucoup moins difficiles, et comporter de bien meilleures solutions sous le rapport de la solidité et de la rigidité.

Les divers types que nous avons examinés sont susceptibles d ailleurs, dans ces circonstances, de se prêter à la composition de cintres retroussés comme le montrent les exemples suivants.

CINTRE DU rONT DE SAINT-CLAIR A LYON

Elévation d'une ferme.

On peut citer en premier lieu celui du pont Saint-Clair, à Lyon, pour arche de 30 mètres d'ouverture ; il présente à certains égards quelque analogie avec ceux que nous venons de mentionner, mais avec cette différence que les dispositions en sont rationnelles et très acceptables.

La partie supéri^ure de la ferme est composée d*un bow^ string à treillis de 20 mètres de portée, offrant de bonnes conditions de résistance. Pour assembler solidement avec les semelles les bois de faible équarrissage qu'on y a employés, on a dû éprouver cependant de sérieuses difficultés ; selon toute apparence, on eût obtenu plus de sécurité a^c une triangulation ordinaire, simple ou double, en employant des bois de plus fortes dimensions.

Le cintre suivant, employé pour la construction du nouveau Pont-au^Change, à Paris, appartient au type des cintres à contrefiches isolées ; la hauteur de la charpente au*desâous de la clef est réduite à 1"',82, mais on avait pu disposer de chaque côté trois rangées de supports équidistants, et soutenir ainsi dans de bonnes conditions les éventails de contrefiches, en évitant pour celles-ci de trop fortes inclinaisons.

On pourrait contester à un semblable cintre la qualification de cintre retroussé ; il va sans dire que ce n'est qu'en cas de

nécessité absolue qu'on s'impose la difficulté toujours sérieuse résultant de la suppression des supports intermédiaires, et qu il convient de réduire au minimum la largeur libre sur laquelle le cintre doit être retroussé.

Page 1